Airbnb poursuit son ascension en France

6,5 milliards d'euros. C'est ce qu'à pesé Airbnb dans l'économie française en 2016.

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Mathilde Ragot

7 avril 20173 min de lecture

Airbnb_France
© Archives Travolution

6,5 milliards d'euros. C'est ce qu'à pesé Airbnb dans l'économie française en 2016. Malgré les accusations de concurrence déloyale, la plateforme maintient son essor en France – et dans le monde.

59% des clients qui réservent des logements Airbnb dans l'Hexagone sont eux-mêmes Français. La plateforme communautaire de location entre particuliers séduit en effet les Tricolores. La licorne, lancée il y a dix ans, continue son ascension dans le pays. Un phénomène qu’illustrent les derniers chiffres publiés, calculés par le cabinet Asterès* pour l’entreprise :

  • L'impact d'Airbnb sur l’économie française serait de 6,5 milliards d’euros en 2016. Cela fait de la France le deuxième marché de l'entreprise, après les Etats-Unis. En 2015, sa contribution était bien moindre, avec 2,5 milliards d’euros. Sont pris en compte les dépenses des voyageurs et les revenus des hôtes, mais également les dépenses indirectes durant le séjour, comme les restaurants, les transports, le shopping, ou les loisirs par exemple. La plateforme aurait ainsi soutenu 30 600 emplois, contre 13 300 l’année dernière.

  • La communauté compte 300 000 hôtes dans l’Hexagone, contre 180 000 en 2015. En 2014, elle n’était que de 90 000. Plus de 400 000 annonces sont aujourd’hui disponibles sur le site français d’Airbnb, réparties dans 19 villes différentes. Les hôtels tricolores, à titre comparatif, totalisent 650 000 chambres.

  • 8,3 millions de voyageurs ont loué un appartement sur la plateforme en France, soit deux fois plus qu'en 2015. Paris est la première ville du monde, devant New-York et Londres. Mais l’écrasante majorité des logements proposés, 80 % d’entre eux, sont situés dans le reste de la France. Ce sont ainsi les zones rurales qui enregistrent la croissance la plus fulgurante. À la montagne par exemple, 25% des logements Airbnb n’étaient pas en location auparavant.

  • En moyenne, les hôtes encaissent 2 100 euros par an, pour 26 nuits. Le site touche une commission sur chaque location : 3 % sur l’hôte, entre 6 et 12 % sur le voyageur.

Mise à mal du modèle

Un tableau quelque peu assombrie par la mise à mal du modèle économique de ces nouveaux services émergents, que sont Uber ou Airbnb. L’entreprise californienne, valorisée à 30 milliards de dollars, a vu le ton se durcir dans plusieurs métropoles. À New-York, les propriétaires ne peuvent louer leur logement que pour une durée inférieure à 30 jours. Des séjours diminués également à Londres, Amsterdam et San Francisco. À Berlin, une autorisation est nécessaire pour mettre son appartement en location.

Des restrictions qui touche également la marque en France. 800 professionnels de l’hôtellerie ont porté plainte contre l’entreprise, aux motifs de pratique commerciale trompeuse, exercice de l’activité d’agent immobilier sans carte professionnelle et exercice illégal de l’activité de prestataire de services de paiement. Une information judiciaire a ainsi été ouverte pour concurrence déloyale aux professionnels du Tourisme. La loi Lemaire, promulguée en octobre dernier, impose ainsi aux hôtes de s'enregistrer en mairie. Elle introduit également un plafond maximum de 120 nuitées par an.

Malgré cela, Airbnb continue son ascension vertigineuse, en France comme dans le monde. La plateforme s'est par ailleurs récemment lancée à la conquête du marché chinois, l'un des seuls où elle n'est pas dominante.

* Les résultats de ce rapport sont fondés sur des données concernant les hôtes et voyageurs Airbnb en France entre janvier 2016 et janvier 2017.

© Photo du slider : Pedro Gandra.

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