Comment avancent les projets de Wizway, la société qui veut dématérialiser toutes nos cartes ?

La joint-venture Wizway Solutions a vu le jour en 2015. Son but ?

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Julia Luczak-Rougeaux

6 février 20194 min de lecture

Wizway Samsung_CreditPhoto Julien Philippy-Ooshot_4
© Archives Travolution

La joint-venture Wizway Solutions a vu le jour en 2015. Son but ? Dématérialiser nos cartes de transports dans un premier temps, puis faire disparaître notre portefeuille dans un deuxième. Tout cela grâce à la technologie sans contact NFC. C’est elle qui travaille actuellement sur la dématérialisation du pass Navigo. D’ici 2020, Wizway Solutions espère comptabiliser un million d’utilisateurs. Si elle est sur la bonne voie, des partenariats doivent encore être noués et des briques technologies doivent être développées. Un peu plus d’un an après notre première rencontre, nous avons fait le point avec Louis Brosse, CEO de Wizway Solutions.

Louis Brosse, CEO de Wizway Solutions.

Quand nous nous sommes rencontrés en 2017, l’ambition de Wizway Solutions était de dématérialiser les titres de transports en Europe. Est-ce toujours la même aujourd’hui ?

Notre ambition est de dématérialiser les cartes de transports grâce au NFC (Near Field Communication = sans contact, ndlr) avec la même technologie utilisée lors du paiement sans contact. Sauf que notre but à nous est de supprimer les cartes en les recréant dans le mobile. Cette technologie est pertinente dans le secteur des transports car nous les prenons souvent. Mais elle peut aussi servir à accéder à des bâtiments, à des chambres d’hôtels ou remplacer les QR codes dans les aéroports. Le NFC est devenu la norme. Le secteur bancaire s’en est emparé, et demain, ce seront nos cartes de fidélité qui seront dématérialisées.

Comment cette technologie fonctionne concrètement ?

Le mobile doit obligatoirement être équipé d’un récepteur NFC. La grande majorité des smartphones qui sont commercialisés actuellement en sont dotés. Cela représente environ deux milliards de smartphones dans le monde. Il y a plusieurs manières de faire en sorte que notre système fonctionne. D’abord, nous venons écrire sur la carte SIM de l’utilisateur. Mais pour cela, il faut l’autorisation du fabriquant. C’est pourquoi nous avons signé un partenariat sans précédent avec Samsung dernièrement. La société a compris l’intérêt que cela représentait et nous a donné un accès privilégié au cœur des Samsung Galaxy. L’intérêt d’écrire directement sur la carte SIM, c’est que le contact NFC fonctionne même si le téléphone est éteint. Notre but est donc de réaliser des partenariats avec tous les constructeurs.

L’autre manière de faire est d’installer un conteneur logiciel dans une application. Mais dans ce cas-là, le téléphone doit rester allumé pour valider son titre et il faut bénéficier d’un accès Internet.

La technologie NFC n’est pas si nouvelle. Pourquoi est-ce que ce genre de services ne voit le jour qu’aujourd’hui ?

Tout repose sur les capacités technologiques des smartphones. Avec le paiement sans contact, les constructeurs commencent véritablement à équiper leurs appareils. Avec Samsung par exemple, nous utilisons le « tuyau » qu’ils ont mis en place pour Samsung Pay. Notre métier n’est pas de créer des applications ou de développer la technologie NFC. Notre métier à nous est de faire matcher tous les types de téléphones avec tous les types de bornes, de les connecter. Le secteur des transports est peut-être un peu en retard. Il n’y a qu’à voir des services comme les trottinettes électriques dans Paris qui ne fonctionnent qu’avec le mobile. D’ici 4-5 ans, beaucoup de personnes utiliseront leur mobile pour se déplacer.

Où en est votre projet de dématérialisation du pass Navigo (la carte pour les transports parisiens) ?

Notre objectif est de déployer la technologie d’ici l’été prochain en proposant une gamme tarifaire étendue. Il s’agit du projet le plus ambitieux que je connaisse en Europe. 2000 utilisateurs testent actuellement le dispositif. Dans un premier temps, tout le monde ne pourra pas en profiter. Tout dépend du smartphone et de l’opérateur. Mais début 2020, nous espérons que tout le monde puissent valider son titre avec son mobile.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Le premier est de faire en sorte que notre technologie fonctionne parfaitement. Le deuxième est de continuer à faire des partenariats avec d’autres constructeurs. Et le troisième est de s’étendre à l’échelle européenne. Beaucoup d’acteurs européens sont intéressés. Dans le Tourisme, nous avons des discussions avec des compagnies aériennes et des OTA. En revanche, nous n’avons pas énormément de demandes pour dématérialiser des cartes de fidélité. Ce sera dans un deuxième temps. Nous ne voulons pas être trop ambitieux pour ne pas nous disperser.

Photo d'ouverture : © Julien Philippy

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