En septembre prochain aura lieu la toute première édition du Hackathon de l’IFTM Top Resa, un « marathon technologique » co-organisé par les sociétés Sabre et SpeedMedia. Pour l’occasion, Laurent Briquet, directeur adjoint chez SpeedMedia, revient sur les objectifs du challenge alors que le secteur du Tourisme est en plein processus de digitalisation.
Avant tout, estimez-vous que le secteur du Tourisme est innovant ?
Laurent Briquet, directeur adjoint chez SpeedMedia Sevices
Laurent Briquet : Le Tourisme est innovant de base car Internet est son premier secteur d’activité. Cependant, c’est un secteur qui bouge peu au niveau des coûts : il y a quelques sociétés 'locomotives' - meneuses - qui ont les moyens financiers et la R&D nécessaires pour mettre en place de nouvelles solutions, mais la majeure partie des entreprises du Travel, comme les agences de voyages et les tour-opérateurs, ont une marge d’investissements assez faible et ont donc un 'train de retard' en termes de capacités d’innovations. On peut également dresser un second constat : de nombreuses sociétés du Tourisme, notamment les distributeurs, ont longtemps considéré Internet comme un concurrent et non pas comme un outil. Depuis quatre ou cinq ans, la tendance s’est inversée, mais le train est déjà vite parti : les sociétés n’ont pas eu le temps de caler leur budget et leurs compétences sur l’évolution des nouvelles technologies.
En tant que co-organisateur du Hackathon de l’IFTM Top Resa, que représente ce « marathon technologique » pour vous ?
Les Hackathons relève d’un phénomène 'startup' qui pousse les entreprises plus anciennes à enfin bouger. Je parle ici de startups fondées par des personnes ayant déjà de l’expérience dans une entreprise : des entreprises souples qui ont révolutionné les modes de ventes, de commercialisation, d’offre touristique… Depuis deux ou trois ans sur l'IFTM Top Resa, nous tentons de remettre la technologie au cœur du sujet afin de passer cette barrière innovatrice. Les Hackathons permettent donc de se servir des outils technologiques qui sont mis à notre disposition pour avancer et qui font entièrement partie de notre paysage aujourd’hui.
Les équipes de SpeedMedia participent à des Hackathons depuis déjà quelques temps, c’est donc dans les gènes de notre entreprise et cela nous permet de partager nos idées personnelles. De manière souple et adaptable. Nous nous inspirons ainsi de notre expérience pour l’initier pour la première fois dans le secteur du Tourisme. Cela représente un réel pari financier et commercial qui aboutira soit sur une réelle difficulté à rassembler des développeurs, soit sur un franc succès.
Est-ce donc un moyen de dynamiser davantage le salon ?
Nous voulons en effet ajouter une 'touche' plus digitale afin d’animer les rencontres, la technologie étant encore un peu compliquée à aborder. Mais nous souhaitons surtout abandonner le processus d’évangélisation de la technologie au profit de sa commercialisation et de sa rationalisation, car avec l’arrivée des nouvelles générations digitales se crée un réel besoin pour les sociétés plus anciennes, presque hermétiques au numérique, de basculer complètement dans le digital.
Par ailleurs, le Hackathon est comme une 'vitrine' technologique, c’est-à-dire un bon support de communication pour les sociétés du Tourisme qui ont cette étiquette 'techno', sachant qu’elles ne sont pas nombreuses. Au sein du salon, nous voulons développer une relation client dynamique et permettre aux visiteurs d’avoir des échanges intéressants et enrichissants. Nous avons d'ailleurs délibérément choisi de faire plancher les équipes participantes au Hackathon sur un sujet large, qui est au niveau des capacités de compréhension d’un public essentiellement composé de professionnels du Tourisme pas forcément technophiles… Nous avions d’ailleurs tenté l’expérience avec Frédéric Vanhoutte en 2006, lors d'Instantanet, mais les sujets étaient trop orientés 'techno': nous commençons tout juste à inculquer aux acteurs du Tourisme une certaine culture digitale et liée à Internet.
De qui sera composé le jury du Hackathon et quel sera le rôle de chacun ?
Le jury sera composé des membres des sociétés organisatrices et autres intervenants. Les techniciens de SpeedMedia et Sabre vérifieront que nos APIs ont été utilisées à bon escient, qu’elles ont servi à générer de la valeur ajoutée autant sur le plan technique que sur le plan communication des projets exposés. Les membres de ReedExpo, qui ont davantage une approche 'client', détermineront quant à eux si les services proposés par les équipes participantes sont intéressants pour un client lambda. Le jury sera par ailleurs complété par des journalistes indépendants qui participeront à la validation des différents projets. Enfin, il y a un prix du public qui sera essentiellement desservi sur la base du 'j’aime ou je n’aime pas'. Le public jugera ainsi si les services proposés pourraient leur être utiles ou non.
Quelles APIs et quels outils comptez-vous mettre à disposition des équipes participantes ?
Chez SpeedMedia, nous proposons des APIs bien documentées permettant d’accéder aux catalogues des tour-opérateurs, de gérer des systèmes de réservation et des pages de résultats, de réaliser des fiches-produit… Nous mettons également à disposition des équipes du Hackathon, les APIs de Resaneo proposant des moteurs de réservation B2B pour le transport aérien et ferroviaire. Ces APIs sont en lien direct avec les APIs de distribution de Sabre. Elles leur seront d’ailleurs accessibles un peu avant le début du challenge, afin que les équipes puissent prendre connaissances des outils et les assimiler pour mieux préparer et attaquer leur projet. Enfin, nous leur fournissons notre outil CMS afin qu’ils puissent construire leur site, le gérer et gérer son contenu, construire des blocs d’offres et autres.
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