Les grandes tendances technologiques de l’année 2017 selon Sabre

Sabre a récemment publié une étude intitulée « Emerging Technology in Travel – 2017 Report ».

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Julia Luczak-Rougeaux

4 janvier 20177 min de lecture

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© Archives Travolution

Sabre a récemment publié une étude intitulée « Emerging Technology in Travel – 2017 Report ». Dans sa première partie, le GDS revient sur les grandes tendances multi-secteurs qui marqueront l’année qui vient de débuter.

La première grande tendance que l’étude met en avant est « l’intelligence connectée ». Aujourd’hui, Internet donne accès à une multitude d’informations en temps réel et parallèlement, de nombreux capteurs et objets connectés amassent des données provenant de notre quotidien. L’utilité du Big Data n’est plus à prouver, tout comme sa rapide évolution. Pour le montrer, Sabre donne l’exemple de la prévision météo. Le fait de prédire le temps qu’il fera n’est pas nouveau. Pourtant, la précision des prédictions est devenue beaucoup plus pointue ces dernières années, notamment grâce à une quantité toujours plus importante de données disponibles via les capteurs et l'historique.

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Mais « avoir des données et les comprendre n’est pas une fin en soi », explique Sabre, « il s’agit d’être capable d’agir à partir d’elles afin d’avoir un impact positif sur un secteur ». L’étude donne ainsi l’exemple de l’agriculture pour qui ces prédictions peuvent être très utiles pour économiser les ressources et optimiser le rendement. L’environnement de la maison y trouve aussi son compte en adaptant le taux de d’humidité ou la température en fonction de la météo.

Tous ces capteurs connectés à Internet forment ce qu’on appelle l’Internet of Things (IoT). Une étude Gartner prédit que leur nombre atteindra les 20.8 milliards en 2020 contre 6.4 milliards en 2016.

Avec ce nombre toujours plus croissant de capteurs et donc de données, il n’est plus possible pour l’homme de faire lui-même des analyses. L’aide d’un ordinateur est primordiale. Par exemple, il y a environ deux trillions de tarifs aérien dans le système de Sabre. Il faudrait à une personne environ 60 000 ans  pour prendre connaissance de tous ces tarifs. Là où l’humain joue un rôle, c’est dans sa capacité à tirer des insights de toutes ces données, ce que ne font pas forcément les ordinateurs aujourd’hui. Les progrès de l’intelligence artificielle permettent de plus en plus d’effectuer une action à partir d’informations, mais le contexte est rarement pris en compte dans sa globalité. « Le meilleur assistant sait quelle information communiquer, quand et avec qui. Ce niveau de compréhension du contexte est le challenge que veut relever l’intelligence artificielle », explique Mark McSpadden, Directeur du Sabre Labs dans l’étude. Mais pour y arriver, il faudra donner toujours plus de données, notamment personnelles. Ce qui pose des problèmes concernant la vie privée.

Les interfaces conversationnelles

La deuxième grande tendance qui touche tous les secteurs sont les interfaces conversationnelles. Pour Sabre, les entreprises doivent comprendre l’intérêt qu’elles peuvent représenter mais surtout elles doivent l’adapter à leur public spécifique.

Ces interfaces se multiplient aujourd’hui grâce au progrès dans la reconnaissance du langage naturel et dans l’intelligence artificielle. Avec les appareils qui communiquent entre eux et une connexion au Web, il est plus facile pour ces intelligences de comprendre le contexte et l’intention de l’interlocuteur derrière ses mots. L’essor du mobile a aussi contribué à l’arrivée de ces interfaces. Mais il y a encore du chemin à parcourir vers des agents conversationnels répondant à tous les besoins de l’utilisateur. Amazon Alexa, Apple Siri, Baidu Deep Speech 2, IBM Watson, Google Assistant ou Microsoft Cortana se sont tous engagés dans cette course.

amazon echo L'Amazon Echo

Il existe deux types d’interfaces conversationnelles aujourd’hui, celle basée sur la voix et celle basée sur le message texte. L’utilisation de chacune d’entre elles dépend surtout du contexte dans lequel l’utilisateur se trouve. S’il est en voiture par exemple, il sera plus facile d’utiliser un agent vocal. S’il est en réunion, la messagerie. Il en est de même pour la réponse que fournit l’interface. Si une demande est effectuée sur une télé connectée, une carte sera plus appropriée. Avec l’Amazon Echo, c’est surtout la voix qui prime. Comme pour les objets connectés, plus elles auront d’informations, plus elles pourront contextualiser, plus leurs réponses seront pertinentes.

