Après les secteurs de l'Industrie et de la Santé, c'est au tour du Tourisme de tirer parti des technologies de l'intelligence artificielle. Airbnb l'a bien compris et a pour projet de lancer son assistant virtuel. « Nous tenterons de découvrir comment une machine pourrait utiliser le langage, créer des abstractions et des concepts, s'améliorer elle-même, résoudre des problèmes qui sont aujourd'hui l'apanage de l'intelligence humaine. Nous pensons que des avancées significatives pourraient être faites dans ces domaines si un petit groupe de scientifiques se saisissait de ces questions et y consacrait un été », écrivait McCarthy dans les années 1950. Le mathématicien a créé en 1962 le premier laboratoire d'intelligence artificielle. Aujourd'hui, nous ne sommes plus très loin du type de machine dont McCarthy rêvait.
Quel hôte Airbnb n'a jamais rêvé que quelqu'un se charge, par exemple, de la visite incluant l'explication dufonctionnement de chaque équipement électroménager à sa place ? Nier serait mentir. Airbnb à entendu ces prières et pourrait bientôt tirer profit de l'intelligence artificielle. Lors de la dernière édition de MobileBeat, Joe Zadeh, Vice President of product d'Airbnb, a mentionné les possibilités offertes par l’intelligence artificielle au sein de l’expérience Airbnb, tout en insistant sur la priorité accordée au contact humain. Il affirme que « La technologie [...] devrait être utilisée pour apporter davantage d’humanité. Quelles sont les choses que les hommes peuvent mieux faire que les bots ? Le contact humain et l’hospitalité. », avant d’ajouter que « l’intelligence artificielle pourrait justement dans le futur assister les hôtes Airbnb pour leur permettre de se concentrer sur ces tâches. »
Airbnb pourrait donc signer des partenariats avec des entreprises proposant des assistants virtuels conçus pour la maison connectée, comme Amazon Echo ou Jibo. « Nous ne sommes pas contre les bots. Leur potentiel se trouve dans les activités qu’ils peuvent faire mieux que les humains, comme les tâches logistiques, soulageant ainsi la charge de l’hôte et lui permettant de se focaliser sur l’accueil. » Ces assistants pourraient, par exemple, aider le voyageur à se familiariser avec sa maison temporaire, l’aider dans l’utilisation des équipements électroménagers et répondre aux questions pratiques, pendant que l’hôte n'aurait qu'à l’instruire sur la ville et lui donner des recommandations en fonction de son profil.
Les assistants virtuels ont évolué grâce au développement des interfaces de programmation, elles rendent possible l'ajout de nouvelles fonctionnalités. Nous avons d'abord constaté d'importants progrès en matière de technologies de reconnaissance vocale. De cette façon, les assistants virtuels sont devenus apte à comprendre la majorité des questions posées par un être humain et à y répondre de manière pertinente. Ils peuvent ainsi entretenir une conversation et même faire de l'humour. L'exemple le plus flagrant est celui de Siri, l'assistant virtuel d'Apple, qui a su faire preuve d'un humour pour le moins sarcastique. Au cours des derniers mois, Alexa, l’intelligence artificielle d’Amazon Echo, est ainsi devenue capable de gérer le chauffage central d'une maison, de lancer une playlist, de commander un VTC et de faire livrer à manger. En effet, lors de son lancement, seulement quelques services étaient proposés. Depuis, Spotify, Philips, IFTTT ou encore Uber ont rejoint l'aventure. Amazon Echo n'est pas simplement une enceinte, mais un véritable assistant. Alexa est le nom donné à l'outil de synthèse vocale alimenté à l’intelligence artificielle. Il suffit de dire « Alexa » et de formuler une demande pour que l’appareil obéisse (Jacques était trop exigeant). Alexa est donc la tête pensante d'appareil (ah, les femmes). Et comme elle pense, elle évolue. Tout ce qui lui est demandé ou tout ce qu'elle entend lorsqu’elle est allumée lui permettra de devenir plus intelligente et de s’adapter au vocabulaire et aux besoins de son utilisateur. Bien avant les fantasmes que créent l'éventualité, encore très lointaine, de voir l'intelligence de l'homme s'effacer au profit de celle des machines, l'essor de l'intelligence artificielle dépend aujourd'hui de la conviction des chercheurs mais aussi des entreprises sur le fait que les logiciels d'intelligence artificielle doivent faciliter la résolution de deux enjeux majeurs : l'analyse et la compréhension des données ainsi que la mise en place d'un langage « naturel » entre les hommes et les machines. Pour le moment, Viv est l'intelligence artificielle qui se programme seule qui se rapproche le plus des désirs de McCarthy.