Zunum Aero est une startup basée dans l’Etat de Washington, aux Etats-Unis, qui compte bien révolutionner les liaisons aériennes régionales dans le pays. Son équipe d’ingénieurs et de pilotes développe un projet d’avions électriques et promet déjà des vols pour la prochaine décennie. S'ils sont pour le moment hybrides, l’ambition est de concevoir des avions complètement électriques pour 2030.
Le premier projet d’avion de ligne a été rendu possible grâce aux progrès de ces dernières années en matière de moteurs électriques et de batteries : l’engin développé par Zunum Aero est équipé d’un aéronef hybride-diesel, c’est-à-dire qu’il est également muni d’un moteur thermique qui prend le relai quand les batteries du moteur électrique tombent à plat. Une technologie qui lui permet de parcourir jusqu’à 700 miles (1100 km) – soit une liaison Seattle / San Francisco. S’il ne peut pas embarquer plus d’une dizaine de passagers, il serait rapide à assembler.
À plus long terme, Zunum Aero compte sur les avancées en matière de stockage d’énergie et de motorisation pour créer, dès les années 2030, un appareil capable de transporter une cinquantaine de passagers et pouvant parcourir jusqu’à 1000 miles (1600 km).
Écologique et économique
À travers le développement de cet avion, la startup tente de répondre à plusieurs problématiques. Tout d’abord, « les vols de courte distance produisent plus de 40 % des émissions de l’aviation » écrit-elle sur son site internet. Avec la technologie utilisée, l’appareil rejetterait 80 % d’émissions polluantes en moins qu’un avion traditionnel. De plus, il serait beaucoup moins bruyant, avec un niveau de décibels 75 % inférieur à la moyenne – soit le bruit d’une plage calme.
Selon les créateurs de l’avion, ce dernier permettrait à une compagnie aérienne de réduire de 40 à 80 % ses coûts d’exploitation par vol. Une promesse qui séduit les acteurs de l’aérien, puisque que la startup a annoncé avoir reçu un investissement de la part de Boeing et de la compagnie aérienne JetBlue Airways.
© Zunum Aero.
Les opérations de contrôle avant et après embarquement seraient également fluidifiées, notamment grâce à des contrôles de sécurité plus rapide dans les petits aéroports et à une installation ou un échange de recharge plus rapide sur le tarmac. Le PDG de Zunum Aero, Ashish Kumar, affirme que le temps que prendrait le même trajet en voiture, en train, ou même en avion classique serait divisé par deux, voire par quatre avec ces nouveaux appareils.
Pour concurrencer le marché
Malgré un nombre d’aéroports des plus importants au monde, 97 % du trafic américain est couvert par seulement 140 infrastructures aéroportuaires. Selon le World Factbook de la CIA, les Etats-Unis comptabiliseraient plus de 14 800 aéroports, dont plus de 5 100 avec des voies goudronnées. Zunum Aero mise donc sur un marché régional peu exploité, pour mailler plus étroitement le territoire. Peu exploité, certes, mais qui concurrencerait tout de même les aviateurs Embraer et Bombardier, actuellement leader sur ces liaisons courtes.
Quant au domaine de l’électrique, Airbus – qui était leader sur le transport aérien électrique avec le lancement de l’E-fan en 2011 – a annoncé en mars dernier abandonner ce projet. La startup anglaise Wright Electric a également déclaré vouloir mettre en place une ligne Paris-Londres assurée par avion électrique d’ici dix ans. Mais l’ambition n’est pour l’instant qu’au stade théorique : Wright Electric n’a pas encore conçu d’appareil. Elle fait actuellement appel à Chip Yates, le concepteur du Long-ESA, engin électrique le plus rapide au monde. Un projet qui entre, comme celui de Zunum Aero, dans la mouvance du Solar Impulse 2, le premier avion à avoir parcouru 40 000 km uniquement à l'énergie solaire, sans une goutte de carburant.