Depuis 2016, la startup londonienne Transfer Travel propose aux voyageurs une plateforme de revente de séjours entre particuliers. Une sorte d’eBay spécialisé dans le Travel créé pour faire savoir aux particuliers que 80 % des voyages sont transférables. TOM a échangé avec Simon Powell, CEO de Transfer Travel, pour en savoir plus sur sa solution.
Pouvez-vous expliquer en quoi consiste la solution Transfer Travel et quels sont ses concurrents ?
Simon Powell, CEO de Transfer Travel © Transfer Travel
Simon Powell : Transfer Travel est une place de marché entre particuliers dédiée au Travel créée en 2016 dans le but d’apporter une solution à la problématique des voyages inutilisés. Nous estimons que les séjours inutilisés représentent un coût de plus de 40 milliards de dollars par an et qu’actuellement personne n’a apporté de véritable alternative à ce problème. Notre plus gros concurrent serait certainement eBay, mais nous sommes les seuls à proposer un tel dispositif de validation et de protection lors des paiements. Aussi, nous sommes la seule plateforme de cette échelle spécialisée dans le Travel. Quelques petites sociétés avec des ressources limitées proposent un service similaire mais à une échelle locale. Notre offre de voyages est exhaustive, allant par exemple d’une simple nuit d’hôtel jusqu’à 2 semaines de séjour all inclusive et comprend de l’hôtel, de l’aérien mais aussi du rail et des activités touristiques.
Pourquoi avoir lancé un tel service ?
Transfer Travel a été créé pour servir les voyageurs. Je me suis moi-même retrouvé coincé avec un séjour que je ne pouvais pas effectuer et aucune plateforme spécialisée ne m’offrait la possibilité de revendre mon séjour. Or, vous avez le droit de changer le nom sur une réservation de société, alors pourquoi ne pas être autorisé à le transmettre à quelqu’un d’autre ? Une directive européenne précise que tous les voyages réalisés sur le territoire européen qui ne peuvent être effectués par l’acheteur peuvent être transmis à un autre voyageur gratuitement, c’est la loi ! D’une manière globale, 80 % des séjours peuvent être transférés gratuitement, tandis que 70 % des compagnies aériennes l’autorisent moyennant une commission.
Vous proposez la revente de billets d’avion, de chambres d’hôtel, de séjours et d’activités. Quelle est la procédure à suivre pour l'utilisateur ?
Le voyageur doit simplement mettre en ligne son vol ou sa chambre sur notre plateforme, nos équipes s’assurent ensuite d’avoir toutes les informations et que le billet peut-être transféré à un autre voyageur. Une fois validée, l’offre est mise en ligne sur notre plateforme et partagée via nos réseaux sociaux et nos partenaires. Lorsqu’un acheteur se manifeste, nous retenons le paiement et indiquons au vendeur d’effectuer le changement de nom.
Au retour de vacances de l’acheteur, nous débloquons les fonds pour le vendeur. Un des avantages réside dans le fait que le vendeur définit le montant de la revente et peut s’ouvrir aux négociations. L’acheteur peut parfois dénicher des séjours de dernière minute à moins 70 % du prix initial. Tout le monde y trouve son compte, étant donné que nous touchons 15 % de commission auprès du vendeur uniquement en cas de revente de son billet. C’est une opportunité d’amortir le coût de son voyage inutilisé. La mise en ligne des offres est gratuite si elle n’aboutit pas à une vente.
Quel est votre positionnement vis-à-vis des OTA ?
Nous collaborons actuellement avec quelques grandes OTA pour les accompagner en matière de relation client et d’engagement. La plupart des sites de réservation proposent des offres prépayées non remboursables, notre collaboration consiste donc principalement à les aider à proposer une alternative satisfaisante à leurs clients. Actuellement, nous discutons avec deux importantes agences qu’il m’est impossible de citer, car nous sommes soumis à un accord de non-divulgation. Nous recherchons également des partenaires qui peuvent nous aider à vendre l’inventaire de nos clients. La plateforme regroupe plus de 30 mille offres et réunit 160 mille utilisateurs actifs.
Dans une logique B2B2C, envisagez-vous de rendre votre solution accessible aux voyageurs d’affaires ?
C’est envisageable à partir du moment où nous sommes certains de ne pas impacter notre modèle économique. Nous souhaitons rester une plateforme de pair-à-pair pour permettre à tout le monde d’accéder à notre catalogue. Par exemple, nous ne collaborerons pas avec les entreprises pour leur permettre d’écouler leur inventaire inutilisé. Cela reviendrait à faire de la concurrence directe à nos utilisateurs premiers.
Quels sont vos objectifs de développement ?
Notre ambition est de devenir la plus grosse plateforme du genre et de devenir le site de référence en matière d’offres de voyages last minute. Le mois dernier, nous avons reçu le « sceau de confiance » de la part de SEUK (the UK Sharing Economy) aux côtés d’entreprises telles que Airbnb ou Easycar. Au total, nous avons remporté trois prix cette année, donc notre engagement envers nos clients est de continuer à faire ce que nous faisons tout en informant le monde que 80 % des voyages sont transférables. Nous avons déjà investi 200 mille dollars en développement technologique pour sécuriser les transactions et rendre notre plateforme la plus facile d’utilisation. Transfer Travel regroupe aujourd’hui 20 collaborateurs et nous envisageons de doubler nos effectifs d’ici l’année prochaine.
Photo d'ouverture : © beasty .