« En termes d’impact, l’arrivée des interfaces vocales est similaire à l’arrivée du mobile »

Cette interview est issue du MOOK #6, plus d'infos ici

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

26 novembre 20184 min de lecture

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© Archives Travolution

Cette interview est issue du MOOK #6, plus d'infos ici

Créée en 2013 par Rand Hindi, élu « innovateur de l’année » l’année suivante par le MIT Technology Review, la jeune société Snips est ambitieuse. Son objectif ? Concurrencer les assistants vocaux des GAFAM grâce à un argument de poids : le respect de la vie privée. Une particularité qui lui permet de se démarquer sur le marché de la maison intelligente et, demain, sur celui de la ville intelligente. Rencontre avec Genia Shipova, Directrice Communication de Snips.

Genia Shipova-snips Genia Shipova, Directrice Communication de Snips.

Snips s’est dernièrement spécialisée dans la maison intelligente. Que proposez-vous dans ce domaine?

Les produits de Snips ont en effet évolué ces dernières années. Désormais, nous proposons une plateforme locale pour objets connectés. Nous travaillons avec plusieurs fabricants d’objets du quotidien (machine à café, réfrigérateur, réveil… ndlr) pour les rendre intelligents grâce à la voix. Grâce à notre technologie, une personne peut demander à haute voix à sa machine à café de lui faire un espresso par exemple. Pour centraliser le point de contact avec les objets, nous allons sortir notre propre hub équipé de notre propre assistant intelligent fin 2019. Ce sera l’équivalent d’un Google Home ou d’un Amazon Echo, mais respectueux de la vie privée.

Justement, Snips accorde beaucoup d’importance au « privacy by design ». Comment faites-vous pour respecter la vie privée de vos utilisateurs ?

Contrairement aux assistants des GAFAM, notre technologie ne fonctionne pas par le biais du cloud. D’ailleurs, elle n’a pas besoin d’une connexion Internet pour fonctionner, elle est suffisamment puissante pour que le traitement des données et de la voix puisse être réalisé en local. Nous avons notre propre algorithme qui fonctionne grâce à des données synthétiques et non une masse de données utilisateurs. Autrement dit, le système apprend par lui-même en générant des variantes aux requêtes vocales. Il est capable d’imaginer les différentes manières dont l’utilisateur peut demander un espresso. Il est donc fait pour ne répondre qu’à certains cas d’usage. Ce n’est pas possible de demander la météo du jour, par exemple.

Sans connexion Internet, le risque de piratage est également plus faible. Ces neuf derniers mois, quelques scandales, comme celui de Cambridge Analytica, ont éveillé les consciences des utilisateurs. Ils veulent que leurs données soient davantage sécurisées. C’est une véritable opportunité pour nous et pour les fabricants qui ne souhaiteraient pas partager les informations de tous leurs clients avec les GAFAM.

Les assistants vocaux vont-ils révolutionner notre quotidien ?

En termes d’impact, l’arrivée des interfaces vocales est similaire à l’arrivée du mobile. La voix est la manière la plus naturelle d’interagir avec une machine. Elle devrait donc être de plus en plus utilisée au détriment des boutons classiques. Tout est une question d’éducation. Aux USA par exemple, les assistants vocaux se sont invités dans de nombreux foyers. Les consommateurs semblent convaincus du potentiel de cette nouvelle interface. Il faut dire qu’elle permet de baisser les barrières technologiques. Pas besoin d’être à l’aise avec le numérique pour commander un appareil avec la voix. Les fabricants ont donc compris qu’ils devaient rendre leurs objets intelligents.

Comment votre technologie pourrait-elle être intégrée dans le Tourisme ?

Comme dans les maisons, il est possible de connecter des objets dans une chambre d’hôtel. Un client pourrait ainsi utiliser sa voix pour allumer la lumière, régler la température ou commander quelque chose au room service. Partout où il y a interaction, il est possible d’intégrer notre technologie. Il est possible de connecter un arrêt de bus par exemple afin de guider les touristes.

Le marché de la maison intelligente n’est donc pas le seul à être intéressant pour Snips ?

Non, en effet. C’est un marché porteur pour nous mais ce n’est pas le seul. Nous nous intéressons aussi aux bâtiments intelligents, aux voitures connectées, au secteur du Commerce, du Service - notamment du côté des call centers - et à l’Industrie.

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