Assistant vocal : une voix non genrée pour se débarrasser des stéréotypes

Des chercheurs ont mis au point Q, une voix ni féminine ni masculine, qui pourrait équiper à l’avenir les assistants vocaux.

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Julia Luczak-Rougeaux

18 mars 20192 min de lecture

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© Archives Travolution

Des chercheurs ont mis au point Q, une voix ni féminine ni masculine, qui pourrait équiper à l’avenir les assistants vocaux. Une initiative qui s’inscrit dans une volonté de créer des assistants neutres qui ne répèteraient pas les mêmes codes et stéréotypes de nos sociétés.

Alexa, Siri, Cortana…Une grande majorité des assistants vocaux aujourd’hui s’expriment à travers une voix féminine. La raison officielle ? Les utilisateurs interagiraient davantage lorsqu’ils ont affaire à une voix plus douce, apaisante et docile. Autant de stéréotypes qui se transmettent aux machines et qui posent la question de la neutralité dans le domaine de l’Intelligence Artificielle. Derrière ces technologies, il y a majoritairement des hommes. Et inconsciemment, ils peuvent retranscrire leurs préjugés dans des lignes de codes.

L’utilisation d’une voix féminine est aussi historique : les opérateurs téléphoniques étaient principalement des opératrices, le système de navigation dans les cockpits des avions de chasse durant la Seconde Guerre mondiale s’exprimait avec des traits féminins. Le public a souvent interagi avec une voix féminine.

Q, la voix numérique non genrée

C’est pour lutter contre ces stéréotypes, dans la voix pour commencer, que l’agence de communication Virtue (filiale du média Vice) et la Copenhagen Pride ont mis au point Q, une voix ni féminine ni masculine. Pour arriver à ce résultat, l’équipe a enregistré 5 voix différentes et les a modifié à des hauteurs et des timbres variés. Elle l’a tout de même développé selon les exigences des GAFA en mettant au point une voix à la fois chaleureuse, serviable et autoritaire.

“Notre objectif est d’attirer l’attention des grandes entreprises technologiques qui travaillent sur l’IA pour veiller à ce qu’elles sachent que la normativité binaire entre les sexes exclut de nombreuses personnes“, a déclaré Thomas Rasmussen, responsable de la communication de la Copenhagen Pride, à CNBC.

Photo d'ouverture : Michael Prewett

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