En prévision de l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire, Trainline a confié à OpinionWay la réalisation d'un sondage pour savoir ce qu'en pensent les Français.
Alors que la législation européenne oblige la France à ouvrir les réseaux ferroviaires à la concurrence d’ici 2023, Trainline a commandé une enquête auprès d’OpinionWay en vue de faire le point sur les attentes des voyageurs à ce sujet. Ce matin, le spécialiste de la réservation de billet de trains a convié cinq intervenants autour d'une table ronde pour débattre sur les résultats de ce sondage.
Transport ferroviaire : une opinion globalement favorable
Près de 7 Français sur 10 soutiennent l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire. Un constat encourageant pour Audrey Détrie, directrice France et Benelux de Trainline, qui se réjouit également d’apprendre que 69% des sondés jugent le train comme moyen de transport attractif. Et ce, « même en dépit des problèmes, comme les retards ou les annulations », a précisé Frédéric Micheau, directeur des études chez OpinionWay. L’enquête révèle même que la satisfaction de 41% des voyageurs s’est détériorée durant ces dernières années…
Le train a tout de même une place privilégiée dans le cœur des voyageurs. Plus de 80% d’entre eux pensent que le train permet de développer le Tourisme dans les régions françaises. Ils pensent également que le train est un moyen efficace de dynamiser les territoires qu’il dessert et considèrent même qu’il fait partie du patrimoine français. « Beaucoup d’entre eux ont un attachement fort au train, causé par des souvenirs marquants, par les paysages… », a confié Frédéric Micheau. Sur les 66% des français qui prennent le train, 81% l’empruntent pour des raisons personnelles.
Libéralisation du rail : quels avantages pour les voyageurs ?
Avec l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaires, près de 55% des Français interrogés s’attendent à davantage de ponctualité, une hausse des services à bord et une augmentation de fréquence des trains. Pour 45 % d’entre eux, il sera plus facile de trouver le meilleur prix.
Si Yves Crozet, économiste et professeur à Sciences Po Lyon, n’est pas convaincu que la libéralisation du rail provoque la diminution du coût des billets, le membre du bureau national de la Fédération Nationale des Association d'Usagers des Transports (FNAUT) et président de la Fédération Européenne des Voyageurs (FEV), Michel Quidort, trouve le pronostic des sondés est plutôt bon. Le représentant de la FEV a expliqué qu’en Italie, l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de 2012 a entraîné une réduction des prix de 30% ainsi qu’une augmentation du trafic de 20%.
Selon Audrey Détrie ,« la clé dans cette ouverture à la concurrence, c’est d’informer le voyageur, agréger toutes les informations sur les transporteurs, les horaires, les tarifs, ou même le nombres de halls dans une gare… pour que les voyageurs, notamment les touristes, puissent planifier ses déplacements et les vivre en toute sérénité », a-t-elle déclaré. Pour cela, il faudrait travailler main dans la main avec tous les transporteurs, a-t-elle ajouté, d’autant plus que 38% des usagers pensent qu’il sera difficile de savoir quel transporteur opère sur quelle ligne. En tout cas, 79 % des personnes interrogées par OpinionWay ont exprimé le souhait d’avoir une application ou une plateforme indépendante pour réserver les billets de différentes compagnies ferroviaires.
En revanche, les Français seront sûrement déçus quant à la ponctualité des trains. Philippe Duron, président du Conseil d’orientation des infrastructures, a déclaré qu’« au Royaume-Uni, où le marché ferroviaire est ouvert, la ponctualité n’est pas toujours au rendez-vous. »
Par ailleurs, bien que les Français enregistrent un fort taux d’adhésion au train, Yves Crozet pense que l’intérêt des voyageurs se porte essentiellement vers l’intermodalité, et non vers l’intramodalité des transports.
Photo d'ouverture : © bogitw (pixabay)