Lors de la 13e édition d’Univ’Airplus, les universités d’été d’Airplus International dédiées aux applications de la blockchain dans le voyage d’affaires, Aurélie Krau, Associée Festive Road, a présenté les chiffres clés d’une étude consacrée à la perception qu’ont les gestionnaires voyages de la chaîne de blocs. L'étude témoigne d’un manque de connaissances du sujet de la part de la profession.
Comment faire évoluer le voyage d’affaires en exploitant la chaîne de blocs ? Une interrogation qui a poussé Aurélie Krau, associée au sein de Festive Road et spécialiste de l’innovation dans le Travel à sonder les gestionnaires de voyage. Parmi eux, seuls 19 % considèrent la chaîne de blocs comme une technologie disruptive, autrement dit qui générera un impact considérable sur leur marché, rapporte la spécialiste, contre 59 % vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Technologie beaucoup plus jeune que l’IA, la blockchain connaît logiquement moins d’applications actuellement et moins de notoriété auprès du monde professionnel. « C’est justement le fait qu’elle soit encore au stade expérimental qui fait la beauté de la blockchain », s’est enthousiasmée Aurélie Krau. Un avis qui ne semble pas être partagé par le panel interrogé. L’étude rapporte que les gestionnaires de voyages sont nombreux à associer des mots-clés assez péjoratifs lorsqu’il s’agit d’évoquer la perception qu’ils ont de la chaîne de blocs. Dans un nuage de mots-clés, les termes « geek », « terra incognita », « fonctionnement opaque » illustrent parmi d’autres, les réticences engendrées par la notion de blockchain dans le Voyage d’Affaires.
Quels bénéfices pour le gestionnaire de voyages ?
Malgré ces réticences, les gestionnaires parviennent à percevoir quelques bénéfices apportés par la chaîne de blocs. Par exemple, la traçabilité des données (44 %), la capacité à réaliser des transactions de manière décentralisée (36 %) — pouvant potentiellement réduire les frais de transactions pour l’hôtellerie et l’aérien — ou encore l’exploitation d’un outil qui fait preuve d’un plus haut niveau de sécurité (20 %). Un dernier point controversé. Parmi le panel interrogé, 46 % estiment que la chaîne de blocs doit encore faire ses preuves quant à son niveau de sécurité. Les gestionnaires parviennent tout de même à imaginer des bénéfices pour leurs applications métiers. Le paiement sécurisé et la réduction des frais de transactions apparaissent en tête de liste des évolutions bénéfiques que pourrait entraîner la blockchain dans le secteur. Viennent ensuite, l’authentification des données (2e) — pour les contrôles d’identité notamment —, la capacité de réservation sans agence centrale (3e), le sourcing (4e) — grâce à la transparence générée par les « smart contracts » — et en dernière position les programmes de fidélité.
L’étude rapporte également que 30 % des interrogés se disent prêts à lancer un pilote pour exploiter le potentiel de la chaîne de blocs. Une théorie qui ne s’applique pas (encore) dans les faits. Pour tenter de mieux cerner les réticences du marché, Auréli Krau a soumis l’assemblée à un sondage en direct afin d’identifier les barrières rencontrées par la profession. « Processus lourd », « coût », « manque de temps », tels sont les mots-clés partagés majoritairement par le public. « L’étude démontre qu’il y a une appétence du marché pour cette tendance mais qu’il existe encore des difficultés à convertir les acteurs pour les pousser à expérimenter et à investir dans la blockchain », a conclu Aurélie Krau. La spécialiste de l’innovation a par ailleurs assuré que la chaîne de blocs pouvait transformer les modèles économiques et s’est interrogé sur un point : comment les GDS et les TMC vont-ils s’adapter ?
Photo d’ouverture : © AirPlus France