Catherine Tong, Vice President & General Manager - EMEA chez Accertify
Avec la multiplication des supports, les fraudeurs ont étendu leur terrain de jeu. Combattre la fraude sur Internet est devenu de plus en plus complexe. C’est pourquoi la société Accertify a mis en place des outils d’analyse des données avancés qui s’adaptent aux nouvelles pratiques. Entretien avec Catherine Tong, Vice President & General Manager EMEA chez Accertify.
Pouvez-vous présenter Accertify ?
Accertify a été fondée il y a presque 10 ans et propose des solutions logicielles et des services d’experts spécialisés pour protéger chaque étape du cycle de paiement pour les e-commerçants. La société a été rachetée par American Express en 2010, ce qui a permis de développer les produits et services. Aujourd’hui, nous avons plus de 200 clients que nous aidons à lutter contre la fraude en ligne et à gérer la rétrofacturation. Dans le Tourisme, nous permettons aussi de gérer les réclamations bagages. L’objectif est d’identifier où se trouvent les pertes financières dans une entreprise pour ensuite les endiguer. Le retail et le Tourisme sont deux secteurs importants pour nous.
La fraude en ligne est-elle encore importante aujourd’hui ?
Oui, la fraude en ligne n’a pas baissé, elle a évolué. C’est comme dans le retail, il y aura toujours des personnes qui voleront des choses dans les magasins. Dès qu’un voleur s’aperçoit qu’il devient difficile de voler dans une boutique, il se rend dans une autre et ainsi de suite. C’est la même chose en ligne. C’est pourquoi il est important pour nous d’avoir la capacité de s’adapter à une compagnie aérienne ou une agence de voyage, en proposant toujours de nouvelles stratégies pour combattre la fraude.
Justement, quelles sont vos solutions pour lutter contre la fraude ?
Nous avons un « rules engine » (un moteur de règles lorsque l’on traduit littéralement de l’anglais, que l’on peut rapprocher d’un algorithme, ndlr) qui nous permet d’identifier les bonnes et mauvaises transactions. Si un hacker parvient à réaliser un paiement frauduleux, nous sommes capables de changer les règles de ce système pour éviter que cela se produise à nouveau. Nous avons également un outil de machine learning qui intervient en seconde couche contre la fraude. Cela permet d’automatiser certains process et de ne pas perdre de temps dans l’analyse de la donnée. C’est une technologie qui apprend des évènements passés et qui permet de faire des liens entre plusieurs données qui, au premier abord, ne semblent pas reliées.
Ces outils sont-ils les mêmes sur mobile ?
Sur mobile, il y a un numéro d’identification qui permet de savoir si deux transactions ont été faites par une même personne. Cela nous permet donc de faire plus ou moins la même chose que sur desktop, en collectant et en analysant des données. Nous avons aussi accès à d’autres informations issues d’une application ou non. Si nous nous rendons compte que le téléphone n’a aucun contact dans son répertoire par exemple, cela peut vouloir dire que quelque chose ne va pas. Nous n’accédons à aucune information personnelle, nous assurons l’anonymat des données. Il en est de même lorsque nous croisons les informations de plusieurs acteurs du Tourisme. Nous sommes capables de dire à une compagnie aérienne par exemple qu’une identité correspond à une tentative de fraude chez une autre compagnie. On ne va pas partager l’identité de la personne, mais informer dans quelle industrie elle sévit et quand cela est arrivé.