La société mTrip cherche à accompagner le voyageur à toutes les étapes de son voyage, qu’il soit en vacances ou en déplacement professionnel. Quelles fonctionnalités doit-elle alors proposer et à quoi ressemblera- t-elle dans quelques années ? Entretien avec Fréderic de Pardieu, CEO de mTrip.


Vous vous intéressez désormais au voyage d’affaires, pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui nous avons bien évolué depuis notre création. Nous proposions d’abord une application B2C sous forme de guide voyage. Puis nous nous sommes tournés vers le B2B en nous adressant aux tour-opérateurs et agences de voyage. Nous leur permettons de mettre au point une application intégrant un guide et un assistant de voyage fonctionnant même offline. Les utilisateurs peuvent y trouver des POI, une carte, un agenda, etc. Notre offre pour les TMC est disponible depuis 5-6 mois. Elle comporte les mêmes fonctionnalités que pour le leisure mais avec des spécificités propres à la TMC. Elle est en marque blanche et permet d'interagir pendant tous le cycle du voyage avec le voyageur d’affaires afin d'augmenter l'engagement, d'accroitre les réservations en ligne dans l'OBT du TMC, de générer de nouveaux revenus grâce aux ancillary, d'augmenter le respect de la travel policy et d'améliorer l'expérience de voyage. Elle peut donc avoir une approche bleisure. Nous avons une approche holistique, nous voulons être le point central pour tout faire. Aujourd’hui, la mobilité est la priorité des TMC. Elles souhaitent quitter TripIt ou Tripcase pour avoir leur propre application personnalisée. En fonction de leurs partenaires, nous pouvons intégrer les services de Viator, Holiday Taxis, VisaHQ en encore AirRefund.
Les mobinautes ne veulent plus télécharger d’application, surtout lorsqu’il s’agit d’un usage temporaire. Comment comptez-vous réagir ?
Ils continueront à en télécharger tant qu’elles répondront à leurs besoins. Lorsqu’ils sont en déplacement, les voyageurs ont besoin de leur smartphone et des applications. Pour des fonctionnalités comme la réservation, peut-être qu’une application dédiée n’a pas de sens en effet. Les utilisateurs préfèrent aller comparer les prix sur desktop. Ce qui est pertinent, c’est de proposer un assistant de voyage qui fonctionne offline. Le but étant de proposer le plus de choses possibles dans l’application pour que l’utilisateur n’ait pas à sortir. L’approche holistique est vraiment importante.
On voit arriver des technologies comme les chatbot ou les versions light d’applications dans des réseaux sociaux. Quel visage auront les applications dans quelques années ?
Nous avons nous même ajouté une fonction de chat dans notre application pour permettre à l’utilisateur de parler à un agent, que ce soit dans le leisure ou le business travel. Mais selon moi, il est encore trop tôt pour intégrer des chatbot car l’intelligence artificielle n’est pas encore au point. Gagne-t-on vraiment du temps lorsqu’il s’agit de réserver un vol ? Je ne pense pas. Il en est de même pour des appareils comme l’Amazon Echo par exemple qui ne sert qu’à donner des informations. Il faudra du temps pour que ces technologies s’installent. Mais à long terme, il y a fort à parier que le rôle des applications évolue. Plutôt que de répondre rapidement aux questions des utilisateurs, nous voulons leur donner les réponses avant même qu’ils demandent. Nous voulons être proactifs. Il s’agit de vendre une expérience avant de vendre des billets d’avion. Pour ce qui est des versions light des applications, je ne pense que cela soit une menace. Il s’agit plus d’une porte d’entrée de la même manière qu’une application est une porte d’entrée à un service. Plus il y a de canaux plus il y a de réservation donc ça ne peut qu’être bénéfique.
Photo du slider : Ian Robinson
