Lors du colloque organisé par Avenir-Transports hier matin, les acteurs du secteur de la Mobilité se sont réunis pour débattre de l'impact des nouvelles technologies sur la mobilité.
Au sein de l’immeuble Jacques Chaban-Delmas de l’Assemblée Nationale, l’association Avenir-Transports organisait hier un colloque rassemblant les pointures de l’industrie française de la mobilité. Animé par Gilles Dansart, directeur du média Mobilettre, ce cycle de conférences était l’occasion pour les décideurs du Transport d’appréhender et de débattre de l’impact des nouvelles technologies sur la mobilité.
La techno avance-t-elle plus vite que la demande ?
Pour Jean Coldefy, Vice-Président d’ATEC ITS, la révolution digitale « ne concerne que les journaux, pas la vie quotidienne », déclare-t-il lors de la première table ronde de la matinée. Les priorités des acteurs du Transport ne sont peut-être pas les bonnes : « On voit que le covoiturage courte-distance ne décolle pas, alors qu’on lui prête une attention toute particulière. Et d’un côté, on voit les TER, très utile pour les voyageurs, qui ne comportent qu’une cinquantaine de places alors qu’il en faudrait 4 000… Le numérique ne résout pas tout », conclut-il. Ce qu’il propose ? Axer le développement de la mobilité sur la massification de l’offre, le déploiement de parkings relais ou encore la définition d’un modèle économique plus solide.
A ses côtés, Audrey Detrie, directrice France et Benelux de Trainline, souligne l’importance de former des partenariats solides entre les autorités, opérateurs, constructeurs et e-commerçants pour mieux gérer la transformation digitale de la mobilité en France. « Les choses avancent rapidement en termes de technologies, mais pas tant sur la gouvernance institutionnelle », complète la Haute représentante du gouvernement français pour le développement des véhicules autonomes, Anne-Marie Idrac, lors de sa tribune sur les véhicules autonomes. Pour certains spécialistes du Transport, il suffit donc de passer ce cap pour qu’enfin les outils technologiques développés puissent efficacement améliorer les conditions de voyage des français, tout comme celles des touristes.
La data, au cœur de la mobilité de demain
Basée sur les attentes des citoyens et l’observation de leurs comportements liés au numériques, la vision des entreprises du Transport doit tendre de plus en plus vers « l’humanisation de la mobilité », selon les termes de Youenn Dupuis, directeur général associé du groupe Keolis. « Il s’agit d’assurer un voyage en toute quiétude, comprenant confort et assistance, explique-t-il. « Le voyageur moyen n’existe pas », conclut-il, et c’est pour cette raison que les technologies telles que la Big Data ou l’intelligence artificielle seront donc essentielles au domaine du Transport pour remplir l’objectif de personnalisation du voyage. « Le digital permet d’agréger toutes les étapes du voyage, de la réservation à l’après-vente, affirme Audrey Detrie, grâce à la data, aux outils prédictifs, on évite au voyageur tout le stress généré par la planification classique de son voyage », détaille-t-elle.
Ce qui semble sûr pour les participants de la table ronde, c'est que les nouvelles technologies apporteront des solutions efficaces permettant de révolutionner le secteur de la mobilité tant du point de vue du commerçant - pouvant développer son service sur différents types d'interfaces - que du voyageur, qui peut planifier son voyage en toute sérénité.
Photo d'ouverture : © Captainm (wikimeda commons)