Le projet d'ascenseur spatial de la NASA
Hier soir, la Commission Astronautique de l’Aéro-club de France et l’Association Grands Projets’21 organisaient une conférence sur l’ascenseur de l’espace afin de s’interroger sur la faisabilité d’un tel projet.
En 2014, TOM parlait déjà d’un projet d’ascenseur de l’espace, mené par une entreprise de construction japonaise et qui pourrait voir le jour d’ici 2050. La conférence menée hier par Jean-Yves Prado, Expert international pour l’espace et ancien ingénieur du CNES, le Centre national d'études spatiales, s’inscrit dans sa continuité.
Pourquoi est-ce que des scientifiques réfléchissent à l’élaboration d’un ascenseur de l’espace ? Selon Jean-Yves Prado, il y a plusieurs raisons. D’abord, pour la réduction de coûts. Les efforts en la matière de Space X, la société aéronautique pilotée par Elon Musk, qui tente de récupérer les étages supérieurs de son lanceur Falcon 9, montre que le secteur de l’aéronautique s’y intéresse fortement. Autre limite des systèmes actuels : le retour sur Terre. « Aujourd’hui, aucune infrastructure n’est capable de ramener une navette en bon état si elle s’est rendue au-delà de l’atmosphère », explique Jean-Yves Prado. L’ascenseur de l’espace se positionne alors comme un bon moyen de rentrée et d’accès à l’espace.
Petite histoire d’astronautique
L’ancien ingénieur du CNES a ensuite continué sur l’historique des recherches sur le sujet. L’idée fondatrice date de 1895, lorsque Constantin Tsiolkowski, regarde la Tour Eiffel et imagine une tour de 36 000 km de haut, qui permettrait d'amener par un ascenseur des charges en orbites. Une deuxième idée arrive bien plus tard, en 1960. Yuri Artsutanov n’imagine plus une tour mais un câble suspendu depuis l'espace permettant le déplacement d’un dispositif similaire à une cabine d'ascenseur. Un groupe d’océanographes et Jérôme Pearsons, ingénieur dans le domaine spatial, s’y sont également intéressés jusqu’à ce qu’Arthur C. Clarke s’empare du sujet dans son roman de science-fiction Les Fontaines du paradis. Le roman, qui reprend l’idée de Yuri Artsutanov, rend populaire le concept d’ascenseur spatial. En 2003, c’est la NASA qui publie un concept moderne de l’ascenseur dans une étude nommée « The Space Elevator NIAC Phase II Final Report ».
Les caractéristiques du projet
L’ascenseur de l’espace pourrait se composer d’un long câble de 100 000 km sur lequel circuleraient des navettes. Un câble réalisé à partir de nanotubes de carbone qui permettent de rendre l’installation plus élastique, conductrice, résistante et de stocker de l’hydrogène. Il pourrait être maintenu tendu par la force centrifuge due à la rotation de la Terre sur elle-même. Selon les calculs de Jean-Yves Prado, l’ascenseur pourrait partir des îles Marquises, Galapagos ou Clipperton. Des lieux où la météo est favorable et où il n’y a pas de lignes aériennes notamment. Autre possibilité, que l’ascenseur parte de la Lune. Cela permettrait de réduire les débris matériaux et d’éviter les problèmes météorologiques notamment.
L’ancien ingénieur n’a pas plus précisé le fonctionnement des navettes. Il a néanmoins évoqué les problématiques qui doivent encore être résolues : la longueur trop peu importante des nanotubes, la gestion et l’évitement des débris spatiaux, les radiations ou encore la question du transfert d’énergie vers les nacelles. Sans parler de la maintenance de l’ascenseur.
Photo d'ouverture : NASA