41 millions d'euros. C'est ce qu'a récolté la startup berlinoise lors de sa dernière levée de fonds. Parmi ses actionnaires se trouve désormais Goldman Sachs. De quoi témoigner du potentiel de cette plateforme en ligne qui permet de comparer prix et horaires de tous les modes de transports, et ce, pour aller d'une ville européenne à l'autre. À l'occasion de Viva Tech, TOM a rencontré son fondateur et CEO, Naren Shaam. Ce dernier participait par ailleurs au salon pour une conférence intitulée « Tech Is Making Travel Smoother ».


Quelle est la stratégie digitale de GoEuro ?
Naren Shaam : Nous ne faisons que du numérique, en vendant uniquement en ligne. 70 % de nos ventes s’effectuent par ailleurs sur mobile. Cela a été un choix d’être très présent sur ce device car nous avons constaté une utilisation forte de la part de nos clients. La difficulté a ensuite été d’adapter le langage ou les moyens de paiement utilisés dans chacun des pays européens que nous couvrons. Nous voulons créer une expérience 'paperless', la plus naturelle possible pour l’utilisateur.
Comment allez-vous faire pour couvrir la totalité du réseau de transports ?
Nous couvrons actuellement treize pays grâce à 500 partenaires. Nous travaillons avec pratiquement toutes les entreprises d’Etat de transports et nous ajoutons toujours plus de compagnies à notre réseau. C’est ce notre groupe appelle « coverage ». Le marché est très grand et fragmenté. Un bus pris pour aller dans la ville d’à côté est géré par une compagnie différente de celle qui dessert l’ensemble du pays. Nous en sommes à treize pays et l’Europe en compte vingt de plus. Nous avons encore beaucoup à couvrir. Mais plus nous comptons de pays, plus les voyageurs ont du choix et nous font confiance. C'est comme Amazon. Les utilisateurs ne vont pas sur le site pour acheter le livre le moins cher ou le plus cher, ils y vont parce qu'ils peuvent tout y trouver. C'est notre ambition.
Vous vous appuyez fortement sur la data apportée par vos partenaires. Qu'en est-il des données fournies par vos utilisateurs ?
Aujourd'hui, nous analysons une immense quantité de data provenant de nos partenaires. La difficulté est d’arriver à rassembler les données de tous les acteurs en temps réel, notamment grâce à des algorithmes très locaux. Mais nous ne faisons pas grand-chose avec les données du client. Nous respectons leur vie privée. Etant basés en Allemagne, c’est un sujet important pour nous. Nous ne disposons pas de données clients spécifiques que nous utilisons de manière significative. La plupart de la data que nous obtenons des « consommateurs » représente des agrégateurs : combien de personnes prennent le train, quels autobus touristiques empruntent-ils sur une route spécifique… Vous ne rentrez ainsi qu’une adresse mail et une carte de crédit. Nous demandons également le nom, car certaines entreprises nous le demandent pour des raisons de sécurité — particulièrement avec les événements récents. Mais rien de plus.
Quels sont vos ambitions pour la suite ?
Il y a encore beaucoup à faire en Europe, donc nous allons probablement nous concentrer dessus pendant un moment. Il est très difficile de se fixer une échéance dans notre milieu car nous travaillons principalement avec des réseaux gouvernementaux et les contrats prennent des années à être signés de par toutes les approbations légales. De plus, nous nous appuyons sur une technologie lourde, de sorte que les données peuvent être sous n'importe quelle forme. Par exemple, certaines compagnies de bus ne savent pas où leur propre autobus s'arrête. Un jour, il s’arrête d’un côté de la rue, un autre, il se gare ailleurs. Fondamentalement, obtenir des données propres n'est pas facile. Nous espérons atteindre d'autres marchés dans les prochains 18 ou 24 mois, mais cela pourra être plus court ou plus long. Nous embauchons beaucoup d’ingénieurs et peu de commerciaux car nous n’avons plus besoin de démarcher. La plupart des acteurs du Transport connaissent la valeur de ce que nous leur apportons et viennent à nous.
© Photo du slider : Vincent Guth.

