Hier s’est déroulé UnivAirPlus, l’évènement annuel d'AirPlus, société proposant des solutions de paiement dans le voyage d’affaires, qui a lieu à chaque rentrée. La première conférence de cette 11e édition qui avait pour thème « Silence is…gold » a été l’occasion d’expliquer comment la technologie est vouée à disparaître pour devenir totalement imbriquée dans nos quotidiens.
UnivAirPlus est l’un de ces rares évènements dans le voyage d’affaires où l’on s’intéresse à la technologie au sens large et aux répercussions que cela pourrait avoir sur le secteur. Pas étonnant que TOM soit partenaire de ce rendez-vous incontournable. Après avoir lancé le terme de « Travelution » l’an dernier, la société spécialisée dans le paiement a choisi cette année de s’intéresser… au silence. « L’acte de paiement doit devenir silencieux », a déclaré John Baird-Smith, Directeur d’AirPlus France en introduction. Il doit devenir simple, presque automatique. « Il nous faut évoluer », a poursuivi John Baird-Smith.
Les trois technologies qui changent la donne
Pour commencer à parler de la disparition de la technologie, Dimitri Carbonnelle, CEO de Livosphère, a montré deux photos à l’assistance. Sur la gauche, une image tirée d’un film de science-fiction des années 60 où l’on voit un homme penché sur un petit appareil intelligent. A droite, une photo d’aujourd’hui où l’on voit un homme dans la même position, penché sur un smartphone. « Les usages d’aujourd’hui ont déjà été imaginés il y a 50 ans, comme le montre ces deux images. Toutes les technologies importantes de ces prochaines décennies partiront de l’usage. C’est le point névralgique », a-t-il expliqué. Selon lui, il y a trois technologies qui vont participer à la disparition de la partie visible de l’iceberg. D’abord, les objets connectés qui permettent d’obtenir des informations sur tout et n’importe quoi et de les modifier. Puis l’intelligence artificielle qui est un excellent outil d’aide à la décision à l’image de Watson d’IBM. Enfin la blockchain, cette technologie « capable d’ubériser Uber » car elle permettrait de se passer d’une plateforme. Lorsque l’on imbrique ces trois technologies, selon Dimitri Carbonnelle, on obtient une situation où il est possible de faire de l’autopartage en peer-to-peer dans un véhicule autonome. Toutes les technologies sont interconnectées et elles le seront encore plus à l’avenir pour proposer une expérience totalement seamless (sans couture). « Nous allons également avoir un rapport émotionnel avec les objets car ils sauront tout de nous », a ajouté le CEO de Livosphère.
Un assistant pour gérer tous nos appareils
Ce fut ensuite au tour du brillant Rand Hindi, CEO de Snips, de prendre la parole sous forme d’interview vidéo. Selon lui, il est inconcevable d’imaginer un monde où tous nos appareils (ordinateur, mobile, tablette) sont en compétition. « Est-ce logique de recevoir la même notification sur tous nos appareils au même moment ? », questionne t-il. L’intelligence artificielle permet de créer un assistant intelligent capable de savoir où l’on souhaite recevoir telle notification à tel moment. Aujourd’hui, il y a une grande quantité de données disponibles. Nous connaissons deux courbes exponentielles : celle du volume de data et celle de la facilité dans le calcul de la data. « Il faut donner toutes ces informations à nos assistants », a déclaré Rand Hindi. Le guru de la technologie est conscient que cette idée crée une angoisse chez le grand public. Pourtant, son argumentaire est rodé : « Aujourd’hui, il est possible de faire des calculs à partir de données chiffrées et donc anonymes. Il n’y a plus besoin de faire appel à une société tierce car le calcul peut se faire directement à l’endroit où les données sont générées ».
C’est dans ce contexte que Snips est en train de concevoir sa technologie, une sorte « de Google Maps avec un assistant intégré » comme l’explique Rand Hindi. Avec cet accès aux données, on pourra demander à son assistant de réserver un hôtel pas trop cher pour l’anniversaire de son meilleur ami à Miami. Pour cela il se rendra de lui-même dans l’application Booking, se connectera à notre agenda pour connaître la date et le lieu de l’anniversaire et proposera plusieurs alternatives pour des chambres au prix abordable.
On imagine très bien l’intérêt pour le voyage d’affaires, à condition bien sûr que toutes ces données restent confidentielles. Dans l’assistance par contre, quelques personnes sont restées dubitatives, mettant en avant le côté « Big Brother » de la technologie ou son aspect « inquiétant ».