Il y a deux mois, dix-sept groupes étaient mis en place par le gouvernement pour définir les grandes orientations de la France en matière d’intelligence artificielle. À travers vingt thématiques, ces équipes ont identifié les défis à relever. Elles proposent des recommandations concrètes à mettre en œuvre pour développer ce potentiel ces prochaines années.
Le gouvernement a récemment publié un rapport sur ses recherches autour de l'Intelligence Artificielle. Pour écrire cet épais document de 350 pages, 559 personnes ont été interrogées (chercheurs, directeurs de recherche, entrepreneurs, représentants de grandes entreprises) et se sont réunies en groupes de travail. 559 personnes travaillant pour mettre en place une stratégie nationale en matière d’IA (intelligence artificielle).
Car cette dernière connait depuis cinq ans une accélération inédite. Et le marché prévoit d’être prometteur : son impact dans les entreprises est estimé à plus de 36 milliards de dollars d’ici à 2025, selon une étude du cabinet d’analyse Tractica. Une augmentation de plus de 50 % par an.
Etat des lieux : les startups, au centre de la dynamique
Le diagnostic effectué dans le cadre de la démarche « France Intelligence Artificielle » confirme que la France dispose « de tous les atouts nécessaires pour anticiper et exploiter le potentiel de progrès scientifique, social et économique porté par l’intelligence artificielle », selon le rapport.
Au centre de la dynamique se trouvent les startups spécialisées dans le domaine : en 2016, elles étaient plus de 1 600 dans le monde recensées par la plateforme d’intelligence économique CBInsights. Les investissement dans ces jeunes-pousses sont par ailleurs passés en cinq ans de 415 millions à 5 milliards de dollars, selon l’étude du gouvernement. Elles sont ainsi identifiées comme les locomotives de l’IA en France. Une dynamique également possible grâce à la French Tech, notamment et aux dispositifs permettant la création et le développement d’entreprises. Tout ce qui permet à la France d’être une « startup nation ».
Néanmoins, ces startups « tirent la demande de formation dans les domaines technologiques et scientifiques ». De nouveaux métiers spécialisés doivent être créer : data scientists, knowlegdge engineers, designers de personnalité d’intelligence artificielle et spécialistes de la mise à disposition intuitive des données. Il est nécessaire de former davantage d’experts. Ils sont pour le moment 5 300 en France plus ou moins spécialisés dans l’IA. Cette dernière transformera les métiers et activités. Son impact sur l’emploi est « une des sources principales d’inquiétude. »
59 recommandations
L’intelligence artificielle est définie comme source d’innovation sous toutes ses formes. Elle va profondément transformer les usages, les services et produits, les modèles économiques…. C’est pour cela que les groupes de travail ont identifié sept segments d’activité qui risquent d’être profondément impactés par l’IA: la construction automobile (avec le véhicule autonome), les problématiques de la relation client, de la finance, de la santé, des énergies renouvelables, de la robotique et de l’éducation numérique. Pour chaque thématique, ils ont apporté des recommandations pour développer le secteur. En tout, cinq-neuf indications ont été précisées dans le rapport. En voici plusieurs exemples :
Le groupe de travail de la recherche en amont propose de créer un centre pour l’IA, lieu de rencontre entre académiques et industriels voulant lancer un projet commun. L’objectif : renforcer et accélérer leur coopération.
Au sujet de la formation est évoqué la préparation des citoyens à l’interaction avec des IA. Ainsi, un enseignement « IA, traitement des données et sciences numériques » pourrait être instauré de l’école primaire au lycée.
À propos du développement des écosystèmes, le groupe de travail souhaiterait positionner la French Tech comme référence dans le monde en matière d’IA. Ainsi, il préconise de développer une initiative ambitieuse pour animer l’écosystème français. Le tout, pour accroire la vision des startups tricolores à l’international.
Si l’on prend l’exemple de la relation client, l’une des recommandations est le positionnement des acteurs sur un vecteur majeur de l’IA dans le quotidien du consommateur : les assistants de vie. Pour cela, pourraient être lancés des appels à projet sur ce sujet, potentiellement adossé à un label, afin de développer la confiance pour l’utilisateur.
Toujours sur la même thématique, le groupe de travail recommande de valoriser les opportunités de carrière que permet l’application de l’IA à la relation client. Il faudrait ainsi lancer des campagnes d’information sur les métiers d’avenir, rénover les formations, développer les cursus vers de nouveaux profils, ainsi que réaménager l’offre de formation initiale.
Pour développer le véhicule autonome, la disponibilité de cartographies haute définition doit être garantie. La création d’une base de données européennes est recommandée pour enrichir ces cartographies en temps réel et permettre le fonctionnement optimum des véhicules autonome.
L’équipe travaillant sur les impacts sociaux économiques a quant à elle réfléchi à la problématique de la complémentarité humain-machine. Elle propose de mesurer l'interchangeabilité des tâches. Le but est d’optimiser le potentiel de l’intégration de l’IA, d’identifier les apports que peut avoir la technologie pour améliorer le travail et de créer de nouveaux services et emplois.
Quoiqu’il en soit, l’IA s’insinue petit à petit dans les activités quotidiennes. Des chatbots au machine learning, elle touche aussi le domaine du Tourisme. Les recommandations et enjeux reconnus dans le rapport pourraient bien concerner plus d'un acteur touristique.
Pour lire le rapport en intégralité, c'est ici. Pour sa version simplifiée, c'est ici.
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