Terry Jones explique pourquoi WayBlazer a dû mettre la clé sous la porte

Lors du Hawaii Leadership Forum organisé par Travel Weekly, le fondateur de WayBlazer Terry Jones s'est exprimé sur la cessation d'activité de la startup.

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Yaël David

21 août 20183 min de lecture

wayblazer
© Archives Travolution

Lors du Hawaii Leadership Forum organisé par Travel Weekly, le fondateur de WayBlazer Terry Jones s'est exprimé sur la cessation d'activité de la startup. 

Fondée en 2014, la startup WayBlazer a été contrainte de mettre la clé sous la porte, le mois dernier. Spécialisée dans l’intelligence artificielle, la jeune pousse au modèle BtoBtoC fournissait un système de recommandations contextualisées et personnalisées en langage naturel pour aider les voyageurs à planifier leur séjour, selon leurs envies, sur les sites de réservations. Sa technologie se basait notamment sur l’outil Watson d’IBM, l’un des systèmes d’IA les plus plébiscités.

C’est à l’occasion du Hawaii Leadership Forum de Travel Weekly que le fondateur de WayBlazer - qui a également fondé Kayak et Travelocity -, s’est exprimé sur la disparition de la startup pourtant prometteuse. A l’aide de son concept, la pépite avait même réussi à embarquer les plus grands groupes mondiaux tels qu’Hilton, Marriott ou encore Emirates Vacations.

Une lueur d'espoir

Or le challenge s’est avéré être de taille. « Faire en sorte que les clients changent de plateforme logicielle n'est pas chose facile, il faut souvent 10 mois entre le test et la conclusion du contrat, sans flux de trésorerie immédiat, ni garantie que l'entreprise finira par adhérer », a expliqué Terry Jones à Arnie Weissmann, Rédacteur en chef de Travel Weekly.

WayBlazer a pourtant tenté de s’adapter aux exigences du marché, notamment en proposant de nouvelles solutions qui ont permis d’améliorer la performance de sa technologie. Mais la startup n’était ni assez agile, ni assez rapide et a donc commencé à faiblir au bout de 2 ans. Cela, malgré les 5 millions de dollars récoltés à l’issue d’un premier tour de table en 2015.

Vulnérable, WayBlazer s’est donc laissé séduire par l’offre d’une grande société spécialisée dans l’immobilier et cotée en bourse. Celle-ci a proposé à la startup de financer le développement de cette technologie et de fournir des prêts afin de l’aider à concevoir rapidement une solution dédiée au secteur immobilier. Grâce à ce nouveau partenariat, WayBlazer a pu réaliser de nombreux progrès tant sur le plan Immobilier que sur celui du Voyage… jusqu’à ce que la société immobilière se retire du projet suite à un revirement de stratégie interne, a confié Terry Jones.

« WayBlazer avait fait suffisamment de progrès. Dans des circonstances normales, il aurait été possible d’attirer plus de capitaux d’investissement », a déclaré l'entrepreneur. « Mais avec le surendettement, la plupart des investisseurs ont jeté un coup d’œil au bilan et ont eu peur. Deux d'entre eux ont déclaré qu'ils investiraient, mais uniquement si la dette était recouverte. »

Le mot de la fin

Pour Terry Jones, l’échec de WayBlazer est en partie arrivé à cause de la vieillesse de sa direction, composée de l’entrepreneur lui-même et de son partenaire Manoj Saxena, « deux hommes assez âgés lançant une startup », a-t-il lancé à Arnie Weissmann. « Il n’y avait aucun jeune visionnaire pouvant porter l’entreprise jusqu’à ce qu’Henry Noreen (CEO de WayBlazer) soit embauché », a-t-il confié. Mais Terry Jones a également tenu à rappeler, entre les lignes d’un article post-mortem adressé à Arnie Weissmann, que « le facteur final qui entrave une entreprise technologique peut être davantage lié à l'ingénierie financière plutôt qu'à l'ingénierie logicielle ».

Regrettant d’avoir manqué de temps avec WayBlazer, l’entrepreneur reste tout de même convaincu que l’IA représente un réel « game changer » pour le secteur du Voyage.

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