L’une des difficultés du Tourisme est la barrière du langage selon Sabre. Pourtant, il devient de plus en plus vital de savoir communiquer dans plusieurs langues. C’est là que les interfaces conversationnelles rentrent en jeu. « Imaginez que vous soyez capable de développer une application, un site ou un chatbot et que votre contenu s’adapte instantanément à la langue de l’interlocuteur sur n’importe quel smartphone de la planète », projette l’étude. Une telle chose n’est pas encore possible, mais elle devrait l’être bientôt.

La « réalité digitale »

Enfin, la troisième grande tendance de 2017 est la « réalité digitale » comme l’appelle Sabre, englobant la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la réalité fusionnée. Aujourd’hui, la réalité virtuelle permet surtout de vivre une expérience par la vue et l’ouïe, mais pas encore par le toucher. Selon l’étude, nous sommes loin d’arriver à un niveau retranscrit dans le film Matrix, où il est possible de simuler les 5 sens directement dans le cerveau, rendant la distinction entre réalité digitale et réalité physique impossible. Le but de la réalité augmentée est de compléter le monde physique, à la manière du film Terminator dans lequel un système visuel permet d’analyser tout l’environnement. Enfin, moins connue, la réalité fusionnée s’apparente à la réalité augmentée mais avec quelques nuances : elle permet d’interagir avec des objets pour la plupart du temps virtuels. On peut la voir dans des films tels que Minority Report ou Iron Man.

La réalité virtuelle est surtout utilisée aujourd’hui pour l’inspiration, notamment dans le Tourisme, et permet de vivre des tas d’expériences différentes. Elle permet 3 choses selon Sabre : inspirer le futur touriste ou le conforter dans son choix, créer des expériences complémentaires avant ou durant le voyage et permettre à certaines personnes de visiter des lieux inaccessibles. Les images en réalité virtuelle, parce qu’elles sont plus complètes que de simples photos, donnent aussi plus d’authenticité.

La réalité augmentée vient elle compléter la réalité physique, en proposant une expérience ou des informations en plus. Les lunettes les plus connues sont les Google Glass ou l’Hololens de Microsoft. Selon Sabre, c’est sur les smartphones et les tablettes que cette technologie aura le plus de chance de percer en 2017. Le fait que ces appareils soient équipés d’un appareil photo, d’un GPS, d’un gyroscope et d’un accéléromètre permet de venir enrichir encore plus l’expérience. Selon l’étude, l’outil le plus puissant aujourd'hui est Google Translate qui permet de traduire un texte écrit sur une pancarte en temps réel en 80 langues différentes.

hololens Le casque Hololens de Microsoft

Sabre explique que certaines spéculations affirment que la prochaine « killer app » dans le domaine de la « réalité digitale » sera sociale. Pas étonnant donc que Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, ait racheté la société Oculus, à l’origine du casque de VR Oculus Rift. Avoir la capacité de synchroniser le contenu afin que plusieurs personnes puissent regarder la même vidéo sera clé pour la réalité virtuelle. Lorsqu’un utilisateur enfile un masque, il devient seul et coupé de la réalité. Le côté social permettrait de retrouver un lien avec les autres et l’aspect partage d’expérience. Le GDS imagine une telle situation dans le Tourisme : avant de réserver une chambre d’hôtel, un client pourrait poser des questions au concierge et visiter une chambre en temps réel. Cela permettrait également de visiter un musée virtuellement avec ses proches sur place. Les possibilités sont très nombreuses et les projets devraient continuer d’augmenter en 2017.

Retrouvez l'étude dans son intégralité ici

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