
Pour la huitième année consécutive, Deloitte publie sa nouvelle édition des Tech Trends. Dans cette étude de 108 pages, le cabinet identifie huit grandes tendances technologiques qui représenteraient des opportunités pour les entreprises qui les mettraient en place : le numérique sans frontières, le dark analytics, l’intelligence des machines, la réalité mixte, l’architecture incontournable, Everything as-a-service, la blockchain et enfin les technologies exponentielles.
Cette année, dans l'étude « Tech Trends 2017 » publiée par Deloitte, les innovations présentées sont étroitement liées à « l’entreprise cinétique », une organisation prête à évoluer dans un environnement en constante évolution. Avec ce rapport, le cabinet d'audit souhaite donc « accompagner [les entreprises] dans la mise en oeuvre de stratégies qui vont permettront de puiser l’énergie cinétique nécessaire au coeur du mouvement de transformation en cours », introduisent les auteurs.
Le cabinet commence par réajuster ses prédictions précédentes. Ainsi, les périphériques connectés ou « intelligence des actifs » ne constituent pas encore un phénomène disruptif. Mais appuyée par les nouvelles applications de l’Internet des Objets, cela ne saurait tarder. De même, le protocole de rupture que Deloitte jugeait nécessaire pour faire émerger la tendance des identités numériques sera déjà mis en place grâce à l’émergence de la blockchain. L'émergence des technologies suivantes, en revanche, devrait s'observer dans les 18 à 24 mois prochains :
Le numérique sans frontières
Alors que la Direction des systèmes d’information (DSI) se transforme, les équipes en charge nouent de nouveaux types de partenariats avec des startups, incubateurs et laboratoires pour « servir plus efficacement » les clients. Le but est de repenser le développement numérique et les modèles d’exploitation. Le tout, pour renforcer la collaboration au sein de l’entreprise, mais aussi au-delà de ses frontières.
Pour cela, la DSI doit voir plus loin que ses expériences et domaines d’expertises. Le rapport cite l’exemple de la banque Capital One Financial Corp. Ayant pour objectif de devenir une société à la pointe de la technologie, cette dernière a développé des équipes dédiées à ses propres produits. En sept ans, l’organisation a créé des centaines d’applications dans le cloud et propose désormais des services innovants à ses clients.
Chez Salesforce, l’approche est « axée sur le client pour mettre en cohérence et améliorer les opérations et les stratégies numériques, déclare son CIO Ross Meyercord dans l’étude. En comprenant les besoins technologiques de nos clients internes — les employés de Salesforce — […] nous avons fait des progrès significatifs pour briser les frontières qui séparent la DSI des employés. » Ainsi, en se basant sur ces expériences, Deloitte s’attend à ce qu’un nombre croissant d’entreprises adopte la tendance du « numérique sans frontière » dans les prochains mois.
Le dark analytics
Les intérêts de l’analyse de la data se précisent de jour en jour : compréhension des performances de l’entreprise et des besoins des clients, enjeux stratégiques, aide à la prise de décision… Mais de nouveaux filons d’informations pourraient se trouver dans des données non structurées, la plupart non exploitées. Car selon l’étude, de nombreuses organisations se contentent d’analyser des silos de données pour constituer un rapport statique, souvent limité à un département.
Pourtant, les conditions semblent réunies pour que d’ici à deux ans, les DSI des entreprises ayant développées les technologies du domaine de l’analytics commencent à explorer le « dark analytics ». Ces données non structurées — SMS, e-mails, documents contenant du texte, fichiers audio, photo et vidéo, intégration du web invisible — pourraient permettre aux organisations d’identifier un avantage concurrentiel décisif ou de nouveaux modèles économiques, dans un contexte hyper-concurrentiel. Selon l’International Data Corporation, d’ici à 2020, « 33 % de cet univers de données contiendra de l’information ayant potentiellement de la valeur ».
Greg Powers, vice-président en charge de la technologie des services pétroliers Halliburton, déclare même : « Il y a tellement de valeur potentielle à exploiter dans ces masses de données que je préfère renverser le concept : je ne les appelle pas “dark data”, mais “bright data”. »

L’intelligence des machines
Alors que l’intelligence artificielle est de plus en plus exploitée par les entreprises, elle fait en réalité partie d’un ensemble plus large : l’intelligence des machines (IM). Cette IM permet notamment de développer des outils comme le machine learning, le deep learning, le cognitive analytics, la robotics process automation ou encore les bots. Les dépenses liées à ces technologies devraient par ailleurs atteindre les 31,3 milliards de dollars en 2019, d’après le guide des dépenses 2016 de l’International Data Corporation.
L’objectif de l’intelligence des machines et d'automatiser totalement, dans les organisations, les processus répétitifs à faible valeur ajoutée qui nécessitaient un travail humain. La performance des salariés et l'expérience des clients s’en voient ainsi améliorées. Elle peut également fournir une vision détaillée sur des évènements passés, actuels et à venir pour permettre la mise en place de stratégies prédictives.

