63 % des aéroports veulent s'équiper d’un système d’enregistrement biométrique d'ici 2020

Dans un livre blanc, SITA dresse un état des lieux des dispositifs biométriques déployés par les opérateurs aériens pour optimiser les processus…

Nous suivre sur Google
HP

Hugo Pellegrin

3 avril 20184 min de lecture

etude-SITA-63-des-aeroports-equipes-d-un-systeme-d-enregistrement-biometrique-en-2020
© Archives Travolution

Dans un livre blanc, SITA dresse un état des lieux des dispositifs biométriques déployés par les opérateurs aériens pour optimiser les processus d’enregistrement des voyageurs. Il revient sur les expérimentations, les évolutions et les projections sur le futur du transport aérien.

Dans son dernier livre blanc, SITA fait un état des lieux des systèmes biométriques permettant d’optimiser la phase d’enregistrement des passagers au sein des aéroports. Reconnaissance faciale, carte d’embarquement dématérialisée ou encore identification par empreinte digitale, autant de dispositifs testés actuellement par différents compagnies aériennes et aéroports aux quatre coins du globe. Selon une étude du groupe Visa menée aux États-Unis, 86 % des consommateurs s’intéressent à l’utilisation de dispositifs biométriques pour authentifier leur identité ou réaliser des transactions. Ces technologies présentent un fort potentiel dans l’industrie du Travel pour assurer l’enregistrement des passagers au sein d’un aéroport notamment. Elles permettent d’optimiser l’expérience voyageur en délivrant un service plus rapide tout en augmentant le niveau de sécurité des dispositifs douaniers et frontaliers. Encore faut-il qu’aéroports, compagnies aériennes et États travaillent main dans la main pour parvenir à mettre en œuvre des processus standardisés. D’après IATA, 4 voyageurs sur 5 aimeraient pouvoir utiliser un « passeport digital » sur leur smartphone, et ce, depuis la réservation d’un vol jusqu’à l’enregistrement au sein de l’aéroport. L’adoption de systèmes biométriques par les opérateurs aériens constitue ainsi un enjeu important pour faire évoluer leurs services et délivrer une expérience voyageur sans friction, toujours plus fluide. Selon SITA, 63 % des aéroports et 43 % des compagnies aériennes prévoient d’investir dans des systèmes d’authentification biométriques d’ici 2020.

Reconnaissance faciale, empreinte digitale, informations biométriques : quel standard adopter ?

En 2017, l’aéroport de Kempegowda en Inde a testé un dispositif d’enregistrement utilisant la carte d’identité virtuelle — le programme Aadhaar — qui contient les données biométriques (empreintes digitales et scan rétinien) des citoyens indiens. Les passagers de l’aéroport pouvaient ainsi réaliser toutes les procédures d’enregistrement à l’aide d’un simple scanner d’empreintes digitales. Au mois d’octobre, l’aéroport de Changi à Singapour a installé des bornes de reconnaissance faciale dans le terminal 4 pour procéder à l’identification des voyageurs, à tous les points de contrôle. Les bornes étaient reliées à une plateforme centralisée exploitée par l’aéroport et les compagnies aériennes qui y transitent afin de piloter les différentes étapes d’authentification plus efficacement. La reconnaissance faciale a également été le choix de l’aéroport de Brisbane, en collaboration avec Air New Zealand, qui a testé la technologie pour optimiser le processus d’authentification des voyageurs.

Le livre blanc de SITA révèle également que les compagnies aériennes se tournent de plus en plus vers ce type de solutions biométriques. Air Asia a par exemple mis au point en février 2018 son Fast Airport Clearance Experience System (FACES), un dispositif de reconnaissance faciale couplé à un scanner biométrique. Le système a été testé au sein de l’aéroport international de Senai en Malaisie. FACES crée un passeport biométrique virtuel des passagers après avoir scanné leur carte d’identité et leur visage. Une fois ce document virtuel établi, les passagers n’ont plus besoin de renseigner leurs informations voyageurs pour d’autres vols, durant la durée de validité de leurs pièces d’identité. En juin 2017, au travers d’un partenariat avec CBP (le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis) et SITA, la compagnie Jetblue a testé le premier système d’enregistrement au monde basé uniquement sur la reconnaissance faciale. Les passagers étaient photographiés à l’aide d’une caméra reliée à la base de données CBP chargée d’identifier le passager et d’afficher sur l’écran associé, ses informations de voyage (son passeport et son vol). Avec presque 100 % de taux d’identification, la technologie de reconnaissance faciale employée par Jetblue a été récompensée d’un prix industriel lors de l’événement Air Transport World’s 2018 Annual Airline Industry Achievement Awards.

Meilleure expérience de voyage et renforcement des dispositifs de sécurité

Le livre blanc de SITA met en évidence plusieurs bénéfices tirés de l’instauration de tels dispositifs, tant pour les aéroports que pour les compagnies aériennes. Grâce aux dispositifs biométriques, les aéroports peuvent délivrer un service de plus en plus rapide et sécurisé, critère indispensable sachant que le nombre de passagers aériens est amené à doubler d’ici 2036, selon SITA. Les compagnies aériennes y voient l’opportunité d’optimiser l’expérience de leur voyageur en réduisant notamment les temps d’attente et en allégeant les procédures d’authentification. Pour SITA, l’augmentation de la satisfaction des voyageurs a un impact sur leur propension à consommer. Si la bonne humeur est censée pousser les voyageurs à la consommation au sein des aéroports, le livre blanc souligne qu’en réduisant les temps d’attente consacrés à l’enregistrement, les aéroports dégagent plus de temps pour que les consommateurs puissent effectuer des dépenses. Autre sujet, et non des moindres, le renforcement des dispositifs de contrôle des voyageurs entre différents pays, à l’échelle mondiale. Plusieurs compagnies aériennes ont déjà été accusées par certains états d’être responsables de l’entrée sur le territoire de voyageurs non autorisés. Le rapprochement entre les compagnies aériennes, les aéroports et les services frontaliers et douaniers constitue donc un axe important pour instaurer des processus de contrôle plus efficace. À l’image du partenariat initié par JetBlue avec CBP. Sans quoi, il sera impossible de mettre en place un standard à l’échelle mondiale, précise SITA.

Le livre blanc Biometrics For Better Travel de SITA est en libre téléchargement ici.

Photo d’ouverture : © Anete Lūsiņa

Sur la même thématique

Voir tout