Il y a quelques jours, l’association AGP21 a organisé une conférence sur les villages lunaires. L’occasion d’en savoir plus sur ce projet et de s’interroger s’il jouera un rôle dans le futur du Tourisme.
Après avoir assisté à une conférence sur un ascenseur de l’espace l’an dernier, TOM est retourné à l’Aéro-club de France afin d’en apprendre plus sur un autre projet spatial : les villages lunaires. Un sujet d’actualité, alors qu’Elon Musk veut installer des hôtels sur Mars et que de nombreuses entreprises se lancent dans le Tourisme spatial.
Ce projet est né d’un constat : la durée de vie de l’ISS se termine officiellement dans cinq ans. Même si elle peut tenir un peu plus longtemps, la question de l’après ISS se pose. Faut-il créer une station similaire ? Ou faut-il chercher à implanter une base dans un tout autre endroit ?
Johann-Dietrich Wörner, le Directeur général de l'ESA (l’agence aérospatiale européenne), a eu l’idée de la création d’un village sur la Lune. S’il ne s’agit pas d’un projet concret, il s’avère intéressant. C’est pourquoi l’association AGP21 a ouvert un groupe de travail sur ce sujet.
De nombreuses contraintes à surmonter
« Le concept de village lunaire est assez poétique, a déclaré Olivier Boisard, professeur et ingénieur, venu parler de la faisabilité d’un tel projet. On s’intéresse de plus en plus à la Lune. En témoigne la volonté de la Chine d’envoyer un rover sur sa face cachée dans quelques mois à travers la Mission Chang'e 4 ». Le satellite de la Terre présente plusieurs contraintes auxquelles il faudra réfléchir : la question de la sécurité, les ressources en énergie (le solaire ?), les ressources matérielles (le minerai ?) et la question de la communication. Si la Lune présente de magnifiques paysages, l’environnement y reste hostile : rayonnement solaire, rayonnement galactique, micrométéorites, vide spatial…
C’est pourquoi Olivier Boisard a expliqué que les tunnels de lave, véritables abris naturels, pourraient être un lieu intéressant pour créer un campement. « Mais ce serait quand même dommage d’aller sur la Lune pour s’enterrer », a-t-il ironisé. Selon lui, ce sont les cratères qui s’avèrent être idéaux, notamment ceux placés sur les pôles car ils sont couverts de glace. Et qui dit glace dit hydrogène dit oxygène et carburant. L’enjeu sera de trouver un endroit présentant à la fois de l’ombre et du soleil.
Survivre sur la Lune
Avant de pouvoir siroter des cocktails au bord de la piscine, les premiers colons lunaires devront déjà tenter de survivre. Des systèmes biologiques restent donc à être inventés. La NASA travaille actuellement sur la transformation du CO2 en sucre par exemple. Selon Olivier Boisard, des serres spatiales pourraient être d’une grande utilité, notamment pour élever des insectes. Car oui, avant de manger des hamburgers, il faudra se contenter d’asticots. Qui sait, cela attirera peut-être quelques touristes de l’espace avides d'expériences originales…
Avant même de construire des Club Med sur la Lune, la question du juridique se pose. Des textes existent déjà, tel que le Traité de l’espace rédigé dans les années 60, mais beaucoup de points restent flous. Tous les pays n’ont pas ratifié les textes. Selon le professeur, s’il y a un jour des villages lunaires, ils s’inscriront dans un projet plus large d’industrialisation de l’espace. Et le Tourisme spatial en fera partie.
Photo d'ouverture : Alexis Antonio