HyperSurfaces vient de dévoiler son dispositif du même nom qui permet de transformer tout objet ou matériau en interface digitale. La société a actuellement quatre brevets en instance autour de son invention. Cette dernière pourrait révolutionner le domaine des interfaces à l’instar de l’écran tactile du premier smartphone d'Apple lancé il y a 11 ans et plus largement le marché de l'IoT.
Les films et les séries de science-fiction ont préparé les spectateurs à un futur dans lequel la technologie fait partie intégrante de la société. Dans le futur, plus besoin d’écran, de tablette ou d’objets connectés, les interfaces digitales sont totalement intégrées au monde physique. Aujourd’hui la réalité semble rattraper la fiction.
La startup londonienne HyperSurfaces vient d’annoncer le lancement de son produit du même nom. Il s’agit d’un dispositif capable de créer une interface digitale à partir de n’importe quel matériau ou quelle surface.
Autrement dit, HyperSurfaces offre la possibilité à son utilisateur de transformer par exemple sa table de cuisine en tableau de contrôle de la domotique de son appartement. Le dispositif permet aussi de faire du sol d’une maison un système de sécurité capable de distinguer les traces de pas d’un cambrioleur de celles d’un chat.
La société a actuellement quatre brevets en instance autour de son invention. Dans une vidéo démonstrative, le CEO présente une porte de voiture dont la totalité de la façade devient un panneau de commandes.
Au grand dam des constructeurs de claviers, de boutons, d’écrans tactiles et de tableaux de bord, HyperSurfaces pourrait révolutionner le marché des interfaces tel que nous le connaissions.
Bruno Zamborlin, CEO d'HyperSurfaces © HyperSurfaces
Exploiter la puissance de calcul des micropuces
La jeune pousse utilise des algorithmes de réseau neuronal intégrés à des micropuces. Le système analyse les vibrations produites sur les objets physiques par des gestes humains ou d’autres types d’interactions. HyperSurfaces interprète ensuite ces données pour les transformer en commande numérique en temps réel. L’opportunité de connecter tout objet et matériau. La startup affirme avoir pu développer sa technologie grâce aux progrès techniques réalisés sur les puissances de calculs des puces électroniques. Un tel projet n’aurait pas pu être développé il y a 3 ans par exemple.
HyperSurfaces n’en est pas à son coup d’essai en matière d’IoT. Elle avait contribué en 2016 au développement du projet Mogee. Cet objet connecté de la taille d’une pièce de monnaie relié à des écouteurs permettait de transformer n’importe quelle surface en instrument de musique. HyperSurfaces a par la suite tiré parti de ce volume de données. Stockée dans le cloud, la data est alors traitée par des ordinateurs puissants pendant plusieurs heures. Une fois le modèle le plus performant identifié, il est transmis à la puce.
À partir de ce moment, la solution peut fonctionner localement sans recourir à Internet. HyperSurfaces peut ainsi offrir une vitesse et une réactivité en temps réel maximales. Le système repose sur de l’apprentissage automatique, ce qui lui permet de gagner en performance lorsqu’il collecte plus de données utilisateurs.
HyperSurfaces vs Assistant vocal
À l’instar du smartphone lors de son lancement, HyperSurfaces a du mal à imaginer les cas d’usages professionnels les plus prometteurs. Cependant, l’équipe sent que sa technologie pourrait potentiellement constituer une révolution de l’interface. S’agira-t-il d’une alternative aux assistants vocaux intégrés aux objets connectés qui ont vu le jour il y a quelques années ?
Déjà présents dans les chaumières, les hôtels et les navires de croisières, ces derniers disposent cependant d’une légère longueur d’avance. Mais proposer des services aux voyageurs sans leur imposer un support quelconque pourrait véritablement révolutionner l’expérience de séjour. L’opportunité de stimuler leur imagination et leur créativité. Ils seront libres de choisir les gestes qui permettront de contrôler la lumière de leur chambre d’hôtel ou ceux qui déclenchent le room service par exemple.
HyperSurfaces : une révolution de l’interface ?
Or, la diversité des mouvements humains constitue un défi de taille pour HyperSurfaces. Chaque individu se comporte de façon unique et effectue des gestes à sa manière. Une diversité qui rend difficile la création de modèles exploitables pour le système d’apprentissage automatique. La startup assure cependant qu’il existe des caractéristiques communes à la gestuelle que son IA est ensuite capable d’extrapoler. L’autre challenge d’HyperSurfaces est celui de l’instantanéité. Quelques millisecondes de latence suffiraient à rendre son interface inutile.
La promesse actuelle est de connecter tout objet, qu’importe son matériau et sa fonction primaire. À terme, la startup aimerait que l’interface permette de démocratiser de nouveaux usages. À l’image des écrans tactiles qui ont généré leurs propres fonctionnalités au fil des utilisations. Par exemple le « Swipe » ou glissement qui permet d’afficher une autre page ou le « Pinche » ou pincement qui permet de redimensionner la taille d’affichage d'une application mobile. De la même façon, la startup ambitionne que son interface génère à terme ses propres applications. L’idée n’est donc pas de remplacer les interfaces existantes mais d’élargir les champs d’applications. Si elle a lieu, la démocratisation de l'HyperSurfaces aura un impact considérable sur le marché de l'IoT.
Photo d’ouverture : © Minority Report