San Francisco souhaite interdire l’usage de la reconnaissance faciale

Le sénateur Aaron Peskin a déposé une ordonnance visant à bannir l’usage ou l’achat de la technologie de reconnaissance faciale comme outil de surveillance.

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Hugo Pellegrin

12 février 20192 min de lecture

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© Archives Travolution

Le sénateur Aaron Peskin a déposé une ordonnance visant à bannir l’usage ou l’achat de la technologie de reconnaissance faciale comme outil de surveillance. Une législation applicable également aux forces de l’ordre qui rend incertain l’avenir des portiques biométriques installés à l’aéroport de San Francisco. L’usage de la biométrie pourrait être autorisé en cas de validation par l’autorité de surveillance.

Dans son ordonnance intitulée Stop Secret Surveillance, le superviseur Aaron Peskin souhaite réguler l’usage de la reconnaissance faciale à San Francisco. Il ne s’agira pas d’une interdiction totale, mais d’une mise sous contrôle de l’utilisation de la reconnaissance faciale par les différents services de la ville. Ces derniers devront recevoir le feu vert de l’Autorité de Surveillance avant d’acheter ou d’utiliser cet outil biométrique. Des audits annuels seront également menés afin de s’assurer du bon usage de la technologie de reconnaissance faciale. Aux États-Unis, plusieurs villes ont déjà adopté un moyen de contrôle similaire. Mais San Francisco va plus loin. Si l’ordonnance est validée, l’usage ou l’achat d’une technologie de reconnaissance faciale fera l’objet d’une interdiction générale. Une législation qui s’appliquerait également aux forces de l’ordre, rendant incertain l’avenir du dispositif biométrique installé à l’aéroport international de San Francisco. Celui-ci fera l’objet d’une étude de la part de l’Autorité de Surveillance afin d’être validé ou non.

Un manque de législation fédérale

L’ordonnance d’Aaron Peskin voit le jour dans une période décisive pour l’avenir de la biométrie. Au-delà des problèmes d’erreur et de partialité constatés, la réglementation fédérale de la technologie n’a pas été trouvée. Fin 2018, Microsoft tirait la sonnette d’alarme quant aux menaces que fait peser la biométrie sur le respect de la vie privée des consommateurs. La firme appelait à l’instauration d’une régulation claire et commune en matière de biométrie aux États-Unis. Une nécessité, selon Microsoft, pour empêcher le développement d’un scénario tiré de Black Mirror qui voit déjà le jour en Chine. L’ordonnance Stop Secret Surveillance sera entendue par le comité le mois prochain. Des groupes de défense des droits civils comme l’ACLU du nord de la Californie y ont apporté leur soutien.

Photo d’ouverture : Tim Foster

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