
A l’occasion de l’événement Viva Technology qui s’est déroulé Porte de Versailles à Paris la semaine dernière, TOM a assisté à une table ronde intitulée « Who will be the next disruptors of the travel sector ? ». Si l’avenir reste incertain, les participants ont donné des pistes de réflexion quant aux technologies au fort potentiel disruptif.
Dès le début de cette table ronde, Jean-Daniel Guyot, Fondateur et CEO de Captain Train a planté le décor : « Il est difficile de savoir qui sera le prochain ‘disruptor’ du Tourisme ». Plutôt que de jouer les mediums d’un jour, les speakers ont donc préféré être prudents et ne pas réfléchir seulement au « qui », mais plutôt à la probabilité que leur secteur se fasse disrupter*.
Selon Marie-Christine Maheas, Head of Business Development Europe chez SilverRail Technologies, la société qui arrivera à disrupter le secteur ferroviaire devra miser sur le mobile, le door-to-door, la data et les services additionnels. Jean-Daniel Guyot, lui, pense que ce secteur ne connaîtra pas de disruption de sitôt : « Les vraies solutions door-to-door n’arriveront que dans 10 ou 20 ans. Il faut d’abord se concentrer sur des technologies verticales pour ensuite permettre l’arrivée de couches supplémentaires. Il y aura forcément des changements dans le secteur, mais des petits ». Une opinion partagée par Marie-Christine Maheas qui pense également que le ferroviaire ne va pas être révolutionné, mais va seulement évoluer. « Le rail n’a jamais été très consumer-friendly et il faudra du temps avant qu’il ne le devienne », a-t-elle ajouté.
Pour Mario Gavira Etzel, Managing Director chez Liligo.com, ce n’est pas un hasard si les leaders du desktop sont également les leaders sur mobile : « Ces sociétés là sont ouvertes, elles s’adaptent. Elles sont capables de se disrupter elles-mêmes. Ce sont elles qui survivront ». Dans le secteur de l’aérien, c’est un peu plus compliqué selon lui. Les systèmes de prix ou le yield management sont des éléments difficiles à disrupter. « La question n’est pas ‘Quand est-ce que l’aérien deviendra plus simple ?’, mais ‘Quand est-ce que le ferroviaire se complexifiera pour permettre aux passagers de payer moins cher ?’ » a-t-il soulevé sourire aux lèvres en regardant ses compères sur scène.
Une opportunité pour le CEO de Captain Train de rebondir : « Plus les secteurs sont compliqués, plus nous y amenons de la simplicité ». Jean-Daniel Guyot le confesse toutefois, s’il s’est lancé dans le secteur ferroviaire, c’est parce qu’il pensait que ce serait relativement simple. Finalement, ce n’était pas tout à fait le cas.
Le glouton Google et les technologies disruptives
Faute de modérateur, c’est Mario Gavira Etzel qui a ensuite orienté les discussions, en demandant aux deux autres participants s’ils pensaient que Google pouvait disrupter leur secteur. « La société y pense certainement déjà. Elle a lancé son outil pour les vols, elle devrait bientôt le faire pour le train. Ce n’est qu’une question de temps », a lancé la Head of Business Development chez SilverRail Technologies. Jean-Daniel Guyot n’est pas tout à fait de cet avis. Selon lui, la vente de billets et le search sont deux métiers différents. Pour lui, Google ne va pas se lancer dans cette voie. « Dans ce secteur, l’aspect humain est aussi important que la technologie. Et ça, Google ne peut pas le fournir aussi bien », a-t-il déclaré.
A la fin de la table ronde, les participants ont tout de même émis des idées concernant les technologies au potentiel disruptif. Pour le Managing Director de Liligo.com, l’intelligence artificielle est intéressante : « Il y a des chances pour que, dans quelques années, nous ne touchions plus notre mobile ou notre ordinateur et que toutes les réservations se fassent avec la voix ». Il y a aussi du potentiel du côté des chatbots selon lui, qui commencent d’ailleurs à se multiplier. « C’est simple, pour savoir quelle technologie sera disruptive, il suffit de regarder ce qu’il se fait en Chine », a-t-il continué. Quant au CEO de Captain Train, lui pense que la traduction en temps réel sera un outil primordial dans le Voyage.
*désolé pour les 134684 anglicismes pas très heureux présents dans cet article
Photo d'ouverture : macknimal