#CEIT2018 : Sur quelles technos les destinations doivent-elles miser ?

Lors du Campus Européen de l’Innovation Touristique (CEIT), Guillaume Poulain, Rédacteur en Chef de TOM, a animé une table ronde consacrée aux technologies qui…

Nous suivre sur Google
HP

Hugo Pellegrin

23 novembre 20186 min de lecture

CEIT-Sur-quelles-technos-les-destinations-doivent-elles-miser--
© Archives Travolution

CEIT-Sur-quelles-technos-les-destinations-doivent-elles-miser © Emmanuel Bobin Lors du Campus Européen de l’Innovation Touristique (CEIT), Guillaume Poulain, Rédacteur en Chef de TOM, a animé une table ronde consacrée aux technologies qui permettent aux destinations de se promouvoir et de fidéliser leur clientèle touristique. Armelle Solelhac, CEO de Switch, Pascal Cotte, COO de MyTripTailor, et Christian Delom, COO de Boobuz, ont pris part au panel d’experts. De la vidéo au mde l’intention en passant par la cartographie, les technos qui présentent un intérêt stratégique pour les destinations sont nombreuses.   Avant de convier le panel d’experts à monter sur scène, Guillaume Poulain, Rédacteur en Chef de TOM, a présenté quelques chiffres pour inciter les institutionnels à prendre conscience de l’importance de l’adoption des technologies. Citant la loi de Moore de 1965 pour illustrer l’évolution des performances des ordinateurs, le conférencier a aussi souligné la réduction du temps d’adoption des technos. « Le lave-vaisselle a mis une quarantaine d'années pour être présent dans 50 millions de foyers américains, il aura fallu 35 jours à l’application Angry Birds », a-t-il lancé à l’auditoire. Comment l’industrie peut-elle s’adapter à ces évolutions ?

Promouvoir avant, pendant et après le séjour

Le panel s’est d’abord intéressé aux technologies qui permettraient aux destinations de faire la promotion de leur territoire en 2019 et au-delà. Sachant que la vitesse de traitement des informations comprises dans une image est 60 fois supérieure à celle d’un texte pour le cerveau, la vidéo représente un canal de promotion intéressant. « Aujourd’hui, il existe des solutions telles que AIVE qui permettent la création automatique de contenus vidéo en une heure », a expliqué Armelle Solelhac, CEO de Switch. Un CRT ou un Office du Tourisme ne possède pas forcément de compétences en montage vidéo. Il dispose cependant d’une base importante d’extraits vidéo et de photos sur son territoire et peut ainsi créer du contenu taillé sur mesure pour Instagram ou Facebook par exemple. « Il est essentiel que les destinations investissent les réseaux sociaux, un canal où les voyageurs vont rechercher un tiers de confiance », a ajouté Pascal Cotte, COO de MyTripTailor. Sur ces canaux, les destinations doivent renforcer leur communication après séjour et ne pas hésiter à partager les publications des voyageurs et à les remercier. « Le post-séjour est le moment le plus important. Avec 60 % de réactions en plus sur Instagram que sur Facebook, le canal est un excellent outil pour contribuer à la réputation des destinations », a ajouté le COO de MyTripTailor. L’opportunité de fidéliser une clientèle sans investir de moyens financiers, mais du temps.

⁦@OpenTourismeLab⁩ parraine la table ronde animée cet après-midi par ⁦@TravelOnMove⁩ pic.twitter.com/Brrndgil2A

— Bobin Emmanuel (@BobinEmmanuel) 22 novembre 2018

Bien qu’il partage l’avis des intervenants, Christian Delom, COO de Boobuz, a insisté sur la nécessité d’investir dans des solutions de promotion du territoire et des activités touristiques pendant la phase de séjour, citant le Pass Pyrénées2Vallées à titre d’exemple. « Aujourd’hui, les OT sont trop petits pour le faire, il est donc indispensable que les acteurs collaborent pour y parvenir », a-t-il précisé.

Comment être bien référencé à l’ère des assistants vocaux ?

