Google a dévoilé lors d’une conférence son futur service de jeu vidéo en streaming baptisé Stadia. Une démonstration de la force de frappe du géant de Mountain View qui épaulera son offre de cloud gaming avec Google Assistant ou encore Youtube. Aucune annonce concernant les tarifs ou le catalogue de jeux n’a été fait. Pour Emmanuel Freund, Cofondateur de Blade, pionnier français du cloud gaming, la conférence de Google ressemblait plus à « une opération de séduction qu’au lancement d'un produit ».
À l’occasion de la Game Developers Conference, Google a dévoilé Stadia, son futur service de jeu vidéo en streaming ou cloud gaming. Cette particularité permet à l’utilisateur de jouer à n’importe quel jeu vidéo — un titre de PS4, mais aussi de Xbox, PC ou mobile — sur tout type d’écran : PC, ordinateur portable, tablette, mobile ou TV. La puissance de calcul nécessaire pour faire tourner ces jeux est réunie sur les serveurs de la firme et mise à disposition du joueur via le cloud. Ainsi, grâce au cloud gaming, les joueurs pourront débuter une partie sur un terminal et la poursuivre sur un autre. L’opportunité pour les mordus de jeux vidéo de ne pas avoir à interrompre leur partie lorsqu’ils se déplacent. La firme de Mountain View a indiqué que Stadia offrira aux utilisateurs la possibilité de jouer « dans des résolutions allant jusqu’à 4 K et 60 images par seconde en HDR et son surround ». Pour en profiter, seule une connexion haut débit est requise.
La manette Stadia connectée à Google Assistant © Stadia
La puissance de Google au service de Stadia
Au travers de l’intégration de Youtube à Stadia, Google offrira la possibilité aux utilisateurs de rejoindre une partie directement depuis une vidéo en cliquant sur un bouton « jouer ». La manette de jeu connectée en Wi-Fi de Stadia est également compatible avec Google Assistant. Deux exemples qui illustrent comment Google déploie toute sa force de frappe pour imposer son service sur ce marché naissant. Les joueurs pourront par exemple utiliser l’assistant vocal de Google pour rechercher des tutoriels en ligne lorsqu’ils se retrouvent bloqués dans un jeu.
Le cloud gaming permet de jouer à des jeux vidéo nécessitant d'ordinaire une console ou un ordinateur dernière génération sur tout type d'écran connecté à Internet © Blade
Néanmoins, pour convaincre la communauté de joueurs, il faudra que Stadia propose un catalogue de titres phares. Une mission assurée par les équipes de son studio de développement Stadia Games & Entertainment, dont Jade Raymond prend la direction. C’est à cette figure de l’industrie du jeu vidéo — passée par Ubisoft ou encore Electronic Arts — que le grand public doit notamment les premiers numéros d’Assassin’s Creed. Stadia sera lancé dans le courant de l’année aux États-Unis, Canada et au Royaume-Uni, ainsi que « dans une grande partie de l’Europe ». Les tarifs du service Stadia et les jeux disponibles n’ont cependant pas été détaillés lors de la conférence.
Cloud Gaming : une ambition française
Au travers d’un abonnement, le cloud gaming permet ainsi de s’affranchir d’une console tout en profitant des meilleures conditions de jeu du marché. Inutile par exemple de devoir se procurer une nouvelle console pour pouvoir tester des jeux en 8K. En revanche, il faudra que l’écran d’ordinateur, de mobile ou de télévision qui sert de support, dispose de la résolution nécessaire. Si l’annonce du lancement de Stadia a retenu l’attention du grand public, Google n’est cependant pas l’inventeur du cloud gaming. En 2015, la startup française Blade est la première à se lancer sur ce marché. Avec son service Shadow, la jeune pousse lutte contre l’obsolescence en libérant les joueurs de la contrainte d’avoir un PC de dernière génération.
Les serveurs de Blade qui allouent la puissance de calcul nécessaire au cloud gaming © Blade
Au lendemain de l’annonce du lancement de Stadia par Google, Emmanuel Freund, Cofondateur et Président de Blade, a fait preuve de bienveillance à l’égard de son nouveau concurrent : « Nous sommes ravis d’accueillir Google sur notre terrain de jeu favori depuis 2 ans déjà : le streaming de jeux vidéo. Comme nous, ils sont convaincus que le Cloud va révolutionner nos vies », avant de rappeler que son service était bien plus développé que l’offre de Stadia, « il est difficile d’apprécier l’intérêt de Stadia pour ses futurs utilisateurs sans prix, sans catalogue et sans date de disponibilité. La conférence de ce soir ressemblait plus à une opération séduction de développeurs qu’au lancement d’un produit. Chez Shadow, nos utilisateurs dans le monde peuvent déjà accéder à n’importe quel jeu, utiliser n’importe quel logiciel, quel que soit l’écran (ordinateur, tablette, mobile ou télévision) sans compromis sur la qualité et sans différence avec un PC local. » Selon les données du Syndicat des éditeurs du secteur du jeu vidéo (Sell), les Français ont dépensé 4,9 milliards d’euros en 2018 dans ce loisir, soit une croissance de 15 % en un an.
Photo d’ouverture : Tech Insider