Même expérience, même contenu et soyons fous, même prix, quel que soit le canal de distribution. Techniquement, c’est possible ! Il y a cependant inévitablement des questions d’ordre commercial et stratégique. Si nous n’y sommes pas encore sur le marché du Voyage d’Affaires, le loisir commence à montrer la voie. Des enseignements intéressants sont à tirer pour le secteur. Nous nous sommes intéressés au cas du metasearch Skyscanner.
Jonathan Sepulchre est Product Owner & Marketing Manager France chez Skyscanner. Il explique que selon le metasearch, le voyageur utilise un comparateur car il propose une offre exhaustive. C’est pourquoi Skyscanner propose la comparaison des prix en direct provenant des compagnies aériennes avec les prix des distributeurs (agences de voyages). Skyscanner a ajouté une nouvelle corde à son arc en développant un système de réservation en direct qui permet au voyageur de réserver son vol sans quitter la plateforme. Jonathan Sepulchre poursuit : « Notre ambition est d’offrir une expérience au voyageur la plus proche possible de celle qu’il va avoir sur airline.com ou sur OTA.com, avec des pages à l’image de la marque du partenaire, tout en informant le voyageur que c’est la compagnie aérienne ou l’agence de voyage le cas échéant qui émet le billet. C’est une politique de respect vis-à-vis du partenaire et une marque de confiance envers le voyageur. Nous pensons que le voyageur va continuer à utiliser nos services uniquement si l’expérience de réservation est optimale ».
Une flexibilité grâce aux API
Une infrastructure technique qui rend l’offre déclinable aisément sur différentes plateformes. Le metasearch a développé une approche neutre en termes de plateforme et ceci a conduit les équipes de développement à explorer les logiciels de messagerie ou encore la voix, depuis presque 2 ans : Amazon Alexa, Cortana de Microsoft, Skype (bot), Facebook Messenger. La logique de développement informatique de Skyscanner repose sur une source de données unique. Les connectivités via des API (interfaces de programmation) donnent à Skyscanner une certaine flexibilité technologique et permettent aisément de décliner l’offre sur autant de plateformes qu’il le souhaite : les assistants personnels, les plateformes de messageries, les bots, etc. « Skyscanner est certifié NDC (New Distribution Capability, ndlr). Grâce aux API, nous mettons en avant les frais ancillaires des compagnies aériennes et pouvons les commercialiser sur n’importe lequel de nos canaux, que ce soit le web, le mobile, la messagerie, la voix. Notre objectif est d’avoir des produits utiles pour les voyageurs », ajoute Jonathan Sepulchre.
Sortir de la frustration liée à la différence entre metasearch et site marchand
Des partenariats forts avec les compagnies aériennes pour développer la confiance des utilisateurs. Le Product Owner & Marketing Manager revient sur la démarche de Skyscanner : « Nous concluons des partenariats en direct avec les compagnies aériennes. Nous sommes indépendants des systèmes de réservation et comparons dans la même interface un site ‘airline.com’ et les autres canaux. Notre objectif est de proposer une plateforme transparente vis-à-vis des voyageurs et de nos partenaires. Nos partenaires ont accès à un espace BtoB où ils peuvent consulter leur part de marché sur différentes routes et nous avons un système de notation sur les pages de résultats basé sur les retours de nos utilisateurs auquel nous donnons accès de manière transparente. Cela pousse à s’améliorer et favorise le voyageur. Nous voulons sortir des frustrations liées à un site peu clair et à des prix différents entre le metasearch et le site marchand ». Interrogé sur l’aspect futur du parcours du voyageur d’affaires, Jonathan Sepulchre rappelle que plus de 50% du trafic de Skyscanner provient du mobile, application et navigateurs mobiles confondus. « Nous assistons à l’émergence de nouvelles plateformes basées sur la messagerie et la voix, mais nous n’en sommes encore qu’au début. » Et de conclure : « Ces approches ont du sens pour les voyageurs, mais il est encore trop tôt pour dire à quelle échelle. Au final, c’est le voyageur qui décide ! ».
Cet article est extraite du dossier « 50 nuances de distribution : quand les règles du jeu de la distribution aérienne changent » paru initialement dans le 1er Mook for Business Travel de TOM. Retrouvez le dossier complet en cliquant ici.