
Au salon Viva Tech hier, l’intervention de Mark Zuckerberg était très attendue. Depuis 7 ans, le patron de Facebook n’avait pas pris la parole en France. Son discours fut néanmoins assez décevant car très lisse, comme il fallait s’y attendre.
Dès 16h hier, c’était la cohue pour rentrer dans la « Stage One », l’espace dédié aux conférences de haut niveau du salon Viva Tech. Tout le monde voulait voir Mark Zuckerberg sur scène. Il faut dire que cela faisait 7 ans que le fondateur de Facebook n’avait pas pris la parole en France. A 17h30 précises, c’est dans une nuée d’écrans de smartphones qu’il a fait son apparition sur scène. Interrogé par Maurice Lévy, désormais Président du conseil de surveillance de Publicis, et malgré les acclamations du public, Mark Zuckerberg est resté bien lisse. Rien d’étonnant dans un contexte où le patron de Facebook est déjà bien chahuté par les fuites de données de Cambridge Analytica.
Contrôler le contenu pro-activement grâce à l’IA
L’un des grands axes de prise de parole de Mark Zuckerberg a été la responsabilité. Le patron de Facebook a rappelé que les utilisateurs du réseau social étaient libres de partager ce qu’ils souhaitent. Pourtant, il n’est pas acceptable d’y trouver des messages de haine ou d’encourager le harcèlement, selon lui. C’est pourquoi plus de 20 000 personnes vont être assignés à la sécurité et au contrôle du contenu chez Facebook. « Une grande partie du contenu lié au terrorisme est supprimé avant que la communauté ne le signale », a-t-il précisé.
« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités », disait Voltaire et… l’oncle de Spider Man. Une situation dont Mark Zuckerberg est bien conscient. « Quand nous avons lancé les prémices de Facebook dans notre chambre d’université, nous ne savions pas que notre responsabilité serait aussi grande», a-t-il répondu à Maurice Lévy. C’est pourquoi il veut utiliser la « tech for good ». Pour contrôler le contenu, il compte sur l’intelligence artificielle. C’est notamment cette technologie qui a permis de détecter les faux comptes et de limiter les fake news lancées par les Russes lors des élections américaines en 2016. Selon lui, ce que son équipe a mis en place profitera à toutes les élections futures dans le monde.

Facebook face au RGPD
Alors que le Règlement européen sur la protection des donnés entre en vigueur aujourd’hui, il était inévitable d’interroger le patron de Facebook sur l’usage des données. Pour lui, le RGPD n’est pas qu’une problématique européenne, mais une problématique globale. C’est pourquoi le réseau social va étendre cette régulation au monde entier dans les prochaines semaines. La transparence est l’affaire de tous, même si, selon lui, il existe quelques spécificités en Europe. «On se rappelle de la Stasi », a-t-il lancé maladroitement sur scène.
Pour lui, le RGPD est une bonne chose quand il augmente la confiance des utilisateurs. Mais il reste convaincu que l’usage que Facebook fait des données est dans leur intérêt : « Les gens sont d’accord qu’on utilise les données qu’ils ont choisi de partager avec nous pour accéder à un meilleur service. S’ils le souhaitent, ils peuvent effacer leurs cookies et leur historique, mais les publicités sur Facebook seront moins pertinentes ». Pour Mark Zuckerberg, il est important de leur laisser le choix.
La France est l’entrepreunariat
Interrogé par Maurice Lévy sur les conseils qu’il donnerait aux entrepreneurs, le patron de Facebook a utilisé une formule bien lisse : « Il faut se donner au maximum dans la chose dans laquelle on croit ». Le réseau social a choisi d’implémenter son plus grand hub de recherche dédié à l’intelligence artificielle en France notamment pour la qualité des universités et le focus sur l’entrepreunariat. Mark Zuckerberg a rappelé que 10 millions de dollars supplémentaires seraient investis dans le centre FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) et que les bourses allouées aux universités seraient doublées.
Quel futur technologique ?
Face à un Elon Musk alarmiste sur l’évolution de l’intelligence artificielle, le patron de Facebook s’est montré plutôt optimiste. « L’IA va permettre de soigner des maladies, de permettre aux véhicules autonomes de rouler et de s’assurer que la communauté est en sécurité », a-t-il expliqué. Selon lui, il ne faut pas rester bloqué sur une erreur et ralentir le rythme. « On ne peut pas demander de ralentir quand on a la possibilité de soigner des maladies », a-t-il continué.
A la fin de ses 40 minutes d’intervention, Mark Zuckerberg a parlé hobbies et philanthropie. On a notamment appris qu’il apprenait le mandarin ou essayait de bâtir une IA pour sa maison...
Photo d'ouverture : Anthony Quintano