Ce matin se tenait la deuxième édition du Forum de l’Intelligence Artificielle organisé par RM Conseil. Une édition aux messages plus édulcorés que l’an dernier et qui a surtout été l’occasion d’évoquer les projets du gouvernement en matière d’IA.
Le Forum de l’Intelligence Artificielle qui se tenait ce matin a été ouvert par le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. Il a expliqué l’importance d’intégrer de l’IA dans le fonctionnement des administrations afin de libérer les employés des tâches ingrates et chronophages. Il a notamment donné l’exemple de Pôle Emploi qui va mettre en place des e-mails automatisés lorsque des questions récurrentes et simples sont posées. Grâce à la reconnaissance du langage naturel, le système comprendra la requête et pourra aiguiller l’interlocuteur. A la fin de son intervention, le ministre a déploré l’absence de confiance du public dans les instances gouvernementales en matière de partage de données. Alors que de manière contradictoire, certaines personnes font étalage de leur vie sur des réseaux comme Facebook qui, eux, ne voient pas de mal à réutiliser ces informations.
L’après rapport Villani
Cédric Villani, député LREM de l’Essonne et mathématicien, rendait en mars dernier son rapport sur l’intelligence artificielle commandé par le gouvernement en septembre 2017. Ce rapport a pour but de balayer les problématiques autour de la technologie et de donner quelques recommandations. Il repose sur 3 axes : l’expérimentation, le partage et la souveraineté. Quelques mois plus tard, Cédric Villani a concédé qu’« il a fallu du temps avant de lancer la machine ». Faut-il que la France se lance dans une course au financement face à une Chine qui compte investir 13 milliards d’euros dans l’IA ? Ou bien faut-il trouver des niches qui permettront d’être leader dans un domaine ? Ce sont les questions que se pose actuellement le gouvernement autour de la souveraineté. L’enjeu de la formation est primordial dans tous les cas selon le député.
Après la remise du rapport, quelques actions concrètes ont été décidées. Ainsi, plusieurs entités vont voir le jour en 2019. D’abord, un comité éthique qui organisera le débat public en toute indépendance, comme le voulait Cédric Villani. Puis, un Health Data Hub, un hub permettant le partage des données de santé « dans le respect du droit des patients et en assurant la transparence avec la société civile ».
Un monde IA-driven
Plus tard dans la matinée, Nicolas Gaude, CTO de Prevision.io, a déclaré que les entreprises devaient passer d’un modèle data-driven à un modèle IA-driven. Pour cela, l’humain est primordial car il faut décider à quoi serviront les données. Guillaume Klossa, conseiller spécial du vice-président de la Commission européenne, a mis en lumière la transversalité des applications de l’intelligence artificielle. Denis Masséglia, député LREM du Maine-et-Loire, a quant à lui évoqué les risques de la cybercolonisation via l’intelligence artificielle.
Photo d'ouverture : Ex Machina