À l’occasion du salon Consensus 2017, Toyota Research Institute (TRI) a annoncé son projet d’intégrer la blockchain au sein des ses projets digitaux afin de sécuriser le secteur Automobile dans le but de rapidement développer un modèle de voiture autonome fiable. Pour ce faire, TRI s'est associé au MIT ainsi qu'à quatre entreprises spécialistes de la blockchain.
Le constructeur automobile nippon Toyota vient d’annoncer son partenariat avec le Media Lab du Massachussetts Institute of Technology (MIT ML). Objectif : explorer la blockchain et en étudier le potentiel pour le secteur Automobile. À l’aide d’un consortium de quatre autres entreprises, Toyota Research Institute (TRI) est en voie de former un nouvel écosystème autour de la mobilité, qui pourrait notamment accélérer le développement des voitures autonomes.
Simplifier le partage des données et sécuriser les acteurs du secteur Automobile
Pour TRI, la blockchain (protocole conçu pour assurer la gestion de l’historique des transactions de manière décentralisée, sécurisée et inviolable) s’avère très utile pour l’industrie Automobile. De manière totalement fiable, la blockchain permettra aux acteurs du secteur de partager leurs données de conduite et celles issues des tests effectués sur les voitures autonomes. « Les données de conduite de centaines de milliards de miles parcourus pourraient être nécessaires pour développer des véhicules autonomes sûrs et fiables, explique Chris Ballinger, directeur financier du TRI et responsable des services de mobilité, dans un communiqué. Les technologies de la blockchain et des 'distributed ledger technologies'* pourraient permettre de regrouper les données issues des propriétaires, des gestionnaires de flottes et des constructeurs pour atteindre cet objectif plus rapidement", ajoute t-il.
En effet, la blockchain pourrait permettre aux entreprises comme aux consommateurs de partager et de monétiser les informations liées à l'utilisation de leur véhicule. À travers une marketplace sécurisée, les acteurs de l'industrie Automobile pourraient également facilement accéder aux données distribuées. Si cela est autorisé par le propriétaire d'un véhicule, la blockchain peut stocker de la data le concernant, relative aux conducteurs et aux passagers. Ces informations peuvent notamment aider à valider un « smart contract » entre deux parties et à gérer les transactions financières sans l'aide d'un intermédiaire - qui surtaxerait les transactions effectuées. Ce système de contrat intelligent pourrait par ailleurs permettre au propriétaire d'un véhicule de verrouiller ou de déverrouiller les portes ainsi que de démarrer ou arrêter le moteur à distance, puisque son identité serait protégée et vérifiée par la blockchain. Les détenteurs de véhicules pourraient même économiser de l'argent sur leurs taux d'assurances grâce à la blockchain. En effet, s'ils autorisent les capteurs de leur véhicule à collecter de la data à tout moment, les conducteurs fourniraient des informations très utiles aux compagnies d'assurances. Ces dernières détiendront les données nécessaires à la mesure des habitudes de conduite de leur clientèle,et auront une vision davantage transparente sur les actions de leurs clients. Une solution efficace pour éviter le risque de fraudes.
Une collaboration avec des entreprises spécialisées dans la blockchain
Outre son partenariat avec le MIT ML, TRI travaille également avec quatre autres entreprises spécialistes de leur domaine, dont la startup allemande BigchainDB. Le jeune pousse berlinoise est en train de développer une interface logicielle pour assurer les échanges de données liées aux tests des voitures autonomes notamment. La startup Oaken Innovations, basée à Dallas, développe quant à elle une application au système « P2P » (Peer-to-peer) qui assurera un service de partage de voiture, d’accessibilité et de paiement dédié à la mobilité. Commuterz, entreprise israélienne, travaille au développement d’une solution de covoiturage et Gem, société californienne, collabore avec Toyota Insurance Management Solutions afin de développer une application d’assurance santé s’appuyant sur la blockchain.
Par ailleurs, TRI travaille en coopération avec Toyota Financal Services (TFS) pour le développement d’outils liés à l’aspect financier de son opération. En proposant un panel de logiciels et d’outils open-source, Toyota espère encourager les entreprises spécialistes du secteur Automobile et qui travaillent sur les véhicules autonomes à rapidement adopter la blockchain. « TRI invitent ses partenaires, actuels et futurs, à collaborer sur la poursuite du développement des applications basées sur les technologies de la blockchain, dans les services liés à l’Automobile et la Data », rapporte un communiqué. Une invitation qui concerne bien évidemment les entreprises du Transport dans le Tourisme et les sociétés développant aujourd'hui des modèles de voitures autonomes.
Cette initiative de la part de Toyota montre bien le potentiel de la Blockchain pour toutes les entreprises. Elles pourront toutes rendre anonymes les données pour s'en servir et rassurer leurs clients, faciliter le paiement, donner la possibilité de s'identifier ou définir le prix d'une assurance en fonction des comportements.
* La Distributed ledger technology (DLT ou « technologie de registres distribués »), est une technologie s’appuyant sur une base de données consensuellement partagée et vérifiable par plusieurs parties. Elle est synchronisée au sein d’un réseau digital déployé sur de multiples sites, institutions ou territoires. La blockchain est une DLT.
© Photo du slider : Toyota