Dans le cadre des Journées des Entrepreneurs du Voyage qui se déroulent à Lille depuis hier, Yanik Hoyles, Directeur du programme NDC chez IATA, est venu expliquer ce qu’était la norme NDC et ce qu'elle impliquait pour les compagnies aériennes, GDS et agences de voyage. Une clarification bienvenue dans un climat d’incompréhension et de tension causé par la surcharge GDS imposée par certaines compagnies. Yanik Hoyles, Directeur du programme NDC chez IATA, a commencé par rappeler que les canaux des agences pour distribuer les billets d’avion n’ont pas évolué quand les compagnies aériennes, elles, ont enrichi leur site de fonctionnalités et de contenu. Les produits y sont également mieux différenciés. « Un écart s’est creusé entre les deux entités », a-t-il précisé. NDC tend justement à combler cet écart en permettant aux agences de vendre des produits supplémentaires avec la même agilité. Pour rappel, NDC est un standard de distribution basé sur la norme XML. Il permet d’échanger davantage d’informations que les standards actuels entre compagnies aériennes et agences. Ce n'est pas une plateforme ni une base de données. Ce que change vraiment la norme, c’est qu’elle demande aux GDS de ne plus être créateur des offres, mais de simples agrégateurs. C’est la compagnie qui crée les offres et les transmet aux GDS qui les transmettent ensuite à l’agence. « NDC, c’est tout simplement une connectivité API », a expliqué Yanik Hoyles. C'est-à-dire, une interface de programmation qui permet de se « brancher » sur une application pour échanger des données. « Ce n’est pas une révolution, mais une évolution », a-t-il poursuivi. Selon lui, reste maintenant aux GDS de créer une plateforme et un modèle commercial.
"Cela fait 5 ans que les GDS savent pour NDC.Ils auraient pu mieux anticiper l'arrivée de cette norme" Jean-Marc Janaillac d'Air Fr #JEV2017 pic.twitter.com/s841xCy1HB
— TOM (@TravelOnMove) 23 novembre 2017
Le NDC n’est pas lié à la surcharge GDS « Le NDC est souvent associé aux surcharges imposées par les GDS mais ce n’est pas lié. Il ne s’agit que d’une norme », a déploré le Directeur du programme NDC chez IATA. D’ailleurs, toutes les compagnies n’ont pas décidé de traduire son implémentation par un coût pour les agences. Par exemple American Airlines a pris le parti de « l’incentiver » et de rétribuer de 2 dollars toute agence qui passera par une connexion NDC pour un segment de vols réservés sur un de ses appareils. Lorsque l’assistance a demandé à Yanik Hoyles quel était le GDS le plus avancé sur la question, il n’a pas répondu directement mais a indiqué que Sabre, Amadeus et Travelport seraient agrégateurs NDC d'ici fin 2018. Une information qui n’a pas manqué de faire réagir le public qui s’est interrogé : Pourquoi pénaliser les agences lorsqu’elles n’adoptent pas la norme, alors que techniquement ce n’est pas possible ? Une question à laquelle le Directeur du programme NDC chez IATA n’a pas pu répondre : « Le NDC est une bonne chose en soi, il va permettre de vendre plus de contenu et ce gratuitement. Ce sont les compagnies qui décident si elles veulent imposer une surcharge ou non. C’est elles qui décident ce qu’elles veulent en faire », a-t-il rétorqué. Et si NDC tombait dans les mains des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) ? A la fin de l’intervention, une question pertinente a été posée par Frédéric Vanhoutte, Président d’Eventiz Media Group et de Level.com : « Les GAFA sont-ils en discussion avec vous afin de se connecter directement aux compagnies aériennes ? ». Visiblement gêné, Yanik Hoyles a répondu du bout des lèvres : « Google ou Facebook s’intéressent en effet à NDC, mais sans raison spéciale ». A l'heure où Google s'attaque au marché aérien avec Google Flights, il y a pourtant tout à craindre.
