L’application a l’ambition de transformer notre manière de voyager et de bousculer l’ordre établi par les OTA. En s’appuyant sur la blockchain, elle croise les informations des clients de nombreux acteurs économiques afin de fluidifier à l’extrême leur expérience et d’anticiper leurs besoins. Editée par la Société Winn, elle-même issue d’un partenariat entre Paris Inn Group et My French Link, l’app collabore déjà avec Aéroports de Paris, Sabre, AHTOP, Uber, G7 et FNAC billetterie. TOM a rencontré Grégory Pourrin, Directeur Général de Paris Inn Group.


Pourquoi avoir créé Weeplan ?
Nous avons souhaité nous appuyer sur le digital pour résoudre le problème du temps afin d'en faire gagner aussi bien aux voyageurs qu’aux professionnels. Mais pour rendre service aux touristes de demain, il faut fédérer les acteurs du secteur, c’est-à-dire tous ceux qui, à un moment donné, jouent un rôle avant, pendant et après le voyage. Avec Weeplan, ils vont pouvoir se retrouver dans un éco-système et mutualiser leurs bases de données souvent inexploitées. Par exemple, chez Paris Inn Group, nous avons énormément de données mais nous ne les avons pas encore réellement exploitées. Or, elles ont une durée de vie limitée et peuvent perdre de la valeur. Pour conserver de la valeur, la donnée doit s’auto-alimenter au fil du temps.
Les entreprises qui vont intégrer cet éco-système vont bien rester propriétaires de leurs données, n’est-ce pas ?
Oui, car il ne s’agit pas à proprement parlé d’un pot commun dans lequel tout le monde aurait accès aux données des autres. Les datas seront croisées sur une blockchain donc tout le monde restera propriétaire de ses informations. Ce back-office s’appelle Block Travel. S’ils veulent gagner du temps, les clients pourront de leur côté partager leurs données, comme les informations relatives à leur carte d’identité, leurs coordonnées bancaires, etc. Nous sommes déjà nombreux à le faire avec d’autres acteurs.
Comment cela se présentera pour le client ?
L’application sera extrêmement simple à utiliser et lui permettra de tout faire. Par exemple, en arrivant à l’aéroport Charles-de-Gaulle, je suis géolocalisé grâce au partenariat avec ADP. J’obtiens immédiatement le Wi-Fi et l’app constate que je n’ai pas réservé de moyen de transport. Elle m’envoie un push pour me proposer de réserver un taxi, un VTC ou d’acheter un ticket de RER. La prochaine fois, l’app poussera en priorité le moyen de transport que j’ai choisi. Le chauffeur, doté de l’application, a déjà l’adresse de l’hôtel que j’ai réservé. Comme j’ai accepté de partager mes données avec l’hôtelier, je peux faire un check-in express. L’objectif est donc de perdre le moins de temps possible. Tout est crypté afin de garantir la sécurité des données. Enfin, il y a une couche additionnelle qui va permettre aux différents acteurs de faire des suggestions d’activités, comme une visite de musée ou une place de cinéma. Admettons qu’un client aime les restaurants asiatiques, le foot et les bars animés. A la réception de l’hôtel, on sait qu’il y a un match ce soir et on va lui demander s’il souhaite y aller. S’il réserve, l’hôtelier va être commissionné tout comme le chauffeur de VTC. On pense en effet que toutes ces personnes ont participé à cette vente. On peut en effet imaginer que le chauffeur ait demandé 'Est-ce que vous venez pour le match de ce soir ?'. Le but est d'améliorer à l’extrême l’expérience du voyage. Il faut que le client ait un effet 'waouh' à chaque étape, que ce soit aux Galeries Lafayette, dans les bus rouges de Paris ou à la Tour Eiffel.
Un client ne risque t-il pas de se voir proposer plusieurs fois les mêmes activités ?
S’il répond au chauffeur qu’il ne vient pas pour cette occasion, le conducteur supprimera la suggestion 'foot' et elle ne sera plus proposée par la suite. Le client peut également faire part de ses préférences et ne recevoir aucune suggestion concernant les restaurants, par exemple. Nous nous approchons au plus près des besoins du client et on va au devant de tout ce que le client va vouloir potentiellement consommer. S’il cherche à savoir sur l’app ce qu’il peut faire un après-midi, celle-ci lui pourra lui proposer le musée d’Orsay qu’il n’a jamais visité. Il lui sera également proposé de réserver un taxi pour s’y rendre ou de prendre un ticket coupe-file. Enfin, estimant qu’il sortira du musée vers 18h30, Weeplan lui demandera s’il souhaite réserver un restaurant japonais 'comme la dernière fois'.
En croisant les données clients provenant des différents acteurs de l’éco-système et en analysant l’historique de ces voyageurs, faîtes-vous un pas vers le prédictif ?
Tout à fait, on va pouvoir lui suggérer un séjour avant même qu’il ne sache qu’il va voyager. Par exemple, je peux savoir qu’un client 'Y' voyage à deux tous les 3 mois, prend le taxi, dort dans des 4* et se rend à chaque fois dans un musée et un restaurant haut de gamme. Weeplan va lui proposer un itinéraire avec des suggestions. Etant donné que le client a déjà été à Barcelone, Londres et Paris, l’application pourrait mettre en avant Amsterdam avec une proposition de parcours. On donne du temps au client et on lui offre une expérience inédite car c’est tout ce qu’il recherche.
Quel est le modèle économique de Weeplan ?
L’application s’auto-finance et redistribue automatiquement les commissions aux partenaires. Celles-ci sont moins élevées que celles prélevées par les agences en ligne. L’objectif est d’ubériser l’OTA. La commission ne servira plus à rémunérer un tiers, ni une agence de voyage, mais tous les acteurs qui ont été en contact avec le client. On vise évidemment un très grand volume d’utilisateurs. La technologie est accessible à tous les acteurs répondant à quelques critères comme celle, évidemment, d’avoir une activité légale. Il n’y a pas d’exclusivité dans les partenariats et même un hôtel 2* peut l’utiliser à condition qu’il propose du Wi-Fi, puisque le Web est indispensable pour le bon fonctionnement de l’app.
Avec qui collaborez-vous pour pouvoir proposer du vol ?
Nous travaillons avec Sabre. On ne veut surtout pas vendre du voyage et fabriquer du package. Si l’application propose un week-end à l’étranger, le client saura précisément combien il paiera pour le vol, l’hôtel, etc.
Comment comptez-vous vous développer ?
Pour l’instant, nous visons les grandes villes françaises, puis Weeplan sera répliquée dans d’autres pays. Nous allons communiquer auprès de toutes les sociétés qui interviennent dans la délivrance des visas pour le France. Les partenaires de Weeplan seront aussi nos ambassadeurs.
Quand est-ce que Weeplan sera disponible ?
Nous avons une version en WebApp qui sortira pour des tests à la fin du mois. Les résultats des premiers tests permettront alors de confirmer ou infirmer les simulations faites actuellement en intelligence artificielle pour organiser un chaînage efficace sur un séjour simple, puis progressivement de plus en plus complexe. Weeplan sortira sur Google Play et l’Apple Store à l’été prochain.
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