Plusieurs chercheurs et professeurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne travaillent sur un projet de transport futuriste initié en 2008. Nommé Clip-Air, le projet propose un concept d’aile volante capable de transporter des capsules mobiles et amovibles. Un moyen de transporter un grand nombre de voyageurs par les airs, mais aussi sur la terre et sur la mer, sans qu’ils n’aient besoin de se lever de leur siège.
Voilà un projet qui pourrait révolutionner la manière de voyager. Clip-Air prévoit de transporter des passagers dans des capsules, à la manière des conteneurs modulaires actuellement utilisés dans le transport maritime, ferroviaire et routier. Un système futuriste imaginé par une équipe de chercheurs et de professeurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, pilotée par Claudio Leonardi, qui a notamment travaillé sur le Solar Impulse.
Le projet est né en 2008 de plusieurs constats. « Le transport aérien n’a pas vraiment évolué, estime Claudio Leonardi, rencontré à l’occasion des Entretiens de Vixouze, Pourtant, les voyageurs sont de plus en plus nombreux ». S’ajoute à cela la nécessité de réduire son impact environnemental. C’est pourquoi l’équipe a imaginé ce concept de capsules. Le projet repose sur une aile volante qui serait capable de transporter de 1 à 3 capsules à la fois. « Ces capsules pourraient transporter des passagers, des marchandises ou même de l’hydrogène pour faire fonctionner le tout », détaille Claudio Leonardi. Actuellement de la taille d’un avion A320, elles pourraient aussi être de taille inférieure. Elles se composent d’un véritable fuselage d’avion, mais ne possèdent pas de moteur, de cockpit ou de train d’atterrissage. Tout est contenu dans l’aile volante, la structure porteuse de l’ensemble, qui ressemble à une grande carcasse d’avion.




Bien plus qu’un avion, un nouveau mode de transport
Si on comprend bien l’intérêt que pourrait avoir ce concept dans l’aérien, notamment pour des raisons financières, temporelles et écologiques, son potentiel est en fait bien plus grand. Avec de telles capsules, il serait possible de traverser les airs, les mers et les terres en restant sagement installé dans son siège. Un passager pourrait alors monter à bord d’une capsule, voyager sur un train, puis être « encapsulé » sous une aile volante pour ensuite finir son trajet sur un bateau. Un projet intéressant dans un contexte de door-to-door. « C’est tout un monde modulaire qui s’ouvre à nous », s’enthousiasme Claudio Leonardi. On pourrait même imaginer qu’un tel système fonctionne avec l’Hyperloop afin d’aller plus vite.
Reste encore à savoir comment déplacer ces capsules d’un moyen de transport à un autre. Martin Ellwanger, étudiant en génie civil à l’Ecole polytechnique, a sa petite idée : « On pourrait imaginer un système de grue, comme celles que l’on trouve sur les docks ». Le défi reste de ne pas retourner l’estomac des personnes situées à l’intérieur.
Martin Ellwanger et Claudio Leonardi devant la simulation de vol Clip-Air
Des recherches à concrétiser
Pour le moment, le projet Clip-Air reste seulement l’objet de recherches. D’ailleurs, elles ne sont pas encore achevées. « 4 ans de développement sont encore nécessaires », selon le chef du projet. Si l’équipe est en discussion avec Safran, aucun industriel ne s’est emparé du projet. Il faut dire que plusieurs milliards d’euros devraient être mis sur la table. Airbus serait toutefois en train de travailler sur un projet similaire. Les Etats-Unis s’en seraient aussi emparés, mais dans le domaine militaire. Le grand enjeu selon lui restera de convaincre les Autorités, afin d’obtenir les certifications. Si un tel projet voit le jour, c’est aussi les aéroports et les gares qu’il faudra adapter.