Aéroports de Paris investit dans les startups pour développer les technologies qui constitueront l'aéroport du futur. La société se dote d'un fonds d'investissement de 16 millions d'euros, pour les aider à monter leurs projets dans un espace spécialement conçu pour l'innovation : l'« Innovation Hub », à deux pas du Terminal 1 de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Dans ses nouveaux locaux flambant neufs, vaste complexe au pied des pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, le groupe Aéroports de Paris inaugurait mercredi son « Innovation Hub ». Ce programme, qui entre dans le cadre de son plan stratégique « Connect 2020 », est doté d'une enveloppe de 16 millions d'euros. C’est « la rencontre d’une paranoïa et de jeunes talents », introduit le PDG Augustin de Romanet. Paranoïa d’une perte de compétitivité pour cette entreprise créée en 1945 : « La pérennité de notre collectivité résidera dans notre capacité à innover. » Mais plus que des ambitions, ce hub est concrétisé par un espace technologique de plus de 300 m2 pour accompagner les projets expérimentaux qui feront l’aéroport de demain. « C’est un lieu ouvert, professionnel, propice à des recherches pour augmenter notre satisfaction client », continue-t-il. « Chaque innovation a jusqu’à un an pour faire ses preuves », explique Edward Arkwright, Directeur Général Exécutif du Groupe. ADP met à disposition un lieu donc, mais également l’expertise de ses partenaires et des capacités de financement.
Edward Arkwright présentant l'Innovation Hub du groupe ADP. Trois priorités Si « la liberté d’entreprendre est totale », selon les mots du directeur, trois priorités ont été définies pour développer la stratégie d’innovation des aéroports de Paris – que sont Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG), Orly et le Bourget notamment.
Concevoir un "smart airport". Le but est de développer une infrastructure intelligente. Les attentes du client-passager évoluent vite. ADP doit donc être capable de lui proposer un service personnalisé, en théorie difficile à mettre en place avec le flux de visiteurs – 180 000 passagers par jour pour CDG – mais possible grâce à la digitalisation.
Développer les nouvelles mobilités entre la plateforme aéroportuaire et la ville centre. Grâce au numérique, les liaisons peuvent être optimisées. « La connectivité à CDG est parmi les meilleures d’Europe en termes de satisfaction client, précise Edward Arkwright, mais on peut toujours s'améliorer. »
S’appuyer sur la robotique. La mise en place massive de sas Parafe système à reconnaissance biométrique, par exemple, accélère le temps de passage à la frontière. Un point sensible, qui devait être travaillé dans les aéroports parisiens. « On espère passer du digital à la reconnaissance faciale dès 2018 », ajoute-t-il.
Qui s’appuient sur trois leviers Pour suivre ces trois axes définis par ADP, le groupe compte bien s'appuyer sur trois leviers complémentaires : 
Le programme Open diffuse l'innovation en s’appuyant sur un écosystème riche constitué d’incubateurs, d’institutionnels, d’autres aéroports, de grands groupes ou encore d’académiques. Des évènements et conférences seront donc organisés, notamment dans ce nouvel espace dédié, l' « Innovation Hub ». Une manière également d’instruire les salariés d’ADP sur les nouvelles tendances de l’économie numérique.
Le programme Connect permet que l’innovation soit expérimentée. Les startups sont accompagnées dans le but d’accélérer la réalisation de leur projet. Pour cela, elles peuvent s'appuyer sur une logique de partenariats qui couvre l'ensemble des métiers aéroportuaires. Sont déjà en cours d’expérimentation le Big Data avec Safety Line, la solution d'intelligence artificielle avec Destygo, l’optimisation de l’exploitation d’un terminal avec PACIFA Decision,ou encore le développement d’un robot qui gare automatiquement les voitures dans les parkings de l'aéroport avec Stanley Robotics. Un système de navettes autonomes électriques sera aussi, dès la fin 2017, mis en place entre la gare routière et le siège de l'entreprise pour les employés.
Le parking facile avec Stanley Robotics.
Un accompagnement personnalisé des clients avec Destygo.
Le BigData appliqué à l’aéronautique avec Safety Line.
L’aéroport dans la poche avec Vasco, outil de PACIFA Decision.
- Le programme Invest met à disposition une enveloppe de 16 millions d'euros sur cinq ans, afin de soutenir le financement de la première – ou de l'une des premières – levée de fonds des startups. Ce dispositif est complété par des souscriptions à des fonds externes complémentaires (Cathay Innovation, Elaia Partners, XAnge).
L’aéroport, lieu de visibilité pour les startups
Espace Business, Terminal 2F de CDG. © ADP. Avec ses 240 millions de passagers accueillis en 2016 dans ses 23 aéroports gérés dans le monde, le Groupe ADP vente un véritable espace de visibilité pour les jeunes pousses. Trois espaces Business ont d'ailleurs été mis en place à CDG, deux à Orly. Ils permettent aux créateurs de startups de rencontrer de nombreux hommes d'affaires qui attendent de prendre leur avion. 100 startups ont déjà pu pitcher dans ces lieux et gagner en notoriété. Une visibilité accrue par la publication d'une présentation dans le magazine du groupe, Paris World Wide. La conception d’un quatrième terminal est prévu d’ici dix ans à CDG : « Le Terminal 1 a été construit dans les années 1960. Le Terminal que l’on va construire demain doit se maintenir jusqu’en 2070. On ne peut pas se tromper », déclare Edward Arkwright. Le niveau de satisfaction client de CDG est pour le moment de 3,76 sur 5. « Il est dans la moyenne par rapport aux autres aéroports européens », affirme le Directeur Général Exécutif. ADP espère l'augmenter à 4 sur 5 d'ici la fin de l'année. « On parle d'aéroport de demain avec l'apport de nouvelles technologies, mais il restera un aéroport humain », conclut-il. L'entreprise lance ainsi son challenge d'innovations « Play Your Airport ». Collaborateurs du groupe, étudiants, grand public et startups sont invités, entre mai et décembre 2017, à imaginer l'aéroport du futur.