Le Plateau, hub-innovation du groupe Société Générale, accueille depuis peu dans ses locaux la startup FLYOFF. Son fondateur, Clément Garrigue, a développé une application mobile d’inspiration où le voyageur fixe le prix pour lequel il est prêt à partir sur un billet d'avion. Un système qui permet aux compagnies aériennes d'optimiser leurs ventes, notamment en remplissant leurs sièges vides.


Comment le concept de FLYOFF est-il né ?
Clément Garrigue : Avant tout, je suis un passionné de voyages. J’adore me déplacer spontanément, de manière imprévue. Le problème, c’est que c'est souvent cher. J'ai fait beaucoup de stop. C’est comme ça que m’est venue l’idée de développer une solution à ce besoin de spontanéité chez les millenials, les jeunes cadres dynamiques, les freelances digitaux… Mais également chez les jeunes retraités de la silver économie, qui n'ont pas peur d'utiliser Airbnb. J’avais envie de créer une plateforme complémentaire pour rendre plus accessible cette façon de voyager différemment, tout en valorisant les sièges vides dans les trains et les avions.
Comment fonctionne FLYOFF ?
Notre application est différente de celles déjà connues jusqu’à maintenant. Le voyageur propose une hypothèse de prix pour lequel il est prêt à partir, sa ville de départ, la durée de son voyage et le nombre de passagers. Sur le même principe que Tinder, l’utilisateur peut faire plusieurs propositions sur ses destinations préférées avant d’avoir un match. Une expérience fluide et ludique. Par contre, nous ne garantissons pas qu'il ait match et donc départ. Nous avons pour le moment une communauté d’utilisateurs bêta, limitée à 2 000 personnes de par le système utilisé. Des réservations ont déjà été effectuées. L’objectif est de faire voyager des gens qui ne partent pas, bloqués car le tarif de dernière minute est trop cher.
Pourquoi parlez-vous d’application mobile d’inspiration ?
Deux facteurs poussent le voyageur à partir ou non : le prix et l’intérêt pour la destination, augmenté par la partie inspirationnelle de notre application. Pour cela, nous allons chercher des posts de différentes destinations sur Instagram. Nous contactons leurs émetteurs et nous réutilisons ces vidéos sur notre propre compte et sur l’application. Si cela leur permet de gagner en visibilité, ils nous concèdent un contenu plus authentique, car généré par des utilisateurs.
En quoi est-ce avantageux pour les compagnies aériennes ?
Premièrement, on leur ramène de la clientèle additionnelle. On rajeunit leur image de marque, en la rendant digitale, innovante et connectée. La compagnie accepte de créer du contenu différent que celui qu’elle propose de manière publique et elle le distribue via FLYOFF. Elle apparaît comme une entreprise innovante qui s’adapte aux nouveaux modes de consommation et qui se rapproche de ses clients.
De plus, dans l’aérien, il y a 20 % de sièges vides en moyenne chaque année, et ce depuis dix ans, généralement sur des créneaux creux. Grâce au mobile, on est capable de faire de la distribution en temps réel, de revaloriser ces inventaires périssables. C’était crucial pour nous de développer quelque chose de complémentaire, de ne pas casser le modèle économique des compagnies. Notre particularité, aussi, est qu'on se connecte directement à leurs systèmes. L'offre est mise en place en deux semaines, ce qui nous permet d’être très réactif.
Quels sont vos objectifs ?
Notre objectif premier est de finir la levée de fonds – 500 000 euros pour agrandir l’équipe – afin de sortir une version grand public dès septembre. On est pour le moment cinq : quatre développeurs et moi-même, qui m’occupe de la partie commerciale. En décembre, on a lancé un pilote avec Transavia sur dix destinations au départ de Paris. On va désormais essayer d’étendre le périmètre et faire quelques ajustements sur le produit.
Avec l’émergence la spontanéité à travers le mobile, on espère casser les freins au voyage de dernière minute. Mais il existe plusieurs verticales avec l’aérien, le train, l’hôtellerie, les activités sur place... On peut imaginer proposer tout cela à une personne, sept jours avant son départ. Il faut déjà que l’on valide notre modèle de départ, mais ce besoin de spontanéité est amplifié par le mobile. Ces nouvelles générations consomment différemment et demandent de nouveaux produits. Elles représentent tout de même le premier segment de la population active en Europe et aux Etats-Unis.
© Photo Slider : Jakob Owens.

