Basée à Austin aux Etats-Unis, Wayblazer est une start-up fondée par Terry Jones, fondateur de Kayak et Travelocity, en 2014. Son but ? Utiliser l’intelligence artificielle pour fournir des recommandations contextualisées et personnalisées en langage naturel aux voyageurs, en prenant en compte une multitude de données. Entretien avec Felix Laboy, CEO de la société.


Pouvez-vous nous rappeler ce que propose Wayblazer ?
Nous appliquons l’intelligence artificielle au Tourisme et la mettons à disposition des professionnels du secteur grâce à la technologie Watson d’IBM. Nous sommes d’ailleurs la première société à avoir travaillé avec cette technologie d’IBM. Beaucoup d’autres sociétés utilisent l’intelligence artificielle : Apple, Facebook, Google… Des sociétés comme Expedia également. Nous, nous permettons aux hôteliers, aux compagnies aériennes, aux loueurs de voiture, aux organisations de marketing de destinations de pouvoir utiliser cette technologie. Nous avons donc une approche B2B2C. Par exemple, nous travaillons avec Leading Hotels of the World, un consortium touristique qui rassemble plus de 400 hôtels et stations de vacances dans le monde. Lorsque les voyageurs se rendent sur ce site, ils peuvent trouver l’hôtel qui leur convient grâce à notre technologie d’intelligence artificielle qui comprend le langage naturel. Le voyageur peut par exemple taper « Je cherche à faire une escapade romantique en Europe près de la mer » et il aura seulement des résultats d'hôtels qui lui correspondent. Il ne s’agit pas d’une réelle conversation avec un être, machine ou non, mais le système peut être amené à demander des précisions pour affiner la recherche. Il peut demander « Quel genre de plage préférez-vous ? ». Organiser un voyage est devenu difficile, il y a beaucoup de sites, d’informations et de contenus à digérer. Grâce à l’intelligence artificielle, nous permettons aux professionnels du Tourisme de proposer une recommandation parfaite pour le voyageur. Notre technologie permet d’aller chercher des informations utiles partout, même sur des articles de blog, sur des avis ou sur des photos. Elle apprend constamment et demain, elle sera encore meilleure qu’aujourd’hui. C’est comme un humain, elle apprend de plus en plus de choses avec le temps.
Quels sont vos autres clients et prospects?
Dans l’hôtellerie, nous travaillons aussi avec Hilton Worldwide. Nous avons un projet très intéressant avec un robot nommé Connie qui permet d’accueillir les visiteurs (TOM en a parlé ici, ndlr). Ils peuvent lui poser des questions sur les activités alentours, sur les restaurants dans le quartier, etc. Nous lui avons donné toutes les informations dont il a besoin pour répondre aux questions formulées en langage naturel. Nous travaillons également avec l’Austin Convention and Visitors Bureau qui promeut la ville d’Austin. Quant à nos prospects, ils sont nombreux et peuvent aussi être des croisiéristes, des agences de voyage, etc.
Votre technologie cherche-t-elle uniquement des informations sur le site de la société ou sur tout le Web ?
Cela dépend des clients et ce qu’ils souhaitent. Avec Leading Hotels of the World nous nous contentons d’aller chercher des informations sur leur site. Pour Hilton et le petit robot, nous allons chercher des renseignements extérieurs, grâce à des partenariats avec beaucoup de fournisseurs de contenus, pour en savoir plus sur la météo par exemple. Mais nous ne laissons jamais notre technologie naviguer librement sur le Web.
Vous vous concentrez actuellement sur le marché B2B, est-ce que vous envisagez d’adapter votre technologie au B2C ?
Nous voulons d’abord nous assurer que notre technologie dans le secteur B2B soit au point avant de nous lancer éventuellement dans le B2C. Mais dans le futur, cela pourra être le cas. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.
Utilisez-vous les enseignements de l’intelligence artificielle d’une société pour en enrichir une autre ? Y a-t-il un transfert de données ?
Non. Chaque société à une intelligence artificielle qui apprend en récoltant des données. Mais il faut recommencer à chaque fois pour chaque société. Les données permettent d’enrichir notre technologie, mais elles ne sont jamais croisées entre sociétés, nous faisons bien la séparation, c’est important pour nos clients.
Pourquoi pensez-vous que l’intelligence artificielle a du potentiel d’une manière générale, puis dans le Tourisme ?
D’une manière générale, l’intelligence artificielle permet d’aller plus loin. Elle apprend constamment, donc cela lui permet de toujours s’améliorer. Elle n’a pas qu’une implication dans le Tourisme. Par exemple dans la médecine, elle permet de prescrire un traitement le plus adapté, en prenant en compte l’historique du patient et en le croisant avec une quantité d’informations considérable. Elle a encore plus de savoir qu’un docteur. Dans le Tourisme, cela permet surtout de faire de la personnalisation. Par exemple, si un jeune couple cherche un hôtel, il n’aura pas du tout les mêmes résultats qu’une famille car toutes leurs préférences sont prises en compte. Je pense que l’intelligence artificielle va révolutionner l’industrie, mais nous n’en sommes qu’aux prémices.
Quels sont les projets de Wayblazer dans les mois à venir ?
Nous sommes en train de faire en sorte que notre technologie soit accessible via des API (Interface de programmation, ndlr) pour qu’elle soit facilement et rapidement implémentée. Aujourd’hui, nous travaillons principalement avec des entreprises américaines au rayonnement international, mais nous espérons nous étendre et nous faire connaître au-delà des États-Unis.