« Aujourd’hui les interfaces vocales servent principalement à rechercher de l’information. Comment les destinations peuvent-elles tirer leur épingle du jeu sur ces supports qui bouleversent les stratégies de référencement ? », a demandé Guillaume Poulain. Pour Armelle Solelhac, le vocal offrira une seule réponse à son utilisateur contrairement à Google qui génère un classement de résultats. « Le vocal va sans doute réduire l’aspect critique de l’utilisateur désormais confronté à un choix unique et sans image. Je pense que les acteurs mis en avant sur le vocal seront ceux qui mettront la main à la poche », a prévenu Armelle Solelhac, CEO de Switch. Pour Pascal Cotte, « l’autre challenge pour les acteurs consiste à réinventer une grammaire marketing à l’ère du vocal ». Autre sujet et non des moindres, le challenge de la data. Les destinations disposent d’une mine d’or en matière de data sur leur territoire. « Comment les structurer et les exploiter pour contrer les GAFA ? », a questionné Guillaume Poulain, Rédacteur en Chef de TOM. « Les GAFA n’ont aucune profondeur de contenu lorsqu’ils font la promotion de nos territoires. Malheureusement, s’ils ont le monopole aujourd’hui, c’est parce que nous avons manqué à notre devoir de promotion du territoire en tant qu’acteur touristique », a déploré Christian Delom. Félicitant l’initiative DATAtourisme, le COO de Boobuz a souligné la nécessité d’aller beaucoup plus loin.

Cartographie : la tête de gondole du Tourisme

Le panel s’est accordé sur l’intérêt d’exploiter l’outil cartographique pour promouvoir le territoire mais aussi suivre et interagir avec le voyageur en séjour. Tandis que Pascal Cotte le compare à « la tête de gondole de l’offre touristique », Christian Delom voit la carte comme « l’outil qui permet de garder une trace du touriste et de savoir ce qu’il a fait mais aussi ce qu’il compte faire ». Autrement dit, il s’agit d’une ressource extraordinaire pour les acteurs touristiques. Le COO de Boobuz préconise cependant la nécessité d’investir les solutions existantes plutôt que de vouloir créer la sienne en autonomie. « Mieux vaut aller là où il y a la lumière », a-t-il résumé. Les défenseurs de l’innovation technologique se sont tout de même accordés sur la place importante que conserve l’humain aujourd’hui. Pour Armelle Solelhac, le bouche-à-oreille reste ainsi un des canaux de promotions les plus importants bien qu’il puisse tout à fait s’effectuer via les réseaux sociaux désormais. À l’heure où Amazon ouvre des boutiques physiques et où Carrefour se développe sur le digital, Pascal Cotte évoque la notion de « Phygital » qui illustre bien cette relation entre humain et digital que doivent entretenir les acteurs du Travel.

Le Marché de l’Intention

« À l’heure où l’IA permet par exemple de prévoir les évolutions des prix d’avions, le marketing de l’intention va-t-il se développer dans le Tourisme ? », a demandé Guillaume Poulain. Pour Armelle Solelhac, il existe « 2 types de clients », les premiers accepteront d’être traqués pour recevoir des offres personnalisées alors que les seconds privilégieront la « digital detox » durant le séjour. Le COO de Boobuzz s’est montré plutôt sceptique sur la question. « Si ce modèle est intéressant pour la distribution de billets d’avion ou encore sur les packages hôteliers, je doute qu’il convienne aux destinations », a-t-il précisé. Christian Delom et Pascal Cotte semblaient plutôt croire à la place croissante que tiendront les véhicules autonomes en tant que relais de l’information touristique. « À partir du moment où le conducteur n’a plus à piloter son véhicule, il devient captif. Ces environnements deviendront propices à la promotion des territoires touristiques », a précisé le COO de MyTripTailor. Ils misent sur une démocratisation de ces véhicules d’ici 5 ans. Photo d’ouverture : © Parc des Expositions Montpellier

Sur la même thématique

Voir tout