Pour un ciel (plus) propre, l’aérien doit-il miser sur l’aquaculture ?

Etihad Airways a déclaré avoir opéré son premier vol commercial utilisant du carburant fabriqué à partir de plantes cultivées en eau salée dans les Émirats…

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Hugo Pellegrin

16 janvier 20192 min de lecture

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© Archives Travolution

Etihad Airways a déclaré avoir opéré son premier vol commercial utilisant du carburant fabriqué à partir de plantes cultivées en eau salée dans les Émirats arabes unis. Une technique compatible avec l'ensemble des procédés existants dans l'aérien et qui permet de réduire les émissions de carbone. L'aérien aurait-il trouvé une solution de biocarburants viable à l'échelle mondiale ?

Le vol a été effectué par un Boeing 787 d’Etihad Airways. « C’est une étape importante pour les Émirats arabes unis et ses industries clés. Etihad est pleinement engagé dans ce projet, qui démontre une expérimentation réussie qui est locale, viable, rentable et durable », a commenté Tony Douglas, Directeur général du groupe Etihad Aviation Group.

Cette première est le fruit du travail mené par le Consortium de recherche sur la bioénergie durable (SBRC), une entité à but non lucratif créée par l’Institut Masdar et rattachée à l’Université Khalifa des sciences et technologies d’Abou Dabi. La SBRC vise surtout à démontrer la valeur ajoutée du développement d’un système énergétique et agricole exploitant l’eau de mer. Une opportunité de transformer des déserts côtiers en zone de production agricole. Les acteurs prenant part au consortium sont réunis autour du projet SEAS. Cette plateforme industrielle collaborative soutient plusieurs secteurs, dont l’aviation et l’industrie pétrolière et gazière.

L’avenir des carburants durables ?

Cet essai marque une avancée de l’industrie aérienne dans sa recherche d’alternatives pour réduire ses émissions de carbone. Grâce à l’utilisation de matières premières durables pour produire le combustible, le procédé permet de réduire considérablement les émissions de dioxyde de carbone par rapport à un combustible fossile. Autre avantage et non des moindres, le procédé ne nécessite aucune modification des aéronefs, des moteurs ou encore des systèmes d’approvisionnement en carburant des aéroports. Ce biocarburant est un dérivé de l’huile de plantes de Salicornia. Celles-ci ont été cultivées dans la ferme marine de deux hectares du SEAS, située à Masdar.

Le fait que la SBRC puisse également exploiter l’infrastructure de raffinage existante dans la région renforce la potentielle adoption par l’industrie de ce carburant durable. « Le vol d’Etihad prouve que SEAS est un projet qui peut considérablement bénéficier au transport aérien et au monde. La recherche et la technologie en cours de développement semblent prometteuses pour transformer les déserts côtiers en terres agricoles productives, propices à la sécurité alimentaire et à un ciel plus propre », a déclaré Sean Schwinn, Vice-président de la stratégie et du développement du marché chez Boeing International. Néanmoins, il serait intéressant de connaître la quantité de plantes nécessaires pour produire un litre de ce biocarburant. Au cours des prochaines années, les fermes du projet SEAS devraient s’étendre sur 200 hectares pour permettre une mise en œuvre commerciale à grande échelle.

Photo d’ouverture : John McArthur

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