La réalité mixte
Les modes d’interaction avec la technologie sont complètement transformés par les avancées dans les réalités virtuelle et augmentée. D’autre part, les investissements dans l'Internet des objets — extension du Web à des choses et à des lieux du monde physique — se multiplient. L’ensemble de ces innovations constituent la réalité mixte. De nouveaux environnements formés d’objets physiques, de composants digitaux et de données présentent de nombreuses possibilités.
Le rapport évoque un « changement de paradigme complet par rapport aux claviers et autres écrans plats qui peuplent encore notre quotidien ; il s’agirait sans doute de l’avancée la plus signification de notre ère technologie pour l’engagement des utilisateurs. » Ainsi, une entreprise étant capable d’obtenir une compréhension cognitive de l’utilisateur par la machine pourrait totalement transformer son efficacité, notamment en matière des ventes ou du service client.
Néanmoins, de nombreux défis entourent encore la réalité mixte en termes de sécurité et de confidentialité, de support, de contenu… Le développement de ces technologies et ses applications devraient se préciser dans les années à venir.

L’architecture incontournable
D’après le « 2016 Global CIO Survey », 46 % des 1 200 dirigeants interrogés identifiaient la simplification des architectures des systèmes informatiques comme une priorité de leur organisation. Les DSI essaient ainsi de revitaliser le cœur de leur système historique, notamment à travers l’automatisation et la mise en place de plateformes autonomes. Les approches se tournent également vers l’open source, le cloud, les standards ouverts, la virtualisation…
Seulement, ce ne sont que les premières étapes sur le chemin de la modernisation. Selon Deloitte, la tendance émergente en termes d’architecture des systèmes informatiques est la généralisation. De nouvelles plateformes virtualisées, réutilisables et reconfigurables ont démontré leur efficacité dans le milieu des startups. En effet, cette « architecture incontournable » génèrerait les fondations nécessaires au « développement et au déploiement rapide de solutions flexibles, innovantes et génératrice de croissance ». Au-delà d’une réduction des dépenses, les responsables informatiques seraient libérés des tâches de maintenance. Ils pourraient être mobilisés sur des activités à plus forte valeur ajoutée, comme le déploiement de nouvelles technologies.
Everything as a service (XaaS)
Déjà identifiée dans les précédents rapports publiés, la dernière transformation de la DSI, est de proposer à son utilisateur — collaborateur ou client de l’entreprise — l’ensemble de ses services digitaux à travers une seule interface. Il s’agit, dans un processus de modernisation, de considérer les outils informatiques comme des services en ligne. Une stratégie qui, selon Deloitte, crée des conditions favorables à l’émergence de nouvelles sources de revenus et qui permet de maximiser l’offre.
La blockchain, économie de la confiance
L’économie du partage se heurte actuellement au problème de la confiance, qui repose sur l’identité digitale et la réputation de la marque. Le rapport identifie ainsi la blockchain — technologie de stockage et de transmission d’informations transparente et sécurisée — comme une accélérateur de l’économie du partage. Il lui donne le rôle « d’agent de confiance », de par des scores de réputation certifiés et la mise à jour en temps réel des informations des membres du réseau.
Néanmoins, Deloitte rappelle que ce n’est pas une « solution miracle » et qu’elle n’est applicable qu’à des cas d’usages adaptés. Elle représente un investissement non négligeable. Ainsi, Deloitte présente une matrice de décision pour valider la pertinence de sa mise en place :

Les technologies exponentielles
Pour cette dernière tendance, le cabinet conseille aux DSI des entreprises de garder un œil attentif sur les technologies non matures, mais avec un fort potentiel de rupture. Nanotechnologies, biotechnologies, technologies quantiques… Elles pourraient avoir des répercussions profondes sur les activités des organisations et représentent des opportunités sans précédents pour ces dernières. « Dans les trois à cinq prochaines années, attendez-vous à voir émerger une multiplication de déploiements pionniers de ces technologies autrefois futuristes », écrit-il. Ainsi, Deloitte développe les spécifiés de quatre de ces forces exponentielles : la nano-ingénierie des matériaux, le stockage de l’énergie, la biologie synthétique et l’optimisation quantique. Elle conclut : « Ne vous laissez pas endormir par l’inaction. Il est temps de se mettre en mouvement. »

Pour accéder à l’étude complète, c’est ici.
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