Quels sont les projets Data et IoT de la SNCF  ?

Sur l’événement Microsoft Experiences 18, lors d’un échange avec Luc Badier, Directeur Marketing de Microsoft, Sébastien Pialloux, Directeur Data et IoT de la…

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Hugo Pellegrin

6 novembre 20184 min de lecture

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Luc Badier, Directeur Marketing chez Microsoft, (à gauche) et Sébastien Pialloux, Directeur Data et IoT de la SNCF sur la scène de Microsoft Experiences 18© TOM

Sur l’événement Microsoft Experiences 18, lors d’un échange avec Luc Badier, Directeur Marketing de Microsoft, Sébastien Pialloux, Directeur Data et IoT de la SNCF, est revenu sur les enjeux stratégiques que sont la data et l’IoT pour ses équipes et le groupe SNCF.

Pour le Directeur marketing de Microsoft, rares sont ses clients à mettre en place une stratégie Data et IoT en interne. La SNCF, qui emploie une équipe dédiée au développement de ces champs technologiques, en fait partie. « En regardant la valorisation d’un célèbre gestionnaire de flotte VTC, vous vous apercevrez qu’elle est indexée non pas sur ses résultats mais sa capacité à générer et exploiter un nouveau service grâce à la data », a expliqué Sébastien Pialloux, Directeur Data et IoT de la SNCF.

Les données constituent donc un atout stratégique. D’autant plus pour un industriel, qui gère 4 millions de voyageurs qui circulent quotidiennement dans 17 000 trains. De quoi collecter toute la data nécessaire au développement de nouveaux services. Pour y parvenir, il convient de concentrer les compétences métiers et les expertises technos tout en disposant d’un socle technologique commun, nécessaire pour déployer rapidement un projet. « Nous confions ensuite un projet à des pilotes qui vont s’assurer de faire le lien entre les parties métier et techno pour parvenir à industrialiser les projets », a raconté Sébastien Pialloux.

Trois axes de développement

« Comment faites-vous pour choisir quel projet développer ou juguler ? », a demandé Luc Badier, Directeur Marketing chez Microsoft. Sur une centaine de projets en cours de développement à la SNCF, 50 ont été industrialisés après trois années d’expérimentations. « Il est nécessaire d’avoir une vision métier et non technologique pour parvenir à l’industrialisation », a rapporté Sébastien Pialloux. Il ne s’agit pas de lancer un projet reposant par exemple sur l’intelligence artificielle, mais de réfléchir aux processus métiers qui peuvent être optimisés par l’IA. La SNCF en a identifié trois.

Les équipes de Sébastien Pialloux travaillent ainsi sur des procédés d’aide à la décision en matière de maintenance prédictive mais aussi au développement de nouveaux services tels que la mise sur les rails du train autonome. « La data récoltée par nos capteurs IoT telle que la température intéresse un certain nombre d’entreprises avec lesquelles nous mettons en place des partenariats », a rapporté Sébastien Pialloux. La monétisation de la data constitue ainsi le troisième axe de développement du transporteur.

La transformation passe par l’industrialisation

« L’industrialisation est le juge de paix. Si vous souhaitez passer d’une entreprise qui multiplie les POC à une société qui se transforme, vous devez démontrer votre capacité à industrialiser vos projets », a affirmé Sébastien Pialleux, Directeur Data et IoT de la SNCF. Cela implique de s’interroger sur l’utilité immédiate du projet. Une vision moins évidente dans le domaine industriel, où la plupart des processus métiers ont été forgés sur des dizaines d’années. « Introduire de l’IA dans ces domaines ajoute une part de probabilité ce qui vient changer certains paramètres », a détaillé le Responsable Data et IoT de la SNCF pour qui il est indispensable de penser à la capacité d’industrialisation d’un projet dès la phase de réflexion.

Par exemple, la SNCF analyse la data de la végétation qui borde ses lignes de train pour anticiper les chutes d’arbres ou les risques d’incendie. « Dès la phase de test réalisé sur la ligne Lyon-Dijon, nous avons collecté la data de l’ensemble du réseau national », a-t-il poursuivi. De quoi permettre à la SNCF d’industrialiser le processus immédiatement après la validation de la phase pilote. Enfin, il est également nécessaire de donner de l’autonomie aux différents métiers de l’entreprise mais aussi aux partenaires qui prennent part à la phase de transformation. Cela implique également de limiter le turn-over des équipes, qui nuit au suivi du projet à long terme.

Les défis IoT de la SNCF en 2019

La SNCF a recours aux algorithmes de traitement du langage naturel (NLP) pour analyser les rapports de plusieurs dizaines de milliers de pages de l’entreprise dans lesquels figurent des annotations pour en tirer des informations exploitables. La société analyse également les données anonymes de géolocalisation de 500 000 utilisateurs de son application SNCF pour leur proposer de nouveaux services en matière de mobilité. « Nous essayons de leur suggérer par exemple des destinations à visiter ou un rebooking pertinent en cas d’interruption de trafic », a présenté Sebastien Pialloux. La compagnie s’intéresse également aux algorithmes de traitement d’image pour garantir une meilleure maintenance de ses infrastructures.

« En matière de conversationnel, nous ne sommes pas sur une spécificité ferroviaire, il est donc plus intéressant de passer par une techno externe », a-t-il précisé. Le responsable IoT explique s’intéresser à des verticales qui peuvent être optimisées par la technologie. Le BIM ou la modélisation des informations du bâtiment constitue un des axes de développement majeur de la SNCF pour 2019. « Cela permet de suivre l’évolution de nos infrastructures au travers d’une maquette numérique évolutive depuis sa construction jusqu’à sa destruction », a-t-il expliqué. La SNCF travaille également sur le jumeau numérique, un autre projet de modélisation qui permet par exemple de simuler la réaction du rail lors d’une hausse de température de 10 degrés.

Photo d’ouverture : © TOM

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