
Il y a quelques jours se tenait le Sabre Technology Exchange (STX) 2018 à Londres. Durant les sessions de conférences du matin, le CEO et Président de Sabre, Sean Menke, a partagé sa vision sur la conduite du changement et l’impact de NDC sur la distribution et les relations entre acteurs du secteur.
C’est devant une salle de plus de 400 participants que Sean Menke, CEO et Président de Sabre depuis janvier 2017, a ouvert le STX 2018 à Londres, la version européenne de l’évènement annuel qui se déroule à Dallas. Le mot d’ordre de ce discours qui se voulait inspirant était l’adaptation. « Dans un contexte où la vitesse du changement s’accélère, notre écosystème doit s’adapter. Regardez ce qui est arrivé aux taxis, à Kodak et à Blackberry. Les choses ont bien changé depuis 20 ans et ce phénomène n’est pas près de ralentir », a-t-il lancé aux clients, prospects et partenaires présents.
Alors que la concurrence est rude, les acteurs du Tourisme doivent toujours plus proposer du contenu personnalisé aux voyageurs. Pour répondre à ces besoins, Sabre entend permettre aux professionnels du secteur de pouvoir passer par la chaîne directe ou indirecte. Autrement dit, de pouvoir intégrer la norme NDC en plus des canaux traditionnels. Pour le GDS, ce grand chantier est un challenge. L’an dernier, Sabre ne travaillait pas encore sur la norme développée sur IATA, même si elle faisait bien sûr partie des préoccupations. Il a fallu s’adapter très vite en fonction des besoins de ses clients. « Nous avons vite voulu prendre le leadership sur ce sujet, a-t-il déclaré, NDC, comme toute autre nouveauté technologique, demande de modifier notre manière de penser, notre manière d’investir et d’interagir avec nos clients ». Depuis six mois, le GDS a intensifié ses réflexions sur l’impact de NDC sur le retail, la distribution et le contenu. « Chez Sabre, nous cherchons à nous disrupter nous-mêmes », a ensuite ajouté Sean Menke, adepte des formules.
Avec NDC, tous les acteurs peuvent devenir distributeurs
Lors d’un entretien réservé aux journalistes, le CEO de Sabre a davantage axé son discours sur les synergies que pouvait créer NDC. Si l’aérien reste le secteur le plus concerné par la norme, tous les acteurs sont concernés : « Les professionnels de l’hôtellerie, du ferroviaire des croisières peuvent aussi vendre davantage d’ancillaries grâce à NDC », a expliqué Sean Menke. Un enjeu important pour les hôteliers qui remplissent leurs établissements avec des ventes indirectes essentiellement. Demain, une compagnie aérienne pourrait très bien proposer du train ou du bus pour proposer une expérience de bout-en-bout. La distribution va sans aucun doute changer de visage et des offres dynamiques vont voir le jour. « Mais nous sommes encore loin d’une plateforme unique », a-t-il concédé.
Interrogé sur les technologies par TOM, Sean Menke a été plutôt allusif. Le CEO de Sabre est un homme pragmatique. S’il est conscient du potentiel de la Blockchain, notamment dans une stratégie cross-canal, il rappelle qu’il s’agit d’une technologie complexe et que nous sommes encore loin de la voir totalement intégrée dans le Tourisme. Quant au mobile, il est incontournable dans un monde connecté selon lui. « Mais rien ne sert de proposer des services mobiles s’il n’y a pas le contenu approprié derrière », a-t-il notifié. Pragmatisme. D’ailleurs, la donnée est un axe clé pour Sabre. Le GDS a beaucoup investi dans des infrastructures data, a informé le CEO.
L’entretien s’est terminé sur le Brexit, présence sur le sol britannique oblige. Sean Menke a expliqué que l’absence d’accord sur les « open skies agreements » n’aurait pas d’impact sur les revenus du GDS.
Photo d'ouverture : ©Sabre