[Dossier ] Les moyens de paiement sont voués à disparaître

Avec l’essor de la mobilité, des objets connectés et du collaboratif, de nombreux moyens de paiement ont vu le jour, facilitant et améliorant l’expérience…

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Elisa Peltier

10 octobre 20168 min de lecture

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© Archives Travolution

Avec l’essor de la mobilité, des objets connectés et du collaboratif, de nombreux moyens de paiement ont vu le jour, facilitant et améliorant l’expérience d’achat pour le client comme pour le marchand. Sans contact ou intégrés aux objets du quotidien et plus seulement l’apanage des banques, ils sont voués à disparaître… de notre champ de vision. Leur seul objectif : faire en sorte que le client paye « content ».

Dans un premier temps et d’une manière générale, l’année a été marquée par de nouvelles solutions de paiement dédiées aux achats en ligne. Au début du mois d’octobre 2015, c’est une offre à destination des groupes qui a été lancée sur le site de Voyages-Sncf. L’agence propose désormais un service mis en place en partenariat avec la startup française LePotCommun.fr. Il permet de collecter la contribution de chacun dans un pot commun dans le délai maximal permis par la pose d’option qui est de 15 jours. Une fois la somme récoltée, l’organisateur de la collecte peut payer sur Voyages-Sncf.com. Du côté de chez MisterFly, c’est le paiement sur le long terme qui a été privilégié en proposant le paiement en 4 fois sur Internet. Avec cette nouvelle solution, les voyageurs peuvent fractionner leur paiement et préparer en amont leurs dépenses. Aucun justificatif n’est à fournir, aucun contrat n’est à retourner. Il faut tout de même préciser que cette solution est uniquement disponible pour des paniers d’achat compris entre 100 € et 3 000 €.

Mobilisation en hausse

L’usage du mobile a explosé ces dernières années. Le téléphone, désormais « smart » et devenu un véritable couteau suisse. Ainsi, il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’il soit utilisé pour régler ses achats en ligne depuis sa serviette de plage ou en patientant sur le quai d’une gare. Un phénomène retranscrit dans l’étude « Index des paiements mobiles 2016 » publié par Adyen, société spécialisée dans le paiement qui s’est intéressée au secteur du Voyage. Selon l’enquête, les acteurs du Tourisme font face à de grandes opportunités de croissance et se disent prêts à investir dans ce type de paiement. Les paiements mobiles en ligne représentaient 15,5% des transactions dans le secteur au premier trimestre 2016. L’étude dévoile aussi que le device sur lequel le panier moyen est le plus élevé est l’iPad. Plus de 330 € des achats pour les services hôteliers et 295 € pour les vols sont réalisés sur la tablette d’Apple. En ce qui concerne l’hôtellerie, l’étude montre que la part de marché des paiements en ligne via mobile (tablettes et smartphones) est de 17%. Pour les réservations de vols, 13% d’entre elles sont réalisées via un appareil mobile selon l’étude. Ce chiffre paraît faible mais il est en réalité plutôt élevé par rapport à la valeur moyenne des transactions effectuées.

Les constructeurs surfent sur la vague

Pour faire de leurs téléphones de véritables couteaux suisses permettant d’effectuer des achats, les constructeurs ont vite mis en place leurs solutions sans contact, même si elles sont relativement récentes. L’Apple Pay a été introduit en octobre 2014 aux Etats-Unis et Samsung Pay durant l’été 2015, suivi de près par Google avec Android Pay quelques mois plus tard. L’Apple Pay étant arrivé en premier sur le marché, c’est d’abord cette technologie que certains acteurs du Tourisme ont proposé, comme HotelTonight ou les hôtels Marriott aux Etats-Unis. Samsung Pay a fait ses débuts en Amérique du Sud durant les Jeux olympiques et Android Pay vient d’arriver en Australie.

En France, ni Samsung Pay, ni Android Pay ne sont prévus pour l’instant. En revanche, Apple Pay devrait prochainement y faire ses premiers pas.

Avec un peu de retard, Windows aussi a décidé de surfer sur la vague du NFC (Near Field Communication). Il a sorti son « Microsoft Wallet »,  portefeuille virtuel sous forme d’application qui permet de payer via son smartphone. Pour le moment, il faut remplir quelques conditions pour pouvoir l’utiliser : être aux États-Unis, posséder une carte bancaire MasterCard ou Visa, avoir un Lumia 650, 950, ou 950XL et être adhérent au programme d’amélioration Windows Insider. La fonctionnalité n’est donc pas encore disponible pour le grand public. Microsoft ne donne aucune information sur la disponibilité de l’application dans le monde.

Payer sans les mains

Après le mobile, ce sont les objets connectés qui ont fait leur apparition et ont créé de nouveaux usages. PayinTech l’a bien compris et a misé sur le bracelet connecté. La start-up incubée au Welcome City Lab propose de faire ses achats dans un contexte touristique. L’utilisateur charge de l’argent sur le bracelet et peut ensuite régler ses achats grâce au NFC. Une façon pour les pros du Tourisme d’améliorer l’expérience client, mais aussi de récolter des données. Une solution qui vient de séduire par exemple la Banque Populaire des Alpes afin d’équiper les stations de ski.

Sur le même principe, la société de paiement Visa Inc. propose une toute nouvelle expérience de paiement via une bague. Cette bague a été mise à la disposition de chaque membre de la Team Visa au Jeux Olympiques de Rio cet été. Pour effectuer un paiement, l’athlète n’a qu’à effleurer l’anneau à un terminal de paiement compatible NFC. Les caractéristiques de cette bague permettent facilement de l’imaginer dans le Tourisme. Elle permet d’éviter le casse-tête du portefeuille tombé au fond du sac à dos lors d’une excursion ou d’une journée dans un parc d’attraction où l’on veut être le moins chargé possible. Sa résistance à l’eau la rend utilisable dans n’importe quel environnement, contrairement à une carte bleue ou à un téléphone portable. Cependant, ce moyen très pratique n’est pas sans défaut. Sa petite taille et sa discrétion entraînent un risque de perte non négligeable.

Les moyens de paiement du futur ?

Pour aller encore plus loin que le mobile ou les wearables et se démarquer, certaines sociétés ont osé lancer cette année l’authentification bancaire par selfie, par battements de cœur ou par reconnaissance faciale. Des solutions qui semblent être davantage des coups marketing que de réelles réponses à des besoins.

En mars 2016, La CNIL, Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, a donné son aval pour l’usage de la reconnaissance vocale dans le paiement à distance auprès de la Banque Postale.

Cette décision a permis à la filiale bancaire de lancer une solution de ce type avec son dispositif LBP Pay. Avec la société Talk to Pay, elle a mis au point une technologie utilisant une combinaison de biométrie vocale et une identification unique par code : lors d’un paiement à distance, le client reçoit un appel automatique sur son téléphone mobile, prononce une phrase d’authentification et déclenche le remplissage automatique du formulaire de paiement par carte bancaire en générant un cryptogramme aléatoire. Suite à cette première identification, le client reçoit alors un code unique depuis une application dédiée de la Banque Postale ou directement par SMS, pour finaliser son achat.

En surfant sur la vague du selfie, l’entreprise Mastercard a quant à elle présenté le 1er juillet un nouveau moyen d’authentifier ses achats en ligne: la reconnaissance faciale. Le système de paiement n’a accès en aucun cas aux portraits de l’utilisateur : chaque cliché est transformé en code et ce sont ces codes qui sont comparés. Mastercard aurait déjà signé un partenariat avec les principaux fabricants de smartphones et deux banques importantes. Avec ce système, la société, qui propose également l’authentification par empreinte digitale, veut renforcer la sécurité des transactions. La technologie soulève cependant des questions sur la performance des logiciels de reconnaissance faciale qui ne sont pas encore totalement infaillibles.

Malgré ces barrières, Google aussi a misé sur la reconnaissance faciale. Nommé « Hands Free », sa technologie en cours de développement permet de payer sans les mains. Une fois l’application téléchargée, sur iOS ou Android, la carte bancaire et sa photo enregistrées, elle indique lorsque l’utilisateur se trouve à proximité d’un commerce partenaire grâce au bluetooth, au Wi-Fi ou à la géolocalisation du mobile. Une fois à la caisse, il n’a qu’à dire « Je vais payer avec Google ». Le caissier demande alors les initiales de la personne et vérifie si la photo qui a été envoyée sur son écran correspond bien à la personne se trouvant en face. Si c’est le cas, le paiement est directement validé. Google a également expliqué que ses équipes travaillent actuellement sur un système fonctionnant avec une caméra spécifique qui permettrait de valider automatiquement l’identité de la personne sans passer par le caissier. Les images captées par la caméra sont ensuite effacées immédiatement.

https://youtu.be/MuIsOpD-Aag

Des touristes sans chemise, sans pantalon, ni carte bleue ?

Dans le secteur du Tourisme, la manière d’effectuer ses achats a son importance. Les vacanciers ne veulent pas s’embêter à transporter tout leurs effets personnels avec eux. Ils ne veulent pas non plus perdre de temps à la caisse ou sur Internet : ils sont certes en vacances, mais les choses doivent être simples. C’est pourquoi certains de ces nouveaux moyens de paiement ont de grandes chances de s’imposer dans le secteur. Le paiement sans contact mobile et le bracelet connecté (dans les espaces clos) en tête de liste. Mais pour le moment et comme bon nombre de technologies faisant leur apparition dans le Tourisme, il faudra encore du temps pour qu’ils soient adoptés par tous.

Ce dossier a été initialement publié dans le Mook #4

Photo du slider : kotoyamagami

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