L’hôtel japonais géré par des robots a renvoyé la moitié de ses machines

Le licenciement de la moitié des robots interroge sur l’usage des machines dans l’hospitalité. L’enjeu n’est-il pas de trouver un juste équilibre ?

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Hugo Pellegrin

15 janvier 20192 min de lecture

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L'hôtel Henn-Na au Japon© Henn na Hotel

Le licenciement de la moitié des robots interroge sur l’usage des machines dans l’hospitalité. L’enjeu n’est-il pas de trouver un juste équilibre ? L’opportunité de libérer le personnel des tâches manuelles fastidieuses et de les solliciter pour leur intelligence humaine et émotionnelle.

Le Henn na Hotel, cet établissement "entièrement" géré par des robots au Japon est confronté aux limites de performances de ses machines. Depuis son ouverture, l’hôtel a renvoyé la moitié de ses 243 robots employés, rapporte le Wall Street Journal. Sans doute une bonne nouvelle pour les défenseurs de l’hospitalité. Quand bien même, il est intéressant de s’interroger sur les éléments qui ont motivé les choix de l’hôtel. Car pendant ce temps, Ctrip vient d’entrer au capital d’un fabricant de robots-majordome... Aux États-Unis, les chaînes Yotel et Aloft emploient des robots pour livrer en chambre courrier, articles de toilette et boissons. Un des enjeux ne serait-il pas de trouver un juste équilibre à l’usage des machines dans l’hôtellerie ?

Autrement dit, uniquement pour libérer le personnel des tâches répétitives qui ne font pas appel à de l’intelligence humaine. Lors de son ouverture en 2015, le Henn na Hotel employait environ 80 robots. Face aux réactions encourageantes de la clientèle, l’établissement a décidé d’ajouter plus de machines. Une façon également, de consolider l’image du Japon comme étant un pays innovant aux yeux des touristes étrangers.

Henn na Hotel : Gare aux gadgets

Envahi par une vague de robots, le concept de l’hôtel a commencé à montrer ses limites. Certains robots n’étaient en réalité que des gadgets, à l’instar de cette équipe de robots danseurs installée dans les couloirs de l’établissement. D’autres conçus pour un usage pratique, ne fonctionnaient pas. C’est le cas du robot porte-bagages, capable d’accéder seulement à une vingtaine de chambres parmi plus d’une centaine ou encore de Churi, le robot de chambre dont le vocabulaire se limite à « Bonjour, comment allez-vous ? ». Sans surprise, il a déçu les habitués des assistants d’Amazon et Google qui ont tenté d’avoir une conversation avec lui. 

« Lorsque vous utilisez réellement des robots, vous réalisez qu’il existe des endroits où ils ne sont pas nécessaires », a déclaré Hideo Sawada, Propriétaire du Henn na Hotel à nos confrères du Wall Street Journal. Mais la marque ne baisse pas les bras pour autant et apprend de ses erreurs. Elle conserve dans ses nouveaux établissements uniquement les machines qui ont prouvé leur efficacité et se tourne également vers des technologies plus subtiles. Par exemple, l’usage de panneaux solaires pour alimenter l’établissement en électricité ou encore de la reconnaissance faciale pour faciliter l’accès en chambre.

Photo d’ouverture : Henn na Hotel

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