
A la fin du mois de décembre 2015, l’on apprenait la création d’une joint venture nommée Wizway Solutions créée par quatre mastodontes : Gemalto, Orange, la RATP et la SNCF. Si son but à court terme est de dématérialiser les titres de transport, son but à long terme est bien plus ambitieux…
En 2015, Elisabeth Borne, Présidente-Directrice générale de la RATP, Guillaume Pepy, Président du Directoire SNCF, Olivier Piou, Directeur général de Gemalto et Stéphane Richard, Président-Directeur général d’Orange, se réunissaient pour réfléchir à l’amélioration des déplacements des voyageurs dans les transports, notamment grâce à la technologie sans contact NFC (sans contact). De ces échanges est née Wizway Solutions, une joint venture (=coentreprise) soutenue par le Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique et par le Ministère des Transports. L’objectif de Wizway Solutions est de mettre à la disposition des Autorités Organisatrices de Transports et des transporteurs une solution de déploiement des cartes de transports sur smartphone. « Une alliance exceptionnelle au niveau mondial », commente Louis Brosse, CEO de Wizway Solutions.
74% des possesseurs de smartphone plébiscitent ce genre service
Avec cette solution, les voyageurs possédant des smartphones équipés de la technologie NFC peuvent acheter et valider leurs titres de transport (tickets, cartes, abonnements). Il leur suffit de télécharger l’application du transporteur et de présenter leur téléphone devant les valideurs ou les bornes. Un an de développement et 50 000 tests ont été nécessaires pour la mettre au point. « Nous voulons être totalement invisible pour les voyageurs. Cela veut dire que notre technologie fonctionne », continue t-il. Selon une enquête OpinionWay pour Wizway*, 74% des possesseurs de smartphone veulent pouvoir acheter leurs titres de transport et valider leur voyage avec leur mobile. 40% des Français interrogés pensent même que cela les inciterait à utiliser davantage les transports en commun.
Si la joint venture a décidé de parier sur le NFC, c’est pour une bonne raison : « 80% des portables qui sortent actuellement sont équipés du NFC », explique Louis Brosse. Les transporteurs n’ont pas besoin de se lancer dans de grands chantiers technologiques puisque les valideurs fonctionnent déjà avec le NFC.
Un service en door-to-door, à vocation européenne
« Notre ambition est de devenir un des principaux acteurs européens », déclare le CEO. Le voyageur pourrait ainsi posséder les billets de transport de plusieurs pays sur son mobile et se déplacer sans friction. Mais avant, Wizway Solutions s’intéresse à la France. La joint venture a signé un partenariat avec Strasbourg, qui teste actuellement le dispositif. « Avec l’arrivée des bornes NFC sur les quais de la SNCF en 2018, un voyageur pourra alors prendre le tram à Paris, monter à bord d’un train, puis une fois arrivé à Strasbourg, il pourra prendre le bus », détaille Louis Brosse. Une solution qui accompagne donc le voyageur en door-to-door.
Quels objectifs ?
Wizway Solutions espère atteindre le million d’utilisateurs en 2019. « C’est ambitieux, mais ça peut aller vite. Tout dépend des collectivités, si elles acceptent de créer leur application », explique t-il. A ce rythme, les 5 millions peuvent être atteints en 2021.
Après le ticket de bus…le portefeuille
Si la solution de Wizway permet de dématérialiser les billets de transport, elle pourrait également dématérialiser toutes les cartes qui se trouvent dans notre portefeuille. C’est pourquoi des partenariats avec les villes peuvent être intéressants. La carte de piscine, la carte de fidélité du supermarché ou la carte de parking, tout pourrait être centralisé dans son mobile. Quant au paiement, les constructeurs proposent déjà la fonctionnalité. Et si la personne perd son téléphone ? Wizway est connecté aux 3 principaux opérateurs français (Orange, SFR et Bouygues) et peut stopper le fonctionnement de ces cartes dématérialisées. « Et pour aller plus loin, on pourra même envisager d’intégrer la carte d’embarquement d’avion ou la clé de l’hôtel », continue le CEO. Avec une telle technologie intégrée aux wearables, c’est même sa montre qui pourrait permettre de faire toutes ces choses.
*Etude OpinionWay réalisée auprès d’un échantillon de 1058 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus