Les usagers peuvent payer leur titre de métro en scannant leur visage via des tablettes installées aux tourniquets. Une expérimentation qui vise à évaluer les performances du dispositif pour améliorer la gestion des flux de voyageurs.
Avec environ 583 millions de personnes ayant utilisé leurs smartphones pour payer en 2018, la Chine est pionnière en matière de paiement mobile. L’empire du Milieu s’attaque désormais au paiement biométrique. La ville de Shenzhen expérimente un dispositif biométrique dans les transports en commun, rapporte le South China Morning Post. Ainsi, les voyageurs peuvent scanner leur visage via une tablette plutôt que leur mobile ou un titre de transport pour accéder à la station de métro de Futian. Une fois le scan effectué, la tablette affichera leurs photos faciales prises par des caméras de surveillance, leur sexe, leur âge et la durée de leur séjour dans la zone.
L’ensemble du dispositif est épaulé par un réseau 5G permettant une connexion de meilleure qualité à un moindre coût, indique l’opérateur de métro. L’expérimentation a pour but d’évaluer les performances d’un tel système pour optimiser la gestion des voyageurs. Chaque jour, le métro de Shenzhen prend en charge jusqu’à 5 millions de trajets.
Les bornes biométriques à la station de Futian, à Shenzhen © South China Morning Post
L’empire de la Biométrie ?
L’installation du dispositif a été effectuée en collaboration par un laboratoire d’innovations et l’opérateur de métro avec le soutien de Huawei Technologies qui a mis un de ses algorithmes d’intelligence artificielle à disposition. Pour profiter du système, les usagers devront au préalable enregistrer leurs informations biométriques et lier leurs méthodes de paiement à leur compte voyageur. Tandis que la Californie a récemment mis sous contrôle l’usage de la biométrie, la Chine poursuit la démocratisation de la reconnaissance faciale à travers le pays.
De Pékin à Shanghai, les caméras de surveillance situées dans l’espace public intègrent la reconnaissance faciale pour réguler le trafic routier et traquer les conducteurs qui enfreignent le Code de la route. Depuis avril 2017, la police va jusqu’à afficher les visages de piétons sur d’immenses écrans installés aux principales intersections de la ville. L’ensemble de ces dispositifs biométriques permet d’accroître la surveillance du gouvernement qui souhaite déployer son système de note sociale à l’intégralité du pays d’ici 2020. Le mois dernier, ce sont plusieurs millions de citoyens qui se sont vus interdits de voyage.
Photo d’ouverture : Chang Hsien