NDC fait couler beaucoup d’encre. Cette norme développée par IATA devrait mettre un véritable coup de pied dans la fourmilière, réinventant la relation entre acteurs, les modèles économiques et les systèmes existants. Du moins dans le secteur loisirs. L’impact sera-t-il aussi fort dans le voyage d’affaires ? Comment la norme est-elle perçue par les entreprises du secteur ? Pour en savoir plus, nous avons interrogé Cédric Lefort, Senior Director Solutions Consulting chez BCD Travel.
Comment BCD Travel prépare l’arrivée de NDC ?
Cédric Lefort, Senior Director Solutions Consulting de BCD Travel
Cédric Lefort : Chez BCD Travel, nous pensons que la norme est une bonne opportunité pour améliorer l’expérience des voyageurs. Les compagnies aériennes vont pouvoir intégrer des fournisseurs externes. Cela va permettre d’accéder à un choix de produis ancillaires multiple via un canal unique. Nous discutons actuellement avec tous les acteurs du marché, les compagnies, IATA et les fournisseurs de technologies afin de réfléchir aux impacts. En face, nous discutons avec les GDS et les OBT afin de s’assurer que l’intégration de la norme est bien en cours. Chez BCD Travel, nous pensons que les GDS vont rester centraux. Dans le voyage d’affaires, il est difficile de passer en direct. Comment tracer la réservation et comment centraliser le paiement sans GDS ? C’est la même logique que l’open-booking, il y a toujours la nécessité de consolider.
Comment la norme est-elle perçue chez les acteurs du voyage d’affaires d’une manière générale ?
Il y a beaucoup d’incertitude du côté des professionnels. Beaucoup de personnes découvrent la norme aujourd’hui alors qu’elle est en développement depuis cinq ans. Derrière le débat sur la surcharge GDS, d’autres sujets, comme le direct connect, sont au centre des réflexions. Cela concerne l’aérien, mais pas que. On parle peu du direct connect dans l’hôtellerie par exemple. Pourtant, les problématiques sont les mêmes. Aujourd’hui, 75% des réservations dans l’hôtellerie ne passent pas par les GDS mais par des plateformes comme HRS, HCorpo, CDS, Expedia, Booking.com, etc. Comme pour NDC, l'échange d'informations peut se faire via un langage XML.
Certains acheteurs sont défavorables à NDC car elle pourrait augmenter les dépenses des entreprises. Qu’en pensez-vous ?
Cet argument est recevable. Mais si les produits ancillaires sont vendus en package et que la volumétrie est importante, cela permettra de négocier davantage. Il n’y a pas de raison à ce que ces ancillaries ne soient pas intégrés à la politique voyage. Il y aura donc toujours un circuit d’approbation pour éviter les excès.
Les entreprises devraient donc plutôt chercher à contribuer au bien-être de leurs collaborateurs ?
Le bien-être du voyageur est de plus en plus important pour les entreprises. Il ne faut pas oublier que plus un voyageur sera satisfait, plus il sera productif. Et pour cela, il faut qu’il puisse accéder à des outils et services complémentaires. Je ne pense pas que l’accès à des produits ancillaires soit un caprice d’enfant gâté. Cela s'inscrit dans la convergence entre le monde du leisure et du business travel.
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