Les technos éclipseront-elles les politiques de voyage trop strictes ?

Après le Sourcing, le deuxième rapport de la série Inform réalisé par BCD Travel analyse l’impact des nouvelles technologies sur la politique voyage.

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Hugo Pellegrin

16 novembre 20184 min de lecture

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© Martin Adams

Après le Sourcing, le deuxième rapport de la série Inform réalisé par BCD Travel analyse l’impact des nouvelles technologies sur la politique voyage. Selon l'agence, l’IA, les bots et la blockchain permettraient d’instaurer plus de flexibilité et de personnalisation tout en réduisant les dépenses des déplacements professionnels.  

Le développement des solutions technologiques marquera-t-il la fin des politiques de voyage arbitraires, statiques et prédéfinies ? C’est en tout cas la prédiction de l’équipe Recherches et Intelligence de BCD Travel. À l’heure où la politique voyage s'éloigne des besoins des voyageurs, ces derniers se montrent de plus en plus défiants. Les technos gagnent quant à elles en popularité, tant auprès des voyageurs que des travel managers. Elles offrent l’opportunité de rendre les politiques de voyage flexibles et personnalisées tout en réduisant les coûts et en garantissant la conformité des déplacements professionnels.

L’IA pour plus de flexibilité

Dynamiser la politique voyage est une idée déjà bien établie qui devient désormais une réalité grâce notamment à l’utilisation du machine learning. Elle permet d’accroître les options auprès du voyageur tout en respectant les tarifs prédéfinis. L’opportunité pour les travel managers de rester en conformité avec la politique établie tout en augmentant la satisfaction du voyageur. Ce dernier n’a plus à surveiller les évolutions des tarifs pour rechercher les tarifs les moins chers grâce à des outils comme Yapta ou FairFly. L’IA permet ici aux entreprises de réaliser des économies sur les déplacements professionnels. D’autres outils comme Rocketrip permettent de réconcilier les collaborateurs avec la politique de voyage via de la gamification couplée à un système de récompenses.

Inform-BCD-Travel-machine-learning-impact-policy © BCD Travel

En identifiant des comportements anormaux, l’IA permet également de réduire les risques de fraude. Un ensemble d’outils déjà opérationnels qui permettent de privilégier la personnalisation au contrôle tout en garantissant la conformité des processus. Problème : pour garantir un niveau intéressant de personnalisation, il convient de collecter des données sur les collaborateurs, ce qui risque d’être considéré comme du profilage aux yeux du RGPD.

Les bots pour automatiser le management

Dès aujourd’hui, le recours aux bots et aux chatbots permet d’automatiser un certain nombre de tâches routinières pour libérer du temps aux travel managers. Ces derniers n’ont plus à relancer les collaborateurs qui ont déjà réservé leur vol mais pas leur hôtel, à leur rappeler de payer leur facture ou encore les conditions de la politique voyage.

En utilisant le chatbot comme canal de réservation, les voyageurs ont une nouvelle façon de réserver rapidement, avec souplesse tout en restant conformes. En ajoutant une couche d’apprentissage automatique, les chatbots pourront également prendre en compte les préférences des voyageurs pour leur faire des suggestions personnalisées. BCD Travel indique cependant que le niveau actuel de compréhension du langage naturel de la majorité des chatbots n’est pas (encore) satisfaisant au point d’en faire des outils performants.

Inform-BCD-Travel-technology-impact-policy L'impact à court, moyen et long terme des technologies sur la Politique Voyage © BCD Travel

VR : l’alternative au Voyage d’Affaires ?

Le rapport n’identifie pas la réalité virtuelle ou la réalité augmentée comme des leviers d’optimisation importants de la politique voyage, si ce n’est pour visualiser et tester virtuellement les offres des fournisseurs en amont. Cependant, BCD Travel imagine ces solutions comme des alternatives à certains déplacements professionnels. Les conférences virtuelles existent déjà mais manquent encore de réalisme. Un point qui se corrigera avec le temps et qui incitera de plus en plus d’entreprises à privilégier les réunions virtuelles. De quoi permettre de réaliser des économies sur le budget du Voyage d’Affaires.

La blockchain réduit les coûts, l’IoT augmente le contrôle

Selon le rapport, la blockchain permettrait de réduire les coûts du Voyage d’Affaires en définissant des règles individuelles et invisibles. Par exemple, n’autoriser que les cadres supérieurs à réserver moins de dix jours à l’avance. BCD imagine également rendre toutes les dépenses des employés visibles pour les autres sur une blockchain publique. Enfin, en transférant les programmes de fidélité sur une chaîne de blocs, les fournisseurs perdraient leur influence sur les voyageurs. Ces derniers pourraient convertir leurs points de fidélité via plusieurs programmes interopérables. Des applications encore théoriques alors qu’aucun développement dans le Travel basé sur la blockchain n’a vu le jour. De plus, créer des registres via la blockchain irait à l’encontre du droit à l’oubli instauré par le RGPD.

L’IoT permettrait de réaliser plus de dépenses en conformité avec la politique voyage lors des déplacements. BCD Travel imagine par exemple pouvoir envoyer une alerte au collaborateur qui passe devant un restaurant pour l’informer que les plats affichés sur la carte entrent dans leur budget. L’opportunité également d’accroître la sécurité et le contrôle en se connectant aux systèmes télémétriques déjà installés dans la plupart des voitures de location.

Photo d’ouverture : © Martin Adams

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