Des navettes autonomes débarqueront à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle fin novembre

Navya vient de remporter l’appel d’offres lancé par le groupe ADP.

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Hugo Pellegrin

30 octobre 20174 min de lecture

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© Archives Travolution

Navya vient de remporter l’appel d’offres lancé par le groupe ADP. L’opportunité pour la startup française de tester son véhicule autonome sur un parcours de 600 mètres au sein de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. L’expérimentation s’inscrit dans un programme d’innovations plus large, porté par les équipes du groupe ADP depuis mars 2017.

Navya vient de remporter l’appel d’offres, lancé par le groupe ADP, pour le déploiement d’une navette autonome à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Une victoire sans doute liée aux performances de ses équipements. En 2015, la startup française est la première à avoir commercialisé un véhicule autonome et électrique de série pour le grand public.

Depuis juillet 2017, trois modèles du minibus Navya Arma sont mis à disposition gratuitement pour desservir l’esplanade de La Défense. L’occasion pour la marque de mettre en avant l’efficacité de ses navettes intelligentes et écologiques. À la fin du mois de novembre, ces véhicules s’attaqueront à un nouveau parcours d’expérimentation : l’aéroport Paris-Charles de Gaulle.

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Développer une infrastructure routière intelligente

À l’issue des 2 mois d’appel d’offres, le Navya Arma est le modèle retenu par le groupe ADP afin de tester l’usage de navettes autonomes sur l’aire aéroportuaire. C’est à Keolis que le groupe ADP confie l’exploitation du dispositif. Concevoir l’aéroport de demain : voilà l’objectif du groupe clairement exprimé au cours de l’année 2017, avec le lancement notamment de son Innovation Hub.

La première navette autonome à s’insérer dans la circulation routière

Pour Navya, l’enjeu est de taille. Si la startup commercialise déjà ses modèles de minibus intelligents, le projet est un challenge important pour le constructeur. Jusqu’à présent, les tests de véhicules autonomes sont, pour la plupart, réalisés sur des parcours fermés à la circulation.

Les différents constructeurs doivent alors redoubler d’efforts pour intégrer leurs automobiles autonomes dans un trafic routier traditionnel. La plupart annoncent pouvoir y parvenir à l’horizon 2020 et entament leurs essais routiers.

Navya rejoint donc le peloton de tête, avec ses essais prévus fin novembre sur le tarmac de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Pour l’instant, Nissan est le seul à avoir sauté le pas. À l’occasion du salon automobile de Tokyo qui a lieu cette semaine, le constructeur japonais profite de la présence de nombreux journalistes pour faire circuler son véhicule autonome dans les rues de la capitale.

6 mois pour faire ses preuves

Quant au Navya Arma, il devra réaliser un trajet sans accroc sur 600 mètres. La traversée de la rue de Rome, située à côté du siège du groupe ADP, constitue l’épreuve la plus importante du circuit. « L’idée est de voir comment on peut faire se croiser un véhicule autonome avec la circulation existante », exprime Edward Arkwright, directeur et chargé de mission pour le groupe ADP dans une entrevue avec la rédaction de l’usine digitale.

Pour un retour plus efficace des premiers tests de circulation, les trois premiers mois d’expérimentations sont réservés aux employés du groupe ADP, sur la base du volontariat. Ces trois mois d’analyses doivent permettre à Navya d’améliorer la technique de ses véhicules, mais également de se confronter aux freins réglementaires et assurantiels.

Véhicule autonome : plus de compétitivité pour les grands hubs

Si les enjeux sont importants pour Navya, ils le sont tout autant pour le groupe ADP. Le 3e acteur aéroportuaire à l’échelle mondiale voit dans la maîtrise de cette technologie, l’avenir des grands hubs. Aux États-Unis, en Europe et en Asie, le dossier de l’exploitation des véhicules autonomes dans les aéroports est déjà sur la table.

Maîtriser l’usage des véhicules autonomes permettrait aux opérateurs aéroportuaires d’améliorer la qualité de leurs services, tout en désaturant le réseau routier. Une telle innovation ne se limite pas à instaurer des navettes autonomes pour le grand public. C’est l’ensemble du fonctionnement de l’aéroport qui peut en bénéficier, avec par exemple l’instauration d’une flotte de véhicules autonomes pour le personnel, mais aussi pour les bagages.

Le changement, c’est maintenant

L’autre enjeu technologique pour l’opérateur : la gestion de la data. À terme, l’objectif est bel et bien de parvenir à gérer et contrôler l’ensemble de la flotte autonome en temps réel. L’occasion pour le grand public de tester le transport autonome à la demande.

Avec un budget de 200 000 €, l’expérimentation des navettes autonomes fait partie des 15 expérimentations par an menées par le groupe ADP pour imaginer l’aéroport du futur.

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