Intelligence artificielle : quels sont les objectifs de Google DeepMind et d’IBM Watson ?

A l’occasion de l’événement Viva Technology qui s’est déroulé Porte de Versailles à Paris il y a quelques jours, TOM a assisté à deux présentations sur…

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Julia Luczak-Rougeaux

11 juillet 20165 min de lecture

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© Archives Travolution

Viva_AI Demis Hassamis, Co-fondateur et CEO de Google DeepMind

A l’occasion de l’événement Viva Technology qui s’est déroulé Porte de Versailles à Paris il y a quelques jours, TOM a assisté à deux présentations sur l’intelligence artificielle, celle de Google DeepMind et d’IBM Watson, qui ont toutes deux de grandes ambitions, mais présentent des spécificités.

Google DeepMind est le nom récent de DeepMind Technologies, une entreprise britannique spécialisée dans l’intelligence artificielle créée en 2010 et rachetée par Google en 2014 pour la modique somme de 628 millions de dollars. Avec plus de 200 scientifiques, elle cherche à « résoudre l’intelligence » en élaborant des constructions algorithmiques afin de comprendre et répliquer le cerveau humain. Sur scène, Demis Hassabis, co-fondateur et CEO de Google DeepMind, a expliqué que les algorithmes sur lesquels la société travaille actuellement apprennent automatiquement à partir de données brutes et non programmées. Ils peuvent également réaliser plusieurs tâches, même quand c’est la première fois qu’ils y sont confrontés. Ils sont donc capables de s’adapter.

La création d’AlphaGo

Pour continuer à présenter les capacités de l’intelligence artificielle, Demis Hassabis a ensuite évoqué DeepBlue, un superordinateur spécialisé dans le jeu d'échecs mis au point par IBM dans les années 90. S’il était perfectionné, il ne pouvait faire qu’une chose : jouer aux échecs. Il ne pouvait même pas réaliser une tâche plus simple. C’est pourquoi l’équipe de Demis Hassabis a décidé de s’attaquer à un jeu de plateau plus complexe qui permettrait de réutiliser les connaissances amassées dans le jeu pour effectuer d’autres tâches : le jeu de Go.

Elle a donc mis au point le programme informatique AlphaGo, capable de comprendre ce jeu de plateau originaire de Chine, opposant deux adversaires qui placent à tour de rôle des pierres noires et blanches sur les intersections d'un tablier quadrillé appelé goban. Le but ? Totaliser le plus de territoires et de prisonniers. « Mettre au point une intelligence capable de jouer au Go a pris 20 ans. On ne voulait pas juste imiter les meilleurs joueurs, on voulait que l’intelligence apprenne d’elle-même », a déclaré le CEO de Google DeepMind. Il est difficile de mettre au point une telle technologie, de par la multiplicité des positions et des placements possibles. Contrairement au jeu d’échecs, le jeu de Go n’a pas de concept de matérialité, puisque chaque pierre à la même valeur qu’une autre. Les meilleurs joueurs font plus appel à l’intuition qu’au calcul. Il fallait donc implémenter cette dimension d’intuition et de créativité, grâce au « reinforcement learning », technique d’apprentissage consistant à effectuer des actions et à observer leurs effets et conséquences de la même manière que les humains ou les animaux. C’est grâce à toutes ces particularités qu’AlphaGo a battu le champion européen en titre de Go, Fan Hui, 5-0 en octobre 2015, puis l'un des meilleurs joueurs du monde, Lee Sedol, 4-1 en mars 2016. « C’est toute la différence entre DeepBlue et AlphaGo. DeepBlue était pré-programmé, il répondait à des règles. AlphaGo, lui, a appris à jouer », a continué Demis Hassabis.

Le 5e match entre AlphaGo et Lee Sedol :

Et après le jeu de Go ?

Le co-fondateur de DeepMind s’est ensuite prêté au jeu de l’interview face au rédacteur en chef de Wired UK. Il a alors expliqué que les algorithmes de DeepMind profitent à Google dans le domaine de la recommandation, notamment sur Youtube ou Google Play. Ils peuvent s’adapter à tous les domaines qui évoluent dans un environnement virtuel où il y a un certain nombre de données : la blockchain, la santé, les structures en 3D. En revanche, l’intelligence artificielle de DeepMind n’est pas capable d’écrire un roman, même si elle est dotée de créativité : « Les romans sont une expression de la condition humaine, ils font appel aux souvenirs. Ce que ne possède pas une machine », a expliqué Demis Hassabis.

Watson et le langage naturel

Après Google DeepMind, ce fut au tour David Kenny, General Manager d’IBM Watson de venir parler d’intelligence artificielle, en commençant par remercier Demis Hassabis d’avoir présenté DeepBlue : « C’était il y a 20 ans. Maintenant avec Watson nous sommes allés plus loin en battant deux champions à Jeopardy ». De quoi rassurer le public sur l’évolution d’IBM. Sur scène, le General Manager a partagé sa joie de travailler pour une société qui a un réel impact sur nos vies et sur la manière de prendre des décisions. Il a ensuite donné des exemples d’applications concrètes de leur intelligence artificielle. Watson a fait ses preuves dans le secteur de la Santé en améliorant la rapidité et la précision des diagnostics médicaux.  La technologie est également une aide à la décision dans le domaine de la finance. La plus grande force de Watson ? Comprendre le langage naturel, même lorsqu’il s’agit de phrases complexes. L’intelligence artificielle est d’ailleurs utilisée dans l’hôtellerie, à travers un petit robot concierge qui donne des conseils sur les activités alentours. La société Wayblazer, elle, fournit des recommandations contextualisées et personnalisées en langage naturel aux voyageurs grâce à Watson.

Selon David Kenny, chaque entreprise peut trouver une utilité dans l’intelligence artificielle, car dès lors qu’elle utilise un logiciel, celui-ci a besoin d’apprendre et de s’améliorer.

Une conversation entre Watson et Ridley Scott :

https://youtu.be/KDtxQRH8aI4

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