La boucle est bouclée pour le Solar Impulse 2

L'avion solaire vient de finir la dernière étape de son tour du monde sans carburant. Il a atterrit mardi 26 juillet à Abu Dhabi.

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EP

Elisa Peltier

26 juillet 20164 min de lecture

Solar Impulse 2
© Archives Travolution

L'avion solaire vient de finir la dernière étape de son tour du monde sans carburant. Il a atterrit mardi 26 juillet à Abu Dhabi. Après plus de 40 000 km avalés, 550 heures de vol répartis en 17 étapes sur 15 mois, Bertrand Piccard et André Borschberg ont tenu leur promesse : faire le tour du monde en avion sans utiliser une seule goutte de carburant. La dernière étape allant du Caire à Abu Dhabi fut un jeu d'enfant pour Bertrand Piccard, arrivé à l’aéroport Al-Bateen d’Abou Dhabi, vers 4 heures du matin le mardi 26 juillet, après quarante-huit heures de vol. « Plus qu’un exploit dans l’histoire de l’aviation, c’est un exploit dans l’histoire des énergies renouvelables, a déclaré Bertrand Piccard en débarquant de l’aéronef. C’est maintenant à votre tour d’aller plus loin ! ». De nombreuses étapes Ce tour du monde ne s'est pas fait sans peine, en témoignent les étapes les plus marquantes de ces 15 mois. Le 9 mars 2015, le pilote André Borschberg décollait pour la première fois avec le Solar Impulse 2 d'Abu Dhabi et effectuait un vol de 772km. Lui et Bertrand Piccard se sont relayés dans le minuscule cockpit de l'appareil. L'avion a alors mis 13 heures pour rejoindre Mascate au sultanat d'Oman. Puis, du 28 juin au 3 juillet, il bouclait sa première grande étape avec la traversée du Pacifique malgré une météo plus que contraignante. 7 212 km de traversée en 117h52, soit près de 5 jours et 5 nuits pour cette étape. La traversée du Pacifique, effectuée en deux étapes, fut la partie la plus périlleuse de ce tour du monde en raison de l'éloignement des sites d'atterrissage en cas de problème et c'est aujourd'hui le record du plus long vol à énergie solaire sans escale ni ravitaillement. De juillet 2015 à avril 2016, l'avion est resté sur le sol d'Hawaï. Les conditions étaient strictes, il fallait avoir traversé le Pacifique et l'Atlantique avant la mi-juillet, car après, les jours auraient été trop courts et les batteries n'auraient pas pu se recharger suffisamment pour tenir toute une nuit. En arrivant à Hawaï, elles étaient abîmées par la chaleur, il a donc fallu les changer. Cette perte de temps a contraint l'équipe à attendre le retour du printemps 2016 pour repartir. Après ce repos forcé, le Solar Impulse 2 bouclait les 4000 km qui séparent Hawaï de San Francisco. Ensuite, la machine a traversé l'Atlantique de New York à Séville. Elle a parcouru près de 7000 km en moins de trois jours. Chacune des étapes fut une lourde épreuve physique et psychologique. Entre la solitude, le manque de sommeil et le yoga comme seul moyen de maintenir leur corps dans un bon état, ce tour du monde s'est avéré être un véritable challenge pour les deux pilotes qui ont, malgré toutes ces contraintes, relevé ce pari fou.

« Être témoin de l’aboutissement d’un projet de conception démarré il y a 12 ans, ainsi que d’une collaboration qui a permis de construire et de piloter un aéronef que d’aucuns pensaient impossible, est une expérience réellement extraordinaire ! », déclare Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes. « Ils ont osé rêver et réussi à repousser les limites de l’aviation en s’inspirant de l’esprit et de l’imagination des pionniers qui ont écrit l’histoire. Nous adressons toutes nos félicitations à André Borschberg et Bertrand Piccard, les deux pilotes, ainsi qu’à toute l’équipe de Solar Impulse, pour cet exploit qui, au-delà du secteur aéronautique, démontre qu’il existe des solutions durables pour l’avenir de notre planète. La passion pour l’innovation rend possible l’impossible ».

https://twitter.com/bertrandpiccard/status/757737478799421440 https://twitter.com/bertrandpiccard/status/757733636078657537 Les bénéfices de ce périple L'équipe du Solar Impulse 2 a montré qu'il était possible de voyager proprement. Cela aura forcément un impact, notamment sur l'aviation. André Borschberg l'explique sur son blog: « Le monde de l'aviation va se concentrer davantage sur les technologies électriques. [...] Nous trouvons des moyens pour stocker l'énergie électrique, la propulsion électrique deviendra de plus en plus commune. Je suis très heureux de voir que de grands groupes tels que Airbus et la NASA commencent à travailler sur la propulsion électrique . Le ballon roule !  Solar Impulse 2 a démontré que nous pouvons voler en utilisant uniquement le soleil comme source d'énergie continue, nous verrons bientôt des drones solaires volant dans la stratosphère. » L'avion est bien parti pour lancer la prochaine génération d'avions solaires sans pilotes. Lorsque l'on considère les progrès technologiques d'aujourd'hui, les futurs avions seront en mesure de voler beaucoup plus haut que ce qu'ils peuvent aujourd'hui, en évitant les perturbations. Parallèlement à SpaceX et Blue Origin , ils pourraient être ramenés de la stratosphère afin d'y effectuer des réparations et des mises à jour.  Il ajoute que « l'avion Solar Impulse n'est pas prêt pour la retraite après cette mission autour du monde. Il a été conçu pour voler un total de 2000 heures . À la fin de la mission , nous avons seulement volé 700 heures, il lui reste donc encore 1300 heures. Par conséquent, nous envisageons de les utiliser pour faire des tests supplémentaires sur les technologies solaires avec un pilote d'essai pour tenter de le rendre entièrement autonome. » L'énergie solaire a donc de l'avenir dans l'aviation. De quoi inspirer d'autres moyens de transports qui pourraient aussi exploiter cette technologie. Affaire à suivre...

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