BCD Travel : « Le secteur doit être plus audacieux et tester de nouvelles choses »

Dans le cadre de GBTA Europe qui se déroulait à Berlin il y a quelques jours, TOM a interviewé Yannis Karmis, SVP Product chez BCD Travel.

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Julia Luczak-Rougeaux

3 décembre 20184 min de lecture

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© Archives Travolution

Dans le cadre de GBTA Europe qui se déroulait à Berlin il y a quelques jours, TOM a interviewé Yannis Karmis, SVP Product chez BCD Travel. L’occasion de revenir sur la place de l’expérience voyageur dans le business travel.

bcd_travel-yannis_karmis Yannis Karmis, SVP Product chez BCD Travel

Pouvez-vous revenir sur le concept de « mobility as a service » prôné par BCD Travel?

Le but de BCD Travel est de créer une plateforme digitale. Et quand je dis digital, cela englobe bien plus que le mobile. Cela inclut également le Web bien sûr, mais aussi les interfaces vocales et de chat. Nous voulons que cette plateforme soit ouverte. On y retrouve nos fonctionnalités, mais les travel managers peuvent aussi y rajouter ce dont ils ont besoin via un système d’API. DecisionSource est notre plateforme intelligente pour les responsables de voyages et de sécurité, TripSource est la plateforme pour les voyageurs d’affaires et SolutionSource est une marketplace qui permet d’ajouter des services tiers. Ainsi, si des entreprises veulent travailler avec TripBam ou International SOS, elles peuvent les ajouter. Dans ce partage avec des tiers, la question du RGPD se pose. C’est pourquoi seules les informations dont ils ont besoin leur sont envoyées. Dans cet écosystème d’API, nous contrôlons plus qu’auparavant. Nous avons mis au point des algorithmes qui savent quelles informations partager. Derrière ce concept de mobility as a service, il y a donc une idée de combinaison de plusieurs sources pour offrir la meilleure expérience aux voyageurs.

BCD Travel a récemment publié une étude sur l’impact des technologies sur le sourcing et la politique voyage. Qu’en retenez-vous ?

Le sourcing est de plus en plus dynamique. Les hôtels sont meilleurs en termes de revenue management et de yield management. Les prix changent très fréquemment et il est devenu plus difficile de négocier. Le sourcing se fait davantage en temps réel. Du côté de la politique voyage, nous utilisons le prédictif pour permettre aux travel managers de comprendre l’impact qu’un changement aurait sur leurs dépenses. Par exemple, l’impact qu’aurait l’obligation de réserver un hôtel un mois à l’avance. Nous sommes capables de dire quel serait le montant économisé ou additionnel et de dire combien de collaborateurs seraient impactés. Nous accordons beaucoup d’importance à l’engagement des voyageurs. Aujourd’hui, les politiques voyages sont très statiques. Chez BCD Travel, nous voulons sortir du PDF et les engager en temps réel, lorsqu’ils ont besoin d’être informés. Nous développons cette partie avec Advito. Notre plateforme mobile est très sophistiquée et permet justement d’envoyer des informations contextuelles en fonction de leur destination et des règles en vigueur. Dans la prochaine version de TripSource, le feed de mon voyage sera également agrémenté de ce genre d’informations utiles. Le but est que tout cela soit visible.

Pensez-vous qu’il faut responsabiliser les voyageurs ?

Les systèmes de récompenses ou de gamification sont une bonne manière pour certaines entreprises d’influencer le comportement des voyageurs. Chez BCD Travel, nous pensons qu’il y a trois niveaux d’influence différents. Le premier est « mandate » (difficilement traduisible, fait de rendre quelque chose obligatoire, ndlr). C’est le fait de mettre en place des règles à respecter. Le deuxième est l’éducation et cela passe beaucoup par la communication. Des règles sont établies, mais les voyageurs ne sont pas toujours au courant. Beaucoup de travel managers se concentrent sur le « mandate », mais peu sur l’éducation. Le troisième niveau est la motivation. C’est le fait de pousser les voyageurs à dépenser intelligemment. Certaines entreprises font de l’incentive en donnant des cartes cadeaux par exemple. Des sociétés comme Rocket Trip permettent de savoir quelles sont les économies réalisées pour récompenser les voyageurs. Une autre société avec qui nous travaillons fonctionne sur un système de score.

Les politiques voyage devront-elles évoluer pour attirer les jeunes talents ?

Totalement. Les sociétés technologiques prennent davantage en compte les attentes de leurs collaborateurs. Mais tout dépend de la culture d’entreprise. C’est une question de politique voyage mais aussi d’outils. Les Millennials voudront utiliser leur mobile durant leur voyage. Demain, ils voudront peut-être utiliser Google Home ou l’Amazon Echo. C’est pourquoi nous sommes en train de travailler sur cette technologie. Mais je pense que les Millennials s’adaptent aux technologies bien plus vite que le secteur. C’est pourquoi le secteur doit être plus audacieux et tester de nouvelles choses.

Photo d'ouverture : rawpixel